En bref
- La gomme base est un élastomère : elle s'étire au lieu de casser, ce qui rend tout arrachage contre-productif.
- Sa température de transition vitreuse est proche de zéro degré : refroidie, elle devient cassante et se fracture en éclats qui se décollent d'un bloc.
- Le dégraissant d'agrume est la seconde voie, par affinité de structure avec les élastomères — mais il attaque le polystyrène et certains caoutchoucs.
- Après la gomme il reste un halo de cires et de plastifiants : c'est une tache grasse, et elle se traite comme telle.
Un chewing-gum n’adhère presque pas chimiquement : il tient parce qu’il s’est étiré dans la trame ou dans la porosité et qu’il refuse de casser. C’est un élastomère, et sa température de transition vitreuse est proche de zéro degré — ce qui en fait la seule substance du site que le froid rend franchement plus facile. Refroidi puis fracturé, il se retire d’un bloc ; tiré à température ambiante, il s’allonge et s’enfonce.
Ce que c’est, et pourquoi ça tient
Un chewing-gum est fait à quatre-vingts pour cent de choses qui partent seules — sucres, édulcorants, arômes, sirop de glucose — et à vingt pour cent d’une gomme base qui ne part pas. C’est elle qui pose le problème, et elle seule. Sa composition mêle des élastomères de synthèse, polyisobutylène, acétate de polyvinyle et caoutchouc butyle, chargés de cires et de plastifiants qui leur donnent leur souplesse en bouche.
Un élastomère est un polymère dont les chaînes, à température ambiante, glissent les unes sur les autres tout en restant reliées par quelques ponts. Cela produit un comportement très particulier : la matière se déforme énormément sous une faible force, puis revient. Elle ne casse pas, elle s’étire — et c’est exactement ce qui rend l’arrachage inefficace, parce que la traction qu’on applique se transforme en allongement au lieu de rupture.
L’adhérence, elle, tient à deux mécanismes modestes. Une poisse de surface, faible mais suffisante sur une surface lisse, et surtout un ancrage mécanique : la gomme mâchée est molle, elle épouse le relief, elle entre entre les fils d’un tissu, dans les stries d’un caoutchouc de semelle, dans la porosité d’un béton. Une fois refroidie et durcie sur place, elle est prise dedans comme un rivet.
Reste une donnée qui commande tout le retrait. Le passage de l’état souple à l’état cassant s’appelle la transition vitreuse, et pour ces gommes base il se situe autour de zéro degré. Ce n’est pas une propriété exotique : c’est la même chose qui rend un pneu dur par grand froid ou un joint de portière raide en hiver. Ici, elle est exploitable, parce que zéro degré est à portée d’un congélateur domestique.
Ce qui la fait partir
Le froid d’abord. On amène la gomme franchement sous sa transition vitreuse, on la garde là, et on l’attaque en fracture plutôt qu’en traction : un coup sec de spatule dure sur le bord la fait éclater, et les éclats se détachent sans laisser de fil. Le point de méthode important est qu’un simple contact froid en surface ne suffit pas — il faut que le cœur de la gomme soit refroidi, sinon la partie tiède du centre continue à s’étirer.
La seconde voie est chimique, et c’est une affaire d’affinité. Le dégraissant d’agrume, du d-limonène tiré de l’écorce d’orange, est un terpène dont la structure ressemble à celle des élastomères : il pénètre entre leurs chaînes, gonfle la gomme et lui fait perdre sa cohésion. Elle ne se dissout pas vraiment, elle se délite, et on la ramasse ensuite en la roulant. Cette voie est la seule utilisable quand le froid est impossible, sur un mur ou un sol qu’on ne peut pas mettre au congélateur.
La troisième voie est l’inverse de la première : la chaleur et un absorbant. Un papier absorbant posé sur la gomme et un fer chaud passé dessus fluidifient les cires et les plastifiants, qui migrent dans le papier par capillarité. Ce geste est efficace sur une gomme peu ancrée mais il est risqué, parce qu’il fait entrer le reste plus profond si l’absorbant est saturé, et parce qu’il marque définitivement toute fibre synthétique.
Ordre à retenir : refroidir, fracturer, ramasser les éclats, puis traiter le halo gras qui reste. Ne jamais commencer par un solvant sur une gomme encore molle, parce que le solvant la rend plus collante avant de la déliter, et cette phase intermédiaire est celle où on fait le plus de dégâts.
