En bref
- Une colle durcie n'est pas une tache mais un solide posé sur la matière : aucun réseau polymérisé n'est soluble dans l'eau.
- Le type commande le solvant : acétone sur le cyanoacrylate, eau chaude ou vapeur sur la colle blanche vinylique, huile ou dégraissant d'agrume sur un résidu d'étiquette.
- L'acétone dissout l'ABS, le polycarbonate, le plexiglas, l'acétate et tous les vernis : sur ces matières, elle ne tache pas, elle troue.
- Frotter avant d'avoir ramolli le réseau étire l'adhésif et l'enfonce dans la trame ou dans la porosité.
La colle n’est pas une substance mais quatre chimies distinctes : le cyanoacrylate cède à l’acétone, la colle blanche vinylique à l’eau chaude, le résidu d’étiquette à un corps gras ou à un terpène, le néoprène à presque rien. Aucune des quatre n’est soluble dans l’eau froide, parce qu’une colle durcie est un réseau et non un dépôt. Le geste utile commence donc par identifier le type, jamais par frotter.
Ce que c’est, et pourquoi ça tient
Une colle durcie n’est pas une tache posée dans une matière : c’est un solide collé dessus. Au départ, il y avait de petites molécules mobiles ; en durcissant, chacune s’est liée à ses voisines et l’ensemble ne forme plus qu’une seule molécule géante, continue. C’est la polymérisation, et sa conséquence est directe : il n’y a plus rien de petit à emporter, donc plus rien que l’eau puisse diluer.
Le cyanoacrylate, vendu sous les noms de colle forte, de glue ou de super glue, polymérise au contact de la moindre trace d’humidité. Une seconde suffit, et la prise est d’autant plus rapide que le support est humide — ce qui explique pourquoi elle attrape un doigt mieux qu’une pièce de maquette. Le réseau obtenu est un polyacrylate rigide, cassant, et heureusement soluble dans les solvants cétoniques.
La colle blanche vinylique, dite colle à bois ou colle scolaire, est une émulsion : des particules d’acétate de polyvinyle en suspension dans de l’eau. Elle prend par évaporation, non par réaction chimique, et elle garde donc une sensibilité résiduelle à l’eau chaude et à la vapeur. C’est la seule famille de colles que la voie aqueuse ouvre encore une fois sèche.
La colle néoprène, un caoutchouc polychloroprène en solution, reste souple après séchage et forme un film élastique qui s’étire au lieu de casser. L’adhésif de ruban ou d’étiquette, lui, n’a jamais durci du tout : c’est un polymère volontairement resté collant en permanence, un acrylique ou un caoutchouc synthétique, et sa poisse capte la poussière jusqu’à devenir ce dépôt gris caractéristique.
Ce qui la fait partir
Trois leviers seulement, et le premier n’est pas la dissolution mais le gonflement. Un solvant de même affinité chimique que le liant s’insinue entre les chaînes du réseau, les écarte, et la colle devient molle en perdant son adhérence : elle ne part pas en solution, elle lâche prise. C’est ce qui rend le temps de contact plus important que la quantité de produit, et une compresse maintenue plus efficace qu’un frottement.
Le deuxième levier est thermique. La chaleur ramollit ce qui est thermoplastique — un ruban adhésif se retire sans résidu si on chauffe légèrement son support avant de tirer — et le froid rend cassant ce qui est élastomère. Le troisième est le cisaillement : une spatule de bois ou de plastique dur passée à plat sous le film ramolli le décolle d’un bloc, là où un ongle ou une lame le fragmentent.
Le choix du solvant se lit directement dans le type identifié plus haut. Acétone, ou acétate d’éthyle si le support est fragile, sur le cyanoacrylate. Eau chaude et vapeur sur la vinylique, avec le temps nécessaire pour que l’eau regonfle le film. Huile alimentaire, white-spirit ou dégraissant d’agrume sur un résidu d’étiquette, parce que ces adhésifs sont chargés en résines apolaires. Le néoprène, lui, ne cède à aucun de ces produits et se retire par abrasion mécanique.
