En bref

  • Sur un sol, le retrait de colle est d'abord un travail mécanique : grattoir à long manche, lame large, à plat, sur une colle ramollie à l'eau chaude ou à la vapeur. Le solvant ne sert qu'à la finition.
  • Le carreau vitrifié tolère presque tout, le joint de ciment qui le borde ne tolère presque rien : il est poreux et son liant se délite. Deux matières à quelques millimètres, deux verdicts opposés.
  • Une colle noire bitumineuse sous des dalles ou un lino posés avant 1997 peut contenir de l'amiante. En cas de doute, on ne gratte pas, on ne ponce pas : on fait diagnostiquer avant tout geste.
  • Sur pierre naturelle, marbre, travertin, terre cuite et joint de ciment, aucun acide, vinaigre compris : ces matières sont faites du même carbonate que le calcaire, et l'acide les grave.

Sur un sol, la colle s’enlève d’abord mécaniquement : on la ramollit à l’eau très chaude ou à la vapeur sous un film plastique, puis on pousse un grattoir à lame large tenu presque à plat, par bandes d’un demi-mètre carré. Le solvant n’arrive qu’à la fin, sur le voile résiduel. Deux questions se posent avant de commencer : le sol contient-il du carbonate — joint de ciment, marbre, terre cuite —, et le revêtement a-t-il été posé avant 1997.

Identifier ce qu’on a devant soi

Un sol dur n’est jamais une seule matière, et les colles de pose ne sont pas les colles du bricolage. Deux identifications se croisent ici : celle du support et celle du produit de pose, et aucune des deux ne se devine.

Le support se teste en une minute. Une goutte de vinaigre dans un angle caché : si elle mousse, la matière contient du carbonate de calcium, donc c’est du calcaire, du marbre, du travertin, de la terre cuite ou un joint de ciment, et aucun acide n’est utilisable. Si elle ne mousse pas et que la surface est brillante et non poreuse, c’est du grès cérame ou de la faïence émaillée, la matière la plus tolérante du lot. Une goutte d’eau qui pénètre et assombrit signale un béton, un béton ciré ou une pierre poreuse ; une goutte qui perle sur un sol souple signale un lino, un PVC ou un parquet vitrifié, donc un film.

La colle de pose se lit à sa couleur et à sa consistance. Une colle beige ou blanche, encore un peu souple, qui blanchit à l’eau chaude : dispersion acrylique de pose de moquette ou de PVC, la plus fréquente et la plus facile. Une colle noire, dure, cassante, brillante en cassure, qui poisse à la chaleur : colle bitumineuse, typique des dalles vinyle et des linoléums anciens — c’est celle qui pose la question de l’amiante. Un mortier-colle gris, granuleux, franchement minéral : ce n’est pas un polymère du tout, c’est un liant hydraulique, et aucun solvant n’y fera quoi que ce soit. Une colle contact ambrée et odorante : néoprène, employé pour les plinthes, les nez de marche et les sols souples en locaux humides.

Ce croisement explique pourquoi une recette unique échoue toujours sur un sol. Le mortier-colle relève du burin, la dispersion acrylique de l’eau chaude, le néoprène du dégraissant d’agrume, et la colle bitumineuse ancienne d’un diagnostic préalable.

Le mode opératoire

Le travail se fait par bandes, jamais sur toute la pièce à la fois : la colle ramollie sèche en dix à quinze minutes, et une surface préparée trop large redurcit avant qu’on l’atteigne.

