En bref
- Le sang est de l'hémoglobine, une protéine à noyau de fer : la chaleur la déplie et la fait coaguler dans la fibre, où elle devient insoluble.
- Trente-cinq degrés suffisent à commencer la coagulation, et un lavage à quarante degrés rend la tache définitive.
- Eau froide en abondance d'abord, puis une enzyme ou de l'eau oxygénée à 3 % — jamais de vapeur, de fer ni de sèche-linge.
- Sur la soie, la laine et le cuir, ni chlore ni enzyme ne sont utilisables : une tache de sang séché y est souvent définitive.
Le sang est de l’hémoglobine, une protéine à noyau de fer, et c’est la substance la plus sensible à la chaleur du site : trente-cinq degrés suffisent à commencer la coagulation. Le protocole tient donc en une phrase — de l’eau froide, tout de suite et en abondance, puis une enzyme ou de l’eau oxygénée. Rien de chaud, jamais, tant que la tache n’est pas partie.
Ce que c’est, et pourquoi ça tient
Une protéine est une longue chaîne d’acides aminés repliée en une forme précise, et cette forme est ce qui la rend soluble. L’hémoglobine en est une, avec en son centre un groupement appelé hème qui porte un atome de fer : c’est lui qui transporte l’oxygène, et c’est lui qui donne au sang sa couleur. Le reste de la tache est du plasma, de l’eau salée chargée d’autres protéines.
Ce qui fait tenir une tache de sang, c’est d’abord un mécanisme biologique : le sang coagule tout seul. Au contact de l’air, le fibrinogène du plasma se transforme en fibrine, qui forme un réseau de filaments destiné à boucher une plaie. Sur un tissu, ce réseau se forme entre les fils et emprisonne les cellules à l’intérieur de la trame. La tache n’est donc pas posée dessus : elle est tissée dedans.
La chaleur ajoute un second verrou, et celui-là est chimique. Au-delà d’un seuil bas, la chaîne protéique se déplie — on parle de dénaturation — puis ses parties devenues accessibles s’accrochent entre elles et à la fibre. Le résultat est le même que celui d’un blanc d’œuf sur une poêle : ce qui était soluble ne l’est plus, et aucun retour n’existe. Le seuil, pour le sang, est de l’ordre de trente-cinq degrés, ce qui est plus bas que n’importe quel programme de lavage tiède.
Il existe enfin un troisième verrou, propre au temps. Le fer de l’hème s’oxyde à l’air, comme n’importe quel fer, et la tache passe du rouge au brun en quelques jours. Cette part oxydée ne relève plus de la chimie des protéines mais de celle des oxydes de fer, ce qui explique qu’une tache ancienne résiste à des agents parfaitement efficaces sur une tache récente.
Ce qui la fait partir
L’eau froide, immédiatement et en quantité. Son intérêt est presque entièrement négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler, et elle dilue tant que la fibrine n’a pas pris. Sur un textile, on rince par l’envers, sous un filet d’eau, pour pousser le sang vers l’extérieur plutôt que de le traverser. Cinq minutes de rinçage franc valent mieux que n’importe quel produit appliqué un quart d’heure plus tard.
L’enzyme ensuite, pour ce que l’eau n’a pas pu emporter. Une protéase coupe la chaîne protéique en fragments assez petits pour redevenir solubles, ce qui défait à la fois la fibrine et l’hémoglobine prise dedans. Elle a besoin de sa fenêtre : trente à quarante degrés, pas au-delà, sous peine de dénaturer l’enzyme elle-même, et plusieurs heures de contact sur une zone maintenue humide.
L’eau oxygénée à trois pour cent est la voie oxydante, et elle a ici une particularité qui la rend lisible. Le sang contient de la catalase, une enzyme qui décompose le peroxyde d’hydrogène : la mousse blanche qui apparaît au contact est le dégagement d’oxygène, et elle signale que la réaction se produit bien sur la tache. Le peroxyde casse par ailleurs les liaisons qui donnent sa couleur à l’hème. Il se décompose en eau et en oxygène, donc il ne laisse aucun résidu à rincer.
Deux agents complètent le tableau. L’ammoniaque très diluée solubilise les protéines et s’évapore au lieu de rester dans la fibre, ce qui la rend utile sur un support qu’on ne peut pas rincer. Le percarbonate de sodium est plus puissant mais il exige de la chaleur pour libérer son oxygène actif, ce qui le place en contradiction directe avec l’interdiction thermique : il ne s’emploie donc qu’en dernier recours, sur du coton blanc, et une fois qu’on a accepté que la tache soit déjà fixée.