Une précision qui évite la plupart des échecs : sur un support poreux, il faut mouiller la zone de solvant au-delà du contour visible de la colle. Le solvant qui n’atteint que le centre décolle le centre et laisse une couronne fixée, et cette couronne est plus difficile que la tache d’origine.
Selon la matière
Sur une fibre protéique — laine, soie, cachemire — la voie aqueuse est fermée : au-delà de trente degrés, les écailles de la laine s’ouvrent et le vêtement feutre sans retour. L’acétone ne touche pas la fibre elle-même, mais elle dissout les colorants et les apprêts, ce qui laisse une zone décolorée à la place de la tache. Sur du cuir, du daim ou une pièce de valeur, le calcul est simple : le nettoyeur dispose de solvants et d’un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi.
La fibre cellulosique est la plus permissive du site. Le coton et le lin tolèrent l’eau chaude, l’alcalin et le brossage, ce qui ouvre les quatre voies à la fois. Leur défaut est la porosité : une colle liquide a eu le temps de descendre dans la trame, et le retrait sera souvent partiel. Sur du bois brut, l’eau reste une mauvaise idée pour une autre raison — elle gonfle la fibre et lève le grain.
Le synthétique thermoplastique est le piège majeur de cette substance. L’acétone dissout l’ABS, le polycarbonate, le plexiglas, le polystyrène et l’acétate ; elle ne les tache pas, elle les blanchit, les voile ou les fissure. Le dégraissant d’agrume attaque également le polystyrène. L’alcool isopropylique reste le compromis le plus sûr de la famille, et l’essai sous la pièce, suivi de dix minutes d’attente, n’est pas une précaution de style : la fissuration sous contrainte se déclare parfois des semaines après le contact.
Sur un minéral poreux — béton, joint de carrelage, pierre — les solvants ne présentent aucun risque chimique, mais tout ce qu’ils transportent descend dans les pores. On travaille donc en cataplasme, avec un absorbant qui ramène le liquide vers le haut, et sans abrasif : un abrasif ouvre la porosité et rend la surface plus salissante qu’avant.
Le minéral vitrifié est le terrain le plus favorable. Sur du verre plat, une lame de grattoir utilisée mouillée et à plat est un geste normal ; c’est la seule surface du site où l’acier sur la matière ne pose pas de problème, à condition de ne jamais attaquer un bord ni un angle. Sur l’inox, deux réserves seulement : aucune eau de Javel, dont les chlorures piquent la couche passive de chrome, et aucun abrasif en travers du grain de brossage.
Le revêtement est la classe où le retrait de colle fait le plus de dégâts, parce que le film qu’on doit préserver est chimiquement plus proche de la colle que du support. Un vernis, une laque, un stratifié, un cuir pigmenté : l’acétone les dissout tous. Le white-spirit passe brièvement sur une carrosserie vernie, jamais sur une peinture mate ni sur un plastique de tableau de bord, et l’isopropanol dilué convient à un stratifié.
Sur la peau, enfin, la stratégie change de nature, parce que c’est la seule matière qui se répare seule. On ne cherche pas la vitesse mais l’absence de lésion : de l’huile, du temps, un bain tiède savonneux, et le cyanoacrylate se détache avec la couche cornée en un à deux jours. L’acétone, elle, dissout le film lipidique et provoque une dermatite qui dure plus longtemps que la colle n’aurait tenu.
Les erreurs qui la fixent
Frotter avant d’avoir ramolli reste la première. Le geste étire l’adhésif, multiplie sa surface de contact et l’enfonce dans la porosité ou entre les fils : la tache double de taille et devient impossible à atteindre par le solvant. La règle est de délimiter la zone, de choisir le solvant, puis seulement de toucher.