  1. Vider et délimiter — dix minutes. Sortir les meubles, découper mentalement la surface en carrés d’environ un demi-mètre de côté, et repérer les joints, les seuils, les plinthes et les siphons vers lesquels l’eau va couler.
  2. Retirer à sec ce qui vient à sec. Un grattoir à long manche à lame large, poussé à plat, enlève souvent la moitié d’une colle acrylique vieillie sans aucun produit. C’est le geste le plus rentable de la page, et il ne mouille rien.
  3. Ramollir, bande par bande, dix minutes. Eau très chaude savonneuse versée puis maintenue par un film plastique ou par du papier journal détrempé. Un nettoyeur vapeur fait le même travail plus vite, en apportant chaleur et eau ensemble : c’est ce qui regonfle une colle en dispersion. Sur un parquet ou un stratifié, la vapeur est exclue — le panneau derrière le film gonfle sans retour.
  4. Gratter à plat, dans un seul sens. La lame large travaille à quinze ou vingt degrés, poussée, jamais tirée par saccades. On n’attaque pas un joint de front : on passe le long, puis on reprend le joint séparément à la brosse en nylon. Un burin ne sert que sur le mortier-colle, et posé de biais, jamais à la perpendiculaire.
  5. Traiter le voile résiduel au solvant du liant. Le voile est ce qui reste après le mécanique, et lui seul justifie un produit. Dégraissant d’agrume au d-limonène sur une colle néoprène ou une colle acrylique tenace, white-spirit sur une trace bitumineuse, acétone sur un point de colle forte. On applique sur un chiffon, on laisse agir sur place, on ne répand pas au sol.
  6. Rincer, sécher, regarder à la lumière rasante. Le liquide vaisselle chaud enlève le solvant et le gras, l’eau claire enlève le savon, et la lumière rasante montre le voile résiduel qu’on ne voit pas de face. Un sol qui poisse encore sous la semelle n’a pas été dégraissé.

Sur une dalle en béton nu destinée à être recouverte, la ponceuse à béton ou la surfaceuse remplacent tout ce qui précède, avec aspiration à la source et masque : la poussière de ciment est très fine et se dépose dans toute la maison.

Ce qui ne marche pas, et pourquoi

Le détartrant, l’esprit de sel ou le vinaigre. Un polymère n’est ni un carbonate ni un oxyde : l’acide n’a rien à attaquer et il ne fait rien contre la colle. Il fait en revanche exactement ce qu’on ne veut pas — il dissout le carbonate de calcium du joint de ciment, qui devient sableux et se creuse, et il grave une pierre calcaire ou un marbre en laissant une zone mate et rugueuse qui ne se repolit pas au chiffon.

L’éponge abrasive et la monobrosse à disque agressif sur une pierre. L’abrasion ouvre la porosité du minéral poreux, et un sol dont la porosité a été ouverte est plus salissant après le nettoyage qu’avant. Sur un carreau émaillé, le même geste dépolit l’émail, qui est une surface vitrifiée : la zone traitée reste mate et se voit sous toutes les lumières.

Verser le solvant sur le sol. Un sol est une grande surface horizontale avec des joints, des seuils et des siphons. Le solvant versé descend dans la porosité du joint, y emmène la colle dissoute au lieu de la remonter, et ressort pendant des semaines en tache brune. Le produit va sur le chiffon ou sur un absorbant posé, jamais en flaque.

Le cas où il faut s’arrêter

La question de l’amiante se pose franchement, et elle se pose avant le premier coup de grattoir. L’amiante est interdite en France depuis le 1er janvier 1997 ; les dalles vinyle, les linoléums et surtout les colles bitumineuses noires posés avant cette date sont susceptibles d’en contenir. Aucun aspect, aucune odeur, aucun test maison ne permet de trancher : seul un prélèvement analysé en laboratoire le fait. En cas de doute, on ne gratte pas, on ne ponce pas, on ne décape pas à sec, on n’aspire pas les débris et on ne casse pas les dalles. On fait diagnostiquer, et le retrait relève alors d’une entreprise qualifiée.

Le deuxième arrêt est le marbre, la pierre calcaire et la terre cuite tachés en profondeur. Ces matières aspirent le liant de la colle par capillarité sur plusieurs millimètres ; le retrait de surface laisse une auréole plus foncée que le reste, et l’essai maison finit presque toujours par une auréole plus large. Le reponçage et le cataplasme de reprise sont des métiers.