Selon la matière
Sur une fibre protéique, la page doit dire quelque chose de désagréable : l’intersection est presque vide. La fibre est faite des mêmes protéines que la tache. Une protéase digère la kératine de la laine et la fibroïne de la soie aussi bien que l’hémoglobine ; l’eau de Javel rompt les ponts disulfure et troue la soie ; la soude hydrolyse la liaison peptidique ; l’eau chaude feutre. Il reste l’eau froide sur une tache fraîche, et de l’eau oxygénée à trois pour cent sur une laine claire après essai. Une tache de sang séché sur de la soie n’a pas de solution domestique, et le nettoyeur lui-même n’a pas toujours de réponse.
La fibre cellulosique est la matière où tout est possible : eau froide, enzyme, peroxyde, percarbonate, brossage, et javel sur un blanc pur au prix d’une fragilisation de la fibre. Un drap en coton taché de sang frais se récupère intégralement, et le seul risque réel est de le passer par erreur dans un cycle tiède avant traitement.
Le synthétique thermoplastique est chimiquement indifférent à l’enzyme et au peroxyde, ce qui laisse la voie ouverte, mais il impose deux limites. La température doit rester basse, et l’eau de Javel détruit l’élasthanne présent dans presque tous les tissus stretch — un legging, un maillot, un jersey « coton » en contiennent. Le tissu se traite au niveau de sa fibre la plus fragile, pas de sa fibre principale.
Sur un minéral poreux — béton, joint, plâtre, pierre — le sang descend et coagule dans la porosité. L’enzyme doit y descendre aussi, donc en volume et sous un film pour retarder le séchage, et le résultat reste souvent une atténuation. Sur un support calcaire, on écarte les acides qui gravent la surface. Le minéral vitrifié ne pose aucune difficulté : rien n’a pénétré, de l’eau froide et un tensioactif suffisent, et la seule réserve est l’absence d’eau de Javel sur l’inox, dont les chlorures percent la couche passive.
Le revêtement demande de la retenue par un autre chemin. Le film n’est pas attaqué par l’eau froide ni par le peroxyde, mais le liquide passe volontiers derrière une couture de cuir pigmenté ou sous une lame de stratifié, où il reste. On travaille donc avec très peu d’eau, en tamponnant. Sur la peau, il n’y a évidemment rien à traiter d’autre qu’avec de l’eau et du savon ; ce qui mérite d’être dit est qu’on ne met jamais d’eau oxygénée sur une plaie ouverte dans l’idée de nettoyer un textile.
Les erreurs qui la fixent
Le lavage tiède ou chaud est l’erreur reine, et elle est gratuite à éviter. Un drap taché passé à quarante degrés sort avec une tache brune définitive : la protéine a coagulé, elle est ancrée dans la trame, et plus aucun agent ne la remet en solution. L’erreur est d’autant plus fréquente qu’un cycle à quarante paraît doux.
Le fer à repasser fait pire, parce qu’il ajoute la cuisson à la coagulation : la tache brunit et se caramélise dans la fibre. La vapeur est exactement le même piège sous un autre nom, puisqu’il s’agit d’eau à cent degrés. Un nettoyeur vapeur sur un matelas taché de sang est l’outil le plus sûr pour rendre la tache permanente.
Le sèche-linge clôt la liste des sources de chaleur, et il est particulièrement traître parce qu’il intervient après un lavage qui semblait avoir réussi. Une tache pâle mais présente à la sortie du tambour devient une tache brune stable après vingt minutes de séchage chaud. La règle est de sécher à l’air et de vérifier sur pièce humide, l’humidité étant ce qui révèle une trace résiduelle.
Deux produits, enfin, sont sans effet et détournent l’attention. Le vinaigre blanc n’a rien à attaquer : une protéine n’est ni un carbonate ni un oxyde. Le white-spirit ne voit pas une protéine, parce qu’un solvant apolaire ne rencontre rien d’apolaire dans une tache de sang. Les recettes qui les proposent confondent les classes, ce qui est l’erreur de raisonnement la plus courante en détachage — et le sujet de la page urine, la substance voisine dans la même classe.
Le sang vieilli, une tache de fer autant que de protéine
Une tache brune de plusieurs semaines ne répond plus comme une tache rouge, et la raison est le fer. L’hème s’oxyde à l’air : le fer passe à l’état trivalent, la molécule se transforme en dérivés bruns stables, et cette partie de la tache relève désormais de la chimie des oxydes de fer plutôt que de celle des protéines. C’est exactement le mécanisme de la rouille, avec la même couleur pour la même raison.
La conséquence pratique est qu’une enzyme, si elle est utilisée seule, laissera une ombre. Elle défait la fibrine et les protéines, ce qui est nécessaire, mais elle n’a aucune action sur un oxyde. Il faut donc enchaîner : réhydratation longue à l’eau froide, enzyme plusieurs heures, rinçage, puis un oxydant sur la couleur résiduelle. Sur un blanc, le percarbonate est le plus efficace ; sur une couleur, l’eau oxygénée à trois pour cent, après essai sur une couture intérieure.