Selon la matière
Sur une fibre protéique — laine, cachemire, angora — le froid est la seule voie raisonnable, et c’est une bonne nouvelle, car il ne fait courir aucun risque à la fibre. On met la pièce en sac au congélateur, on fracture, on brosse à sec. Ce qu’il faut écarter : l’eau chaude, qui feutre la laine dès trente degrés, et le fer, qui la lustre. Une gomme prise dans des poils longs se coupe aux ciseaux au ras si le froid n’a pas tout libéré, et cette perte de matière est parfois la bonne décision.
La fibre cellulosique tolère tout, y compris le brossage énergique et le lavage chaud qui suivra. Le froid fonctionne parfaitement sur un coton, et le dégraissant d’agrume peut prendre le relais sur les fragments restés entre les fils. Attention tout de même à la porosité : sur un tissu épais, la gomme a traversé, et il faut travailler les deux faces.
Le synthétique thermoplastique impose deux renoncements. Le fer est à écarter, parce que le polyester se rétracte dès cent vingt degrés et garde une marque lustrée que rien n’enlève. Et le dégraissant d’agrume demande un essai sur une face cachée, parce qu’il attaque le polystyrène et certains caoutchoucs — sur une semelle en gomme ou un tapis de sol en élastomère, il peut ramollir le support autant que la tache. Le froid, lui, ne présente aucun risque.
Sur un minéral poreux comme un béton, un pavé ou un joint, le froid n’est plus praticable et l’ancrage est maximal : la gomme est entrée dans les pores. On travaille au dégraissant d’agrume et à la spatule, on accepte une ombre grise résiduelle, et on écarte l’abrasif qui ouvrirait la porosité. Sur un minéral vitrifié, le cas est le plus facile du site : rien n’a pénétré, une spatule plastique et un peu de solvant suffisent sur du verre, du carrelage vitrifié ou de l’inox — sans abrasif sur un inox brossé.
Sur un revêtement, la seule vraie interdiction concerne l’abrasif et la lame, parce qu’un film de quelques microns se traverse sans effort. Un stratifié, un lino, un cuir pigmenté, une carrosserie : on refroidit avec un sac de glaçons, on fracture à la spatule plastique, et on ne pose aucun solvant fort. Sur la peau et dans les cheveux, enfin, la huile alimentaire est le premier choix : elle est sans risque, elle délite la gomme par affinité grasse, et elle épargne une coupe de cheveux. Le froid marche aussi sur une mèche, à condition de refroidir la mèche et non le crâne.
Les erreurs qui la fixent
Tirer. C’est l’erreur fondatrice, et elle découle du fait qu’on ignore avoir affaire à un élastomère. La traction allonge la gomme en fils qui restent accrochés, elle triple la surface concernée, et sur un tissu elle fait passer la matière d’un côté à l’autre de la trame. Chaque seconde d’arrachage rend le retrait ultérieur plus long.
Laver en machine avant d’avoir enlevé la gomme est l’erreur la plus coûteuse. Les sucres partent, ce qui donne l’impression que ça travaille, mais la gomme base ramollit dans l’eau chaude, s’étale sous le brassage du tambour et s’imprime dans la trame. Elle peut en plus se déposer sur les autres pièces du même cycle.
Le sèche-linge après un lavage incomplet finit le travail dans le mauvais sens. Ce qui restait de cires et de plastifiants est cuit dans la fibre, et le halo gras devient une auréole permanente. La règle est de ne jamais sécher à chaud un textile dont on n’est pas certain que la tache est partie.
Enfin, mouiller la zone avant de refroidir annule le bénéfice du froid. L’eau gèle à zéro degré en libérant de la chaleur, elle maintient donc la gomme au voisinage de sa transition vitreuse au lieu de l’amener franchement en dessous. On refroidit à sec, glaçons dans un sac fermé.
Le froid, dosage et geste
Deux protocoles selon que la pièce se déplace ou non. Une pièce transportable — vêtement, housse, chaussure, jouet — va au congélateur dans un sac fermé, une à deux heures. La durée n’est pas là pour refroidir la surface, qui est froide en cinq minutes, mais pour que le cœur de la gomme descende à la même température : c’est le cœur tiède qui fait rater les tentatives rapides.
Une surface fixe — canapé, moquette, mur, siège de voiture — se traite avec un sac de glaçons posé quinze minutes, ou une bombe de froid si on en a une. Le sac est indispensable : l’eau de fonte au contact réchauffe et mouille, deux effets contraires au but. On appuie sans écraser, et on renouvelle les glaçons si la séance dure.
Le geste de retrait se fait froid, donc vite, dans les trente secondes qui suivent la sortie du froid. On glisse le bord d’une spatule dure sous un côté de la gomme et on donne une impulsion sèche : le bruit sec est le signe que la fracture a eu lieu. On travaille ensuite éclat par éclat, en repartant refroidir dès que la matière recommence à s’étirer sous l’outil.