Tirer sur deux doigts collés arrache l’épiderme et transforme un problème d’esthétique en plaie ouverte, avec un risque d’infection. Une colle forte sur une paupière, une lèvre ou dans un œil relève du service d’urgences immédiatement, sans aucune tentative préalable : un décollement forcé de la paupière peut arracher la cornée.
Poser de l’acétone sur un plastique sans essai préalable est la troisième erreur, et la plus sournoise, parce que le dommage ne se voit pas toujours tout de suite. Enfin, chauffer un résidu d’étiquette avant de l’avoir dégraissé produit l’inverse de l’effet cherché : la chaleur baisse sa viscosité et l’adhésif entre dans le support au lieu de le quitter.
Il reste une erreur de raisonnement plus qu’une erreur de geste : le mélange. L’acétone renversée sur un plan de travail qu’on vient de javelliser produit du chloroforme et de la chloroacétone, un lacrymogène. Les incompatibilités sont détaillées sur la page de sécurité, et elles se lisent avant d’ouvrir deux flacons.
Le résidu d’étiquette, et pourquoi il reste collant
Le dépôt gris et poisseux laissé par une étiquette de prix ou un morceau de ruban adhésif n’est pas une colle sèche : c’est un adhésif qui n’a jamais eu vocation à durcir, privé de son support papier et chargé de poussière. Il ne durcira jamais, ce qui est une bonne nouvelle — il n’y a pas de réseau rigide à casser, seulement une masse visqueuse à ramasser.
La méthode exploite sa propre poisse. On imbibe le résidu d’huile ou de dégraissant d’agrume, on laisse agir dix à vingt minutes sans y toucher, puis on roule le dépôt avec la pulpe du doigt ou avec une gomme : l’adhésif s’auto-adhère et se rassemble en boulette qui se détache d’un coup. Le geste ne demande aucune force et ne raye rien, ce qui le rend utilisable sur du plastique comme sur du verre.
Il reste ensuite un halo gras, et c’est normal : on a échangé une tache impossible contre une tache facile. Un peu de liquide vaisselle et de l’eau tiède l’emportent en émulsionnant le corps gras. Le seul cas où cet échange n’est pas un progrès est celui d’un support qui ne supporte pas le dégraissage qui suit — une pierre poreuse, une peinture mate, un cuir nu.
Deux substances de la même classe échappent complètement à cette logique et méritent d’être distinguées : le joint silicone, qu’aucun solvant domestique ne dissout, et la peinture, dont le liant décide de tout. Le principe reste le même — identifier le liant avant de choisir le produit — et le détail des modes d’action est rassemblé sur la page des agents.
Le croisement, matière par matière
Colle relève de la classe POL — polymères et adhésifs. Le tableau ci-dessous donne, pour chacune des sept classes de matières du site, ce qui agit et ce qui détruit. Il est calculé, pas rédigé : il ne peut donc pas contredire les pages de couple.
Fibre cellulosique M2 porosité forte
Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.
Ce qui agit sans abîmer
- Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
- Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
- Décapeur thermique Utilisable sur du bois en mouvement constant. Une buse qui stationne roussit la fibre, et la brûlure ne s’enlève plus.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Minéral vitrifié et métal M5 porosité nulle
Aucune porosité : la tache reste posée dessus, ce qui autorise des solvants et des acides interdits ailleurs. La vulnérabilité se déplace vers deux autres choses — la rayure, définitive sur le verre et le chrome, et la corrosion électrochimique des métaux.
Ce qui agit sans abîmer
- Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Décapeur thermique Ramollit un film de peinture ou de vernis jusqu’à ce qu’il cloque et se soulève, pour être poussé à la spatule. Le mécanisme n’est pas la migration dans un absorbant mais le décollement par perte de cohésion du liant.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
- Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle
Des chaînes de polymère non réticulées, qui glissent les unes sur les autres quand on les chauffe. D’où deux faiblesses propres : la fusion, dès 60 à 120 °C selon le plastique, et l’attaque par les solvants, qui s’insinuent entre les chaînes et font perdre sa cohésion à la matière.