Le troisième est le sol souple ou vitrifié qu’on veut conserver. Lino, PVC, stratifié, parquet vitrifié : la colle est sur un film de quelques centièmes de millimètre. Tout ce qui l’enlèverait traverse le film, et il n’y a rien à réparer dessous. Le calcul honnête compare le coût d’un remplacement de revêtement à celui d’un résidu visible.

Pourquoi la grande surface change la méthode

Sur un objet, on traite une tache. Sur un sol, on traite une surface, et deux contraintes nouvelles apparaissent. La première est le temps de séchage : ce qu’on a ramolli redurcit, donc la méthode doit avancer par bandes au rythme de la main, pas au rythme de l’envie d’en finir. La seconde est l’uniformité : un sol nettoyé par plaques garde une carte de zones plus claires, parce que le nettoyage éclaircit la zone traitée par rapport au reste. Si le sol reste visible, on finit par un passage d’ensemble à l’eau savonneuse, même là où il n’y avait pas de colle.

S’ajoute la ventilation. Le white-spirit, la térébenthine et l’acétone ont un point d’éclair bas et leurs vapeurs sont plus lourdes que l’air : elles s’accumulent au sol, exactement là où on travaille, et une veilleuse de chaudière suffit à les enflammer. Fenêtres ouvertes en deux points de la pièce, aucune flamme, et des quantités faibles à la fois. La page de sécurité détaille ces mélanges et ces conditions.

Le raisonnement sur les quatre chimies derrière le mot est sur la page de la colle, la décomposition du sol dur en classes de matières sur la sienne, et un cas voisin — un liant qui a durci sur le même support — dans enlever de la peinture sur du carrelage.

Le croisement, matière par matière

« Colle » relève de la classe POL — polymères et adhésifs. « Sol dur » recouvre 4 classes de matière, et le verdict n’est pas le même d’une classe à l’autre. C’est pour cette raison que la page ne peut pas se résumer à un seul geste.

Minéral vitrifié et métal M5 porosité nulle

Aucune porosité : la tache reste posée dessus, ce qui autorise des solvants et des acides interdits ailleurs. La vulnérabilité se déplace vers deux autres choses — la rayure, définitive sur le verre et le chrome, et la corrosion électrochimique des métaux.

Ce qui agit sans abîmer

  • Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Décapeur thermique Ramollit un film de peinture ou de vernis jusqu’à ce qu’il cloque et se soulève, pour être poussé à la spatule. Le mécanisme n’est pas la migration dans un absorbant mais le décollement par perte de cohésion du liant.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
  • Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Minéral poreux M4 porosité forte

Un réseau de pores ouverts qui aspire tout liquide par capillarité : une tache grasse y descend de plusieurs millimètres. Et la moitié de ces matières est faite de carbonate de calcium, donc soluble dans le moindre acide — y compris le liant du ciment.

Ce qui agit sans abîmer

  • Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Décapeur thermique Ramollit un film de peinture ou de vernis jusqu’à ce qu’il cloque et se soulève, pour être poussé à la spatule. Le mécanisme n’est pas la migration dans un absorbant mais le décollement par perte de cohésion du liant.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
  • Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Le cas où l’on passe la main

Marbre gravé, pierre tachée en profondeur, dalle ancienne : le reponçage et le cataplasme de reprise sont des métiers. Un essai maison sur une pierre calcaire tachée finit presque toujours par une auréole plus large.

Revêtement et film M6 porosité nulle

La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.

Ce qui agit sans abîmer

  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.

Sous condition

  • White-spirit Toléré brièvement sur une carrosserie vernie, jamais sur une peinture mate ni sur un plastique de tableau de bord.
  • Alcool isopropylique Dilué à 30 %, sur chiffon, pour un écran ou un stratifié. Jamais versé, jamais sur un joint.

Agit, mais détruit

  • Acétone Dissout tout vernis et toute peinture, y compris celle qu’on essaie de protéger. Sur une carrosserie, elle mate le vernis en quelques secondes.
  • Dissolvant sans acétone Même effet que l’acétone sur les vernis, à peine plus lent.
  • Décapeur thermique C’est exactement son emploi : il fait cloquer le film. Utile quand on veut décaper, destructeur quand on voulait seulement nettoyer.
  • Action mécanique Le film ne fait que quelques microns : le moindre abrasif le traverse et met le support à nu.