Ce qui reste, une fois les éclats partis, n’est plus un problème de polymère mais un halo de cires et de plastifiants — donc un corps gras, qui se traite avec un absorbant sec puis un tensioactif. Le mode opératoire complet sur tissu est détaillé sur la page enlever du chewing-gum sur un vêtement, et le mode d’action de chaque produit cité figure sur la page des agents.
Le croisement, matière par matière
Chewing-gum relève de la classe POL — polymères et adhésifs. Le tableau ci-dessous donne, pour chacune des sept classes de matières du site, ce qui agit et ce qui détruit. Il est calculé, pas rédigé : il ne peut donc pas contredire les pages de couple.
Fibre cellulosique M2 porosité forte
Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.
Ce qui agit sans abîmer
- Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
Sous condition
- Décapeur thermique Utilisable sur du bois en mouvement constant. Une buse qui stationne roussit la fibre, et la brûlure ne s’enlève plus.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Minéral vitrifié et métal M5 porosité nulle
Aucune porosité : la tache reste posée dessus, ce qui autorise des solvants et des acides interdits ailleurs. La vulnérabilité se déplace vers deux autres choses — la rayure, définitive sur le verre et le chrome, et la corrosion électrochimique des métaux.
Ce qui agit sans abîmer
- Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Décapeur thermique Ramollit un film de peinture ou de vernis jusqu’à ce qu’il cloque et se soulève, pour être poussé à la spatule. Le mécanisme n’est pas la migration dans un absorbant mais le décollement par perte de cohésion du liant.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle
Des chaînes de polymère non réticulées, qui glissent les unes sur les autres quand on les chauffe. D’où deux faiblesses propres : la fusion, dès 60 à 120 °C selon le plastique, et l’attaque par les solvants, qui s’insinuent entre les chaînes et font perdre sa cohésion à la matière.
Ce qui agit sans abîmer
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
Sous condition
- Dégraissant d’agrume Attaque le polystyrène et certains caoutchoucs. Essai obligatoire sur une face cachée.
- Alcool isopropylique Le solvant le plus sûr de la famille sur les plastiques techniques, mais il attaque encore certains vernis et sérigraphies.
Agit, mais détruit
- Acétone Elle dissout l’ABS, le polycarbonate, le plexiglas, l’acétate et le polystyrène. Elle ne les tache pas : elle les troue, les blanchit ou les fissure.
- Dissolvant sans acétone Même famille de solvants, même risque sur les mêmes plastiques, en un peu plus lent.
- Chaleur sèche Le polyester fond vers 250 °C mais se rétracte dès 120 °C, et l’élasthanne perd son élasticité dès 60 °C. Un fer laisse une marque lustrée définitive.
- Décapeur thermique Un thermoplastique fond, gondole ou se rétracte bien avant de laisser partir ce qui est posé dessus. La déformation est définitive.
Minéral poreux M4 porosité forte
Un réseau de pores ouverts qui aspire tout liquide par capillarité : une tache grasse y descend de plusieurs millimètres. Et la moitié de ces matières est faite de carbonate de calcium, donc soluble dans le moindre acide — y compris le liant du ciment.
Ce qui agit sans abîmer
- Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Décapeur thermique Ramollit un film de peinture ou de vernis jusqu’à ce qu’il cloque et se soulève, pour être poussé à la spatule. Le mécanisme n’est pas la migration dans un absorbant mais le décollement par perte de cohésion du liant.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Le cas où l’on passe la main
Marbre gravé, pierre tachée en profondeur, dalle ancienne : le reponçage et le cataplasme de reprise sont des métiers. Un essai maison sur une pierre calcaire tachée finit presque toujours par une auréole plus large.
Fibre protéique M1 porosité forte
Sa fibre est faite des mêmes protéines que la tache : kératine pour la laine, fibroïne pour la soie, collagène pour le cuir. Tout ce qui détruit une protéine détruit donc la matière. C’est la classe la plus étroite du site.
Ce qui agit sans abîmer
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
Sous condition
- Acétone Sans danger pour la fibre elle-même, mais elle dissout les colorants et les apprêts.
Agit, mais détruit
- Chaleur sèche La kératine et la fibroïne se dégradent bien avant la température d’un fer : la laine lustre et roussit, la soie jaunit et perd son brillant. La marque est définitive.
- Décapeur thermique Il carbonise une fibre protéique en quelques secondes. Aucun emploi sur cette classe.
Le cas où l’on passe la main
Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.
Revêtement et film M6 porosité nulle
La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.
Ce qui agit sans abîmer
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
Sous condition
- White-spirit Toléré brièvement sur une carrosserie vernie, jamais sur une peinture mate ni sur un plastique de tableau de bord.