Ce qui agit sans abîmer
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
- Dégraissant d’agrume Attaque le polystyrène et certains caoutchoucs. Essai obligatoire sur une face cachée.
- Alcool isopropylique Le solvant le plus sûr de la famille sur les plastiques techniques, mais il attaque encore certains vernis et sérigraphies.
Agit, mais détruit
- Acétone Elle dissout l’ABS, le polycarbonate, le plexiglas, l’acétate et le polystyrène. Elle ne les tache pas : elle les troue, les blanchit ou les fissure.
- Dissolvant sans acétone Même famille de solvants, même risque sur les mêmes plastiques, en un peu plus lent.
- Chaleur sèche Le polyester fond vers 250 °C mais se rétracte dès 120 °C, et l’élasthanne perd son élasticité dès 60 °C. Un fer laisse une marque lustrée définitive.
- Décapeur thermique Un thermoplastique fond, gondole ou se rétracte bien avant de laisser partir ce qui est posé dessus. La déformation est définitive.
Minéral poreux M4 porosité forte
Un réseau de pores ouverts qui aspire tout liquide par capillarité : une tache grasse y descend de plusieurs millimètres. Et la moitié de ces matières est faite de carbonate de calcium, donc soluble dans le moindre acide — y compris le liant du ciment.
Ce qui agit sans abîmer
- Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Décapeur thermique Ramollit un film de peinture ou de vernis jusqu’à ce qu’il cloque et se soulève, pour être poussé à la spatule. Le mécanisme n’est pas la migration dans un absorbant mais le décollement par perte de cohésion du liant.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
- Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Le cas où l’on passe la main
Marbre gravé, pierre tachée en profondeur, dalle ancienne : le reponçage et le cataplasme de reprise sont des métiers. Un essai maison sur une pierre calcaire tachée finit presque toujours par une auréole plus large.
Fibre protéique M1 porosité forte
Sa fibre est faite des mêmes protéines que la tache : kératine pour la laine, fibroïne pour la soie, collagène pour le cuir. Tout ce qui détruit une protéine détruit donc la matière. C’est la classe la plus étroite du site.
Ce qui agit sans abîmer
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
- Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
Sous condition
- Acétone Sans danger pour la fibre elle-même, mais elle dissout les colorants et les apprêts.
Agit, mais détruit
- Chaleur sèche La kératine et la fibroïne se dégradent bien avant la température d’un fer : la laine lustre et roussit, la soie jaunit et perd son brillant. La marque est définitive.
- Décapeur thermique Il carbonise une fibre protéique en quelques secondes. Aucun emploi sur cette classe.
- Eau chaude Au-delà de 30 °C, les écailles de la laine s’ouvrent et s’accrochent entre elles : le vêtement feutre et rétrécit sans retour.
Le cas où l’on passe la main
Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.
Revêtement et film M6 porosité nulle
La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.
Ce qui agit sans abîmer
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
- White-spirit Toléré brièvement sur une carrosserie vernie, jamais sur une peinture mate ni sur un plastique de tableau de bord.
- Alcool isopropylique Dilué à 30 %, sur chiffon, pour un écran ou un stratifié. Jamais versé, jamais sur un joint.
Agit, mais détruit
- Acétone Dissout tout vernis et toute peinture, y compris celle qu’on essaie de protéger. Sur une carrosserie, elle mate le vernis en quelques secondes.
- Dissolvant sans acétone Même effet que l’acétone sur les vernis, à peine plus lent.
- Décapeur thermique C’est exactement son emploi : il fait cloquer le film. Utile quand on veut décaper, destructeur quand on voulait seulement nettoyer.
- Action mécanique Le film ne fait que quelques microns : le moindre abrasif le traverse et met le support à nu.
