En bref
- Rien ne se décide avant d'avoir lu l'étiquette de composition. Sur du coton, presque tout passe ; sur de la laine, l'eau chaude feutre le vêtement ; sur du synthétique, l'acétone dissout la fibre au lieu de la nettoyer.
- L'acétone dissout l'acétate, le triacétate et le modacrylique. C'est la raison pour laquelle un dissolvant appliqué sur l'endroit d'une veste peut trouer sa doublure, qui est très souvent en acétate.
- Colle blanche vinylique : eau chaude, elle est faite d'eau. Colle forte : acétone, si et seulement si la fibre l'admet. Adhésif d'étiquette : huile, puis dégraissage au liquide vaisselle.
- On travaille toujours par l'envers, sur un absorbant, en tamponnant du bord vers le centre. Frotter un adhésif non ramolli l'enfonce dans la trame et double la surface tachée.
Sur un vêtement, la colle ne se traite pas : c’est la fibre qui se traite. Une colle blanche part à l’eau chaude savonneuse, une colle forte demande de l’acétone, un résidu d’étiquette demande de l’huile — mais le coton accepte les trois, la laine refuse l’eau chaude, et le synthétique se dissout dans l’acétone. La première étape est donc l’étiquette de composition, pas le placard à produits.
Identifier ce qu’on a devant soi
Le textile est la seule surface de ce site à porter un mode d’emploi normalisé. L’étiquette de composition donne la fibre, et l’étiquette d’entretien donne la température maximale, l’autorisation de chlorer, celle de repasser et celle du nettoyage à sec : soit exactement les paramètres qui décident du détachage. Le détail des pictogrammes est sur la page des symboles d’entretien.
Quatre familles de fibres, quatre verdicts. Le coton, le lin, la viscose et le lyocell sont cellulosiques : ils tolèrent l’alcalin, la chaleur, le brossage et les solvants, ce qui en fait le cas facile. La laine, la soie, le cachemire et l’angora sont protéiques : au-delà de trente degrés, les écailles de la laine s’ouvrent, s’accrochent entre elles, et le vêtement feutre en rétrécissant sans retour. Le polyester, le polyamide, l’acrylique et l’élasthanne sont des thermoplastiques : le fer les marque, l’acétone et l’acétate d’éthyle dissolvent certains d’entre eux. Les tissus enduits, imperméabilisés, sérigraphiés ou en similicuir relèvent du revêtement : le solvant abîme le film avant d’atteindre la colle.
Le piège de cette surface est le mélange. Un jersey vendu comme coton contient presque toujours de l’élasthanne, et une veste en laine a très souvent une doublure en acétate. Un tissu se traite au niveau de sa fibre la plus fragile, jamais de sa fibre principale — et une doublure compte, parce que le solvant traverse. Sans étiquette, le test de combustion d’un fil prélevé sur une couture intérieure tranche : la laine et la soie s’éteignent en sentant la corne brûlée, le coton brûle en cendre grise, le synthétique fond en bille dure.
La colle se lit ensuite, en trois cas utiles. Un film souple, translucide, qui pèle en une pièce et blanchit à l’eau : colle blanche vinylique. Un point dur, cassant, aux bords blanchis, qui raidit le tissu comme un point de couture : cyanoacrylate. Une auréole grise et poissante qui attrape la poussière et s’étire au doigt : adhésif permanent d’étiquette ou de ruban.
Le mode opératoire
Deux principes valent pour les trois colles. On travaille par l’envers, avec un absorbant blanc posé sous la tache, pour que le liant dissous migre vers l’extérieur du tissu au lieu de descendre plus profond. Et on tamponne du bord vers le centre, ce qui resserre la tache au lieu de l’agrandir.
- Lire l’étiquette et tester le solvant — cinq minutes. Une couture intérieure, un ourlet, une réserve de tissu : une goutte, un tamponnage à sec, et l’on regarde si de la couleur est venue sur le coton-tige. Le test dit deux choses : si la fibre tient, et si la teinture tient.
- Retirer le surplus à sec. Un point de colle forte se casse à l’ongle ou au dos d’une cuillère, une masse d’adhésif se roule sous le pouce, une plaque de colle blanche se pèle. Tout ce qui part sec est du solvant économisé.
- Traiter selon la colle. Pour la colle blanche vinylique : trempage à l’eau chaude savonneuse, trente minutes, quarante à soixante degrés sur du coton, trente degrés au maximum sur de la laine ou de la soie, avec un temps plus long pour compenser. Pour la colle forte : acétone au coton-tige, par touches de dix secondes, uniquement sur coton, lin ou viscose de couleur stable. Pour l’adhésif d’étiquette : huile alimentaire massée cinq minutes, qui échange l’adhésif contre une tache grasse.
- Cisailler, jamais tirer. Une fois le liant gonflé, le tissu se plie et se déplie sous la colle, ou se frotte doucement sur lui-même. Le pli fait travailler le joint en glissement, et un joint collé cède beaucoup mieux en glissement qu’en traction — où c’est la fibre qui cède la première.