- Alcool isopropylique Dilué à 30 %, sur chiffon, pour un écran ou un stratifié. Jamais versé, jamais sur un joint.
Agit, mais détruit
- Acétone Dissout tout vernis et toute peinture, y compris celle qu’on essaie de protéger. Sur une carrosserie, elle mate le vernis en quelques secondes.
- Dissolvant sans acétone Même effet que l’acétone sur les vernis, à peine plus lent.
- Décapeur thermique C’est exactement son emploi : il fait cloquer le film. Utile quand on veut décaper, destructeur quand on voulait seulement nettoyer.
- Action mécanique Le film ne fait que quelques microns : le moindre abrasif le traverse et met le support à nu.
Peau vivante M7 porosité faible
La seule matière du site qui se répare toute seule. C’est ce qui change entièrement la stratégie : on ne cherche pas le retrait rapide mais le retrait sans lésion, et attendre est presque toujours la meilleure option. La couche cornée se renouvelle en deux à quatre semaines.
Ce qui agit sans abîmer
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
Sous condition
- Huile alimentaire ou beurre Le premier choix sur la peau : sans risque, lent, efficace sur la plupart des adhésifs et des corps gras.
Agit, mais détruit
- Acétone Dissout le film lipidique de la peau et provoque une dermatite de contact : dessèchement, fissures, sensibilisation durable.
- White-spirit Passe la barrière cutanée. Neurotoxique, et interdit sur les mains d’un enfant.
- Décapeur thermique Brûlure thermique immédiate. Un décapeur souffle entre trois cents et cinq cent cinquante degrés.
Le cas où l’on passe la main
Paupière, lèvre, œil ou surface étendue collés : service d’urgences, sans rien tenter. Un décollement forcé de la paupière arrache la cornée.
Ce qui aggrave la tache
- Action mécanique Frotter avant d’avoir ramolli le réseau étire l’adhésif et le fait pénétrer plus profond dans la porosité ou la trame.
Ce qui ne sert à rien
- Eau froide Un polymère réticulé n’est pas soluble dans l’eau, par définition.
- Lessive enzymatique Aucune enzyme domestique ne coupe un polymère de synthèse.
- Bicarbonate de sodium Trop peu abrasif pour attaquer un film dur, et chimiquement inerte sur lui.
Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.
Sur cette page, ne mélangez jamais
Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)
Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.
Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.
Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux
L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.
Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.
Eau de Javel+Acétone→ chloroforme et chloroacétone
Réaction exothermique. La chloroacétone est un lacrymogène ; le chloroforme est toxique pour le foie. Cas typique : un flacon de dissolvant renversé sur un plan de travail qu’on vient de javelliser.
White-spirit, térébenthine, acétone+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables
Ces solvants ont un point d’éclair bas et leurs vapeurs sont plus lourdes que l’air : elles s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.
Eau de Javel+Lessive enzymatique→ rien — les deux produits s’annulent
Le chlore oxyde et dénature l’enzyme instantanément. La javel perd son chlore actif sur la matière organique de la lessive, et l’enzyme perd toute activité. On a payé deux produits pour n’en avoir aucun.
La liste complète est sur la page sécurité.
Questions fréquentes
Pourquoi le froid marche-t-il sur un chewing-gum ?
La gomme base est un élastomère dont la température de transition vitreuse est proche de zéro degré. En dessous, ses chaînes ne peuvent plus glisser les unes sur les autres : la matière cesse d'être élastique et devient cassante, donc elle se fracture au lieu de s'étirer.
Combien de temps faut-il laisser au congélateur ?
Une à deux heures pour un vêtement mis en sac, le temps que la gomme atteigne la température du congélateur et non seulement sa surface. Sur place, un sac de glaçons appliqué dix à quinze minutes donne le même résultat, à condition de ne pas mouiller la zone.
Que faire du halo gras qui reste après le chewing-gum ?
C'est un mélange de cires et de plastifiants, donc une tache grasse ordinaire. Un absorbant sec puis du liquide vaisselle sur la zone humide l'emportent, à condition de ne pas passer le linge au sèche-linge avant qu'il ait disparu.
Le chewing-gum part-il au lavage en machine ?
Non, et le lavage aggrave souvent la situation. La partie sucrée se dissout, mais la gomme base ramollit dans l'eau chaude, s'étire dans le tambour et s'imprime plus profond dans la trame.
Sources et méthode
- Classification interne du site : classes de taches et classes de matières
- Modes d'action des agents de retrait déclarés sur la page Agents
- Notions de transition vitreuse et de comportement des élastomères
Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.