Peau vivante M7 porosité faible
La seule matière du site qui se répare toute seule. C’est ce qui change entièrement la stratégie : on ne cherche pas le retrait rapide mais le retrait sans lésion, et attendre est presque toujours la meilleure option. La couche cornée se renouvelle en deux à quatre semaines.
Ce qui agit sans abîmer
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
- Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
- Huile alimentaire ou beurre Le premier choix sur la peau : sans risque, lent, efficace sur la plupart des adhésifs et des corps gras.
Agit, mais détruit
- Acétone Dissout le film lipidique de la peau et provoque une dermatite de contact : dessèchement, fissures, sensibilisation durable.
- White-spirit Passe la barrière cutanée. Neurotoxique, et interdit sur les mains d’un enfant.
- Décapeur thermique Brûlure thermique immédiate. Un décapeur souffle entre trois cents et cinq cent cinquante degrés.
Le cas où l’on passe la main
Paupière, lèvre, œil ou surface étendue collés : service d’urgences, sans rien tenter. Un décollement forcé de la paupière arrache la cornée.
Ce qui aggrave la tache
- Action mécanique Frotter avant d’avoir ramolli le réseau étire l’adhésif et le fait pénétrer plus profond dans la porosité ou la trame.
Ce qui ne sert à rien
- Eau froide Un polymère réticulé n’est pas soluble dans l’eau, par définition.
- Lessive enzymatique Aucune enzyme domestique ne coupe un polymère de synthèse.
- Bicarbonate de sodium Trop peu abrasif pour attaquer un film dur, et chimiquement inerte sur lui.
Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.
Sur cette page, ne mélangez jamais
Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)
Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.
Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.
Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux
L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.
Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.
Eau de Javel+Acétone→ chloroforme et chloroacétone
Réaction exothermique. La chloroacétone est un lacrymogène ; le chloroforme est toxique pour le foie. Cas typique : un flacon de dissolvant renversé sur un plan de travail qu’on vient de javelliser.
White-spirit, térébenthine, acétone+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables
Ces solvants ont un point d’éclair bas et leurs vapeurs sont plus lourdes que l’air : elles s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.
Eau de Javel+Lessive enzymatique→ rien — les deux produits s’annulent
Le chlore oxyde et dénature l’enzyme instantanément. La javel perd son chlore actif sur la matière organique de la lessive, et l’enzyme perd toute activité. On a payé deux produits pour n’en avoir aucun.
La liste complète est sur la page sécurité.
Questions fréquentes
L'acétone dissout-elle toutes les colles ?
Non. Elle dissout le cyanoacrylate — la colle forte — et les résines acryliques, mais elle ignore le néoprène et le silicone réticulé. Sur un plastique ABS, un polycarbonate ou un vernis, elle attaque le support bien avant la colle.
Comment enlever de la colle sans acétone ?
Sur un résidu d'étiquette ou de ruban adhésif, une huile alimentaire ou un dégraissant d'agrume ramollissent le film en dix à vingt minutes, et le résidu se roule ensuite sous le doigt. Sur une colle blanche vinylique, l'eau chaude ou la vapeur suffisent parce que cette colle est partie d'une émulsion aqueuse.
Pourquoi la colle forte prend-elle instantanément sur les doigts ?
Le cyanoacrylate polymérise au contact de l'humidité, et la peau en porte toujours une fine pellicule. La réaction démarre donc plus vite sur un doigt que sur les deux pièces sèches qu'on voulait assembler.
Faut-il gratter la colle avant ou après le solvant ?
Après, sans exception. Gratter un réseau encore dur l'étire, le fragmente et l'enfonce plus profond dans la trame d'un tissu ou dans la porosité d'une pierre.
Sources et méthode
- Classification interne du site : classes de taches et classes de matières
- Modes d'action des agents de retrait déclarés sur la page Agents
- Fiches de données de sécurité des solvants domestiques (acétone, acétate d'éthyle, white-spirit, d-limonène)
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