Fibre cellulosique M2 porosité forte

Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.

Ce qui agit sans abîmer

  • Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
  • Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.

Sous condition

  • Décapeur thermique Utilisable sur du bois en mouvement constant. Une buse qui stationne roussit la fibre, et la brûlure ne s’enlève plus.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Ce qui aggrave la tache

  • Action mécanique Frotter avant d’avoir ramolli le réseau étire l’adhésif et le fait pénétrer plus profond dans la porosité ou la trame.

Ce qui ne sert à rien

  • Eau froide Un polymère réticulé n’est pas soluble dans l’eau, par définition.
  • Lessive enzymatique Aucune enzyme domestique ne coupe un polymère de synthèse.
  • Bicarbonate de sodium Trop peu abrasif pour attaquer un film dur, et chimiquement inerte sur lui.

Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.

Sur cette page, ne mélangez jamais

  • Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)

    Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.

  • Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux

    L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.

  • Eau de Javel+Acétone→ chloroforme et chloroacétone

    Réaction exothermique. La chloroacétone est un lacrymogène ; le chloroforme est toxique pour le foie. Cas typique : un flacon de dissolvant renversé sur un plan de travail qu’on vient de javelliser.

  • White-spirit, térébenthine, acétone+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables

    Ces solvants ont un point d’éclair bas et leurs vapeurs sont plus lourdes que l’air : elles s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.

  • Eau de Javel+Lessive enzymatique→ rien — les deux produits s’annulent

    Le chlore oxyde et dénature l’enzyme instantanément. La javel perd son chlore actif sur la matière organique de la lessive, et l’enzyme perd toute activité. On a payé deux produits pour n’en avoir aucun.

La liste complète est sur la page sécurité.

Questions fréquentes

Comment enlever la colle de moquette sur un carrelage ?

On ramollit par bandes à l'eau très chaude savonneuse ou à la vapeur, dix minutes sous un film plastique, puis on pousse un grattoir à lame large maintenu presque à plat. Les colles de moquette sont majoritairement des dispersions acryliques, donc sensibles à l'eau chaude : le solvant n'intervient qu'en finition sur le voile résiduel.

Le vinaigre blanc enlève-t-il la colle d'un sol ?

Non, et il crée un problème là où il n'y en avait pas. Un polymère n'est pas un carbonate, l'acide n'a rien à attaquer ; en revanche il dissout le carbonate de calcium d'un joint de ciment, d'un marbre ou d'une terre cuite, qui devient mat, rugueux et légèrement en creux.

Comment savoir si la colle noire sous mon lino contient de l'amiante ?

Aucun aspect ne permet de le dire à l'œil. Le seul critère utilisable est la date de pose : avant 1997, le doute existe et impose un prélèvement analysé en laboratoire. En attendant, on ne gratte pas, on ne ponce pas, on ne décape pas à sec, et on n'aspire pas les débris.

Peut-on poncer une colle de carrelage à la meuleuse ?

Sur une dalle en béton nu, c'est une méthode courante, mais elle produit une poussière très fine qui exige un aspirateur à filtration adaptée et un masque. Sur un carreau vitrifié, un marbre ou une terre cuite, le ponçage détruit la surface : il enlève l'émail ou ouvre la porosité, et le sol devient plus salissant qu'avant.

Sources et méthode

  • Classification interne du site : classe de tache « polymères et adhésifs », classes de matière « minéral vitrifié », « minéral poreux », « revêtement et film », « fibre cellulosique ».
  • Fiche de surface « sol dur » : composition, enjeu du couple carreau-joint, test de la goutte de vinaigre.
  • Interdiction de l'amiante en France depuis le 1er janvier 1997 : les revêtements et les colles de pose antérieurs sont susceptibles d'en contenir.

Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.