Il faut aussi accepter que l’ordre ne soit pas inversable. Un oxydant appliqué avant l’enzyme durcit le réseau de fibrine et détruit l’enzyme qui viendra ensuite, si les deux se rencontrent. On rince entre chaque étape, sans exception, et on ne mélange jamais deux produits dans le même récipient.
Reste le cas du matelas, qui concentre toutes les difficultés : on ne peut ni immerger, ni rincer, ni sécher vraiment. La méthode consiste à travailler avec très peu de liquide, sur une zone légèrement plus large que la tache pour éviter l’auréole de séchage, et à sécher par le centre en ventilant. Le protocole détaillé figure sur la page enlever du sang sur un matelas, la version textile sur la page enlever du sang sur un vêtement.
Le croisement, matière par matière
Sang relève de la classe PRO — protéines. Le tableau ci-dessous donne, pour chacune des sept classes de matières du site, ce qui agit et ce qui détruit. Il est calculé, pas rédigé : il ne peut donc pas contredire les pages de couple.
Fibre cellulosique M2 porosité forte
Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.
Ce qui agit sans abîmer
- Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.
- Ammoniaque diluée hydroxyde d’ammonium Solubilise les protéines et les colorants acides. Sa volatilité est son intérêt : elle s’évapore au lieu de rester dans la fibre.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
Sous condition
- Eau froide Sur le bois brut, l’eau gonfle la fibre et lève le grain. Travailler humide, jamais mouillé.
- Eau oxygénée Éclaircit les teintures. Essai sur couture intérieure.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Minéral vitrifié et métal M5 porosité nulle
Aucune porosité : la tache reste posée dessus, ce qui autorise des solvants et des acides interdits ailleurs. La vulnérabilité se déplace vers deux autres choses — la rayure, définitive sur le verre et le chrome, et la corrosion électrochimique des métaux.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.
- Ammoniaque diluée hydroxyde d’ammonium Solubilise les protéines et les colorants acides. Sa volatilité est son intérêt : elle s’évapore au lieu de rester dans la fibre.
- Eau oxygénée peroxyde d’hydrogène, 3 % soit 10 volumes Même oxydation que le percarbonate, à froid et plus lentement. Se décompose en eau et en oxygène, ce qui ne laisse aucun résidu à rincer.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle
Des chaînes de polymère non réticulées, qui glissent les unes sur les autres quand on les chauffe. D’où deux faiblesses propres : la fusion, dès 60 à 120 °C selon le plastique, et l’attaque par les solvants, qui s’insinuent entre les chaînes et font perdre sa cohésion à la matière.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.
- Ammoniaque diluée hydroxyde d’ammonium Solubilise les protéines et les colorants acides. Sa volatilité est son intérêt : elle s’évapore au lieu de rester dans la fibre.
- Eau oxygénée peroxyde d’hydrogène, 3 % soit 10 volumes Même oxydation que le percarbonate, à froid et plus lentement. Se décompose en eau et en oxygène, ce qui ne laisse aucun résidu à rincer.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Minéral poreux M4 porosité forte
Un réseau de pores ouverts qui aspire tout liquide par capillarité : une tache grasse y descend de plusieurs millimètres. Et la moitié de ces matières est faite de carbonate de calcium, donc soluble dans le moindre acide — y compris le liant du ciment.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.
- Ammoniaque diluée hydroxyde d’ammonium Solubilise les protéines et les colorants acides. Sa volatilité est son intérêt : elle s’évapore au lieu de rester dans la fibre.
- Eau oxygénée peroxyde d’hydrogène, 3 % soit 10 volumes Même oxydation que le percarbonate, à froid et plus lentement. Se décompose en eau et en oxygène, ce qui ne laisse aucun résidu à rincer.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Le cas où l’on passe la main
Marbre gravé, pierre tachée en profondeur, dalle ancienne : le reponçage et le cataplasme de reprise sont des métiers. Un essai maison sur une pierre calcaire tachée finit presque toujours par une auréole plus large.
Fibre protéique M1 porosité forte
Sa fibre est faite des mêmes protéines que la tache : kératine pour la laine, fibroïne pour la soie, collagène pour le cuir. Tout ce qui détruit une protéine détruit donc la matière. C’est la classe la plus étroite du site.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
Sous condition
- Ammoniaque diluée Alcaline. Très diluée, brièvement, rincée aussitôt — et jamais sur la soie, qu’elle ternit.
- Eau oxygénée Toléré à 3 % sur la laine claire, sur essai préalable. Sur la soie, il ternit le brillant.
Agit, mais détruit
- Lessive enzymatique Une protéase ne distingue pas la protéine de la tache de la protéine de la fibre : elle digère les deux.