- Dégraisser avant de laver. L’huile et le white-spirit ne se rincent pas à l’eau : une goutte de liquide vaisselle frottée du bout du doigt sur la trace grasse, cinq minutes de pose, puis rinçage. Sauter cette étape laisse un cerne translucide que le lavage fixera.
- Laver, puis vérifier avant tout séchage. À la température maximale autorisée par l’étiquette, et surtout : la pièce sort de la machine, on regarde à la lumière, et on ne la met ni au sèche-linge ni sous le fer avant que la tache ne soit partie. La chaleur sèche fixe le résidu et, sur un synthétique, elle laisse une marque lustrée définitive.
Ce qui ne marche pas, et pourquoi
Le dissolvant sur une veste sans regarder la doublure. C’est l’erreur la plus coûteuse de cette page. L’acétone dissout l’acétate, une fibre cellulosique modifiée très employée en doublure parce qu’elle est glissante et bon marché. Le solvant traverse le tissu de dessus, atteint la doublure, et la troue proprement — pas une tache, un trou aux bords fondus. Le même mécanisme joue sur le triacétate et sur le modacrylique.
L’eau de Javel sur une trace grise persistante. Elle ne fait rien contre un polymère, qu’elle n’a pas de quoi attaquer, et elle détruit ce qui l’entoure : le chlore rompt les ponts disulfure de la laine et de la soie, et il casse l’élasthanne par fragments — donc la ceinture, les poignets et le jersey de presque tous les vêtements souples actuels.
Frotter à sec en attendant que ça vienne. Frotter un adhésif avant de l’avoir ramolli l’étire et le fait pénétrer plus profond dans la trame. Sur un tissu, ce n’est pas seulement une perte de temps : la masse passe entre les fils et se retrouve du côté qu’on ne traitait pas, avec deux faces tachées au lieu d’une.
Le cas où il faut s’arrêter
La soie, le cachemire et toute pièce de valeur avec un point de colle forte. La fibre protéique tolère mal les solvants qui viendraient à bout du polymère, l’acétone ternit le brillant de la soie et dissout ses apprêts, et le geste mécanique nécessaire pour cisailler le joint tire sur des fils qui ne pardonnent pas. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, avec l’indication du produit déjà mis dessus.
Le tissu enduit ou sérigraphié, et le similicuir. Il s’agit d’un film de quelques microns sur un textile : le solvant l’attaque avant la colle, et la zone traitée devient mate ou collante. Il n’y a pas de méthode, il y a un arbitrage entre garder le résidu et perdre le film.
Enfin, la colle forte sur un synthétique de couleur est souvent une impasse honnête. L’acétone est le seul solvant efficace, elle est interdite sur plusieurs de ces fibres et elle décolore les autres. On peut tenter l’isopropanol et l’huile, qui ne trouent rien, en sachant qu’ils ramollissent le cyanoacrylate sans le dissoudre — donc qu’un point raide peut rester.
Le cas de la colle textile et du thermocollant
Une colle vendue pour le tissu est faite pour résister au lavage : c’est sa fonction, et c’est ce qui rend son retrait plus difficile qu’un accident de bricolage. Les colles textiles en tube sont le plus souvent des dispersions acryliques ou des polyuréthanes, qui restent souples et qui n’ont pas de solvant domestique évident une fois réticulées. Le trempage prolongé à l’eau chaude savonneuse, sur une fibre qui l’admet, est ce qui a le plus de chances de les fatiguer.
Le thermocollant est un cas à part, et plus favorable. Sa colle est un thermofusible : elle a été appliquée à chaud et elle redevient molle à chaud. Un fer réglé sur la température maximale autorisée par l’étiquette, une pattemouille entre le fer et le tissu, et l’on tire le motif pendant que la colle est chaude, jamais après refroidissement. Le voile qui reste se traite ensuite au solvant du liant, à froid. Cette méthode est fermée sur un synthétique, qui se rétracte avant que la colle ne ramollisse.
Le raisonnement complet sur les quatre chimies est sur la page de la colle, et la décomposition du textile en classes de matières sur la sienne.
Le croisement, matière par matière
« Colle » relève de la classe POL — polymères et adhésifs. « Vêtement et tissu » recouvre 4 classes de matière, et le verdict n’est pas le même d’une classe à l’autre. C’est pour cette raison que la page ne peut pas se résumer à un seul geste.
Fibre cellulosique M2 porosité forte
Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.
Ce qui agit sans abîmer
- Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
- Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
- Décapeur thermique Utilisable sur du bois en mouvement constant. Une buse qui stationne roussit la fibre, et la brûlure ne s’enlève plus.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Fibre protéique M1 porosité forte
Sa fibre est faite des mêmes protéines que la tache : kératine pour la laine, fibroïne pour la soie, collagène pour le cuir. Tout ce qui détruit une protéine détruit donc la matière. C’est la classe la plus étroite du site.