- Percarbonate de sodium Il se dissocie en carbonate de sodium, qui feutre la laine irréversiblement, et il ne libère son oxygène qu’à partir de 40 °C — soit dix degrés au-dessus de ce que la fibre supporte. Deux raisons distinctes, même conclusion.
Le cas où l’on passe la main
Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.
Revêtement et film M6 porosité nulle
La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.
- Ammoniaque diluée hydroxyde d’ammonium Solubilise les protéines et les colorants acides. Sa volatilité est son intérêt : elle s’évapore au lieu de rester dans la fibre.
- Eau oxygénée peroxyde d’hydrogène, 3 % soit 10 volumes Même oxydation que le percarbonate, à froid et plus lentement. Se décompose en eau et en oxygène, ce qui ne laisse aucun résidu à rincer.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Peau vivante M7 porosité faible
La seule matière du site qui se répare toute seule. C’est ce qui change entièrement la stratégie : on ne cherche pas le retrait rapide mais le retrait sans lésion, et attendre est presque toujours la meilleure option. La couche cornée se renouvelle en deux à quatre semaines.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.
- Ammoniaque diluée hydroxyde d’ammonium Solubilise les protéines et les colorants acides. Sa volatilité est son intérêt : elle s’évapore au lieu de rester dans la fibre.
- Eau oxygénée peroxyde d’hydrogène, 3 % soit 10 volumes Même oxydation que le percarbonate, à froid et plus lentement. Se décompose en eau et en oxygène, ce qui ne laisse aucun résidu à rincer.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Le cas où l’on passe la main
Paupière, lèvre, œil ou surface étendue collés : service d’urgences, sans rien tenter. Un décollement forcé de la paupière arrache la cornée.
Ce qui aggrave la tache
- Eau chaude Elle coagule la protéine, qui s’ancre alors dans la fibre. Au-delà de 40 °C, la tache est fixée.
- Chaleur sèche Même effet, en pire : le fer cuit la protéine dans la trame et la brunit.
- Vapeur C’est de l’eau à 100 °C : elle fixe.
Ce qui ne sert à rien
- Vinaigre blanc Le vinaigre neutralise l’odeur ammoniacale de l’urine mais ne défait pas la protéine.
- White-spirit Une protéine n’est pas grasse : un solvant apolaire ne la voit pas.
Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.
Sur cette page, ne mélangez jamais
Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)
Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.
Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.
Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux
L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.
Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.
Eau oxygénée+Vinaigre blanc→ acide peracétique
Corrosif pour la peau, les yeux et les voies respiratoires, bien au-delà de ses deux composants. Le mélange circule pourtant comme une recette de nettoyage naturel. Utilisés l’un APRÈS l’autre avec un rinçage entre les deux, les deux produits sont sans danger ; mélangés dans le même flacon, non.
White-spirit, térébenthine, acétone+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables
Ces solvants ont un point d’éclair bas et leurs vapeurs sont plus lourdes que l’air : elles s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.
Eau de Javel+Lessive enzymatique→ rien — les deux produits s’annulent
Le chlore oxyde et dénature l’enzyme instantanément. La javel perd son chlore actif sur la matière organique de la lessive, et l’enzyme perd toute activité. On a payé deux produits pour n’en avoir aucun.
La liste complète est sur la page sécurité.
Questions fréquentes
Pourquoi ne faut-il jamais laver une tache de sang à l'eau chaude ?
Parce que la chaleur déplie la protéine, qui se lie alors mécaniquement à la fibre et devient insoluble. La coagulation commence dès trente-cinq degrés, donc un lavage à quarante suffit à transformer une tache rattrapable en tache brune définitive.
Pourquoi l'eau oxygénée mousse-t-elle sur le sang ?
Le sang contient de la catalase, une enzyme qui décompose le peroxyde d'hydrogène en eau et en oxygène. La mousse blanche est ce dégagement d'oxygène, et elle indique que la réaction a bien lieu au contact de la tache.
Comment enlever une tache de sang séchée ?
Il faut d'abord la réhydrater à l'eau froide pendant une à deux heures, puis appliquer une lessive enzymatique et lui laisser plusieurs heures à température modérée. Une tache brune ancienne ne part souvent qu'en partie, parce que le fer de l'hème s'est oxydé et ne relève plus de la même chimie.
Le sel enlève-t-il le sang ?
Le sel absorbe un peu de liquide sur une tache fraîche, mais l'eau froide fait mieux, plus vite et sans laisser de résidu à rincer. Sur une tache sèche, il n'a aucun effet.
Sources et méthode
- Classification interne du site : classes de taches et classes de matières
- Modes d'action des agents de retrait déclarés sur la page Agents
- Notions de dénaturation des protéines et d'oxydation de l'hème
Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.