Ce qui agit sans abîmer
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
- Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
Sous condition
- Acétone Sans danger pour la fibre elle-même, mais elle dissout les colorants et les apprêts.
Agit, mais détruit
- Chaleur sèche La kératine et la fibroïne se dégradent bien avant la température d’un fer : la laine lustre et roussit, la soie jaunit et perd son brillant. La marque est définitive.
- Décapeur thermique Il carbonise une fibre protéique en quelques secondes. Aucun emploi sur cette classe.
- Eau chaude Au-delà de 30 °C, les écailles de la laine s’ouvrent et s’accrochent entre elles : le vêtement feutre et rétrécit sans retour.
Le cas où l’on passe la main
Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.
Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle
Des chaînes de polymère non réticulées, qui glissent les unes sur les autres quand on les chauffe. D’où deux faiblesses propres : la fusion, dès 60 à 120 °C selon le plastique, et l’attaque par les solvants, qui s’insinuent entre les chaînes et font perdre sa cohésion à la matière.
Ce qui agit sans abîmer
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
- Dégraissant d’agrume Attaque le polystyrène et certains caoutchoucs. Essai obligatoire sur une face cachée.
- Alcool isopropylique Le solvant le plus sûr de la famille sur les plastiques techniques, mais il attaque encore certains vernis et sérigraphies.
Agit, mais détruit
- Acétone Elle dissout l’ABS, le polycarbonate, le plexiglas, l’acétate et le polystyrène. Elle ne les tache pas : elle les troue, les blanchit ou les fissure.
- Dissolvant sans acétone Même famille de solvants, même risque sur les mêmes plastiques, en un peu plus lent.
- Chaleur sèche Le polyester fond vers 250 °C mais se rétracte dès 120 °C, et l’élasthanne perd son élasticité dès 60 °C. Un fer laisse une marque lustrée définitive.
- Décapeur thermique Un thermoplastique fond, gondole ou se rétracte bien avant de laisser partir ce qui est posé dessus. La déformation est définitive.
Revêtement et film M6 porosité nulle
La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.
Ce qui agit sans abîmer
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Vapeur Apporte chaleur et eau en même temps : elle regonfle une colle à l’eau, décolle un papier peint et ouvre une fibre.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
- White-spirit Toléré brièvement sur une carrosserie vernie, jamais sur une peinture mate ni sur un plastique de tableau de bord.
- Alcool isopropylique Dilué à 30 %, sur chiffon, pour un écran ou un stratifié. Jamais versé, jamais sur un joint.
Agit, mais détruit
- Acétone Dissout tout vernis et toute peinture, y compris celle qu’on essaie de protéger. Sur une carrosserie, elle mate le vernis en quelques secondes.
- Dissolvant sans acétone Même effet que l’acétone sur les vernis, à peine plus lent.
- Décapeur thermique C’est exactement son emploi : il fait cloquer le film. Utile quand on veut décaper, destructeur quand on voulait seulement nettoyer.
- Action mécanique Le film ne fait que quelques microns : le moindre abrasif le traverse et met le support à nu.
Ce qui aggrave la tache
- Action mécanique Frotter avant d’avoir ramolli le réseau étire l’adhésif et le fait pénétrer plus profond dans la porosité ou la trame.
Ce qui ne sert à rien
- Eau froide Un polymère réticulé n’est pas soluble dans l’eau, par définition.
- Lessive enzymatique Aucune enzyme domestique ne coupe un polymère de synthèse.
- Bicarbonate de sodium Trop peu abrasif pour attaquer un film dur, et chimiquement inerte sur lui.
Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.
Sur cette page, ne mélangez jamais
Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)
Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.
Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.
Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux
L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.
Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.
Eau de Javel+Acétone→ chloroforme et chloroacétone
Réaction exothermique. La chloroacétone est un lacrymogène ; le chloroforme est toxique pour le foie. Cas typique : un flacon de dissolvant renversé sur un plan de travail qu’on vient de javelliser.
White-spirit, térébenthine, acétone+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables
Ces solvants ont un point d’éclair bas et leurs vapeurs sont plus lourdes que l’air : elles s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.
Eau de Javel+Lessive enzymatique→ rien — les deux produits s’annulent
Le chlore oxyde et dénature l’enzyme instantanément. La javel perd son chlore actif sur la matière organique de la lessive, et l’enzyme perd toute activité. On a payé deux produits pour n’en avoir aucun.
La liste complète est sur la page sécurité.
Questions fréquentes
L'acétone peut-elle passer sur tous les vêtements ?
Non. Elle laisse le coton et le lin intacts, mais elle dissout l'acétate, le triacétate et le modacrylique, et elle décolore de nombreuses teintures. Un vêtement dont l'étiquette mentionne l'acétate, ou dont la doublure glissante n'est pas identifiée, se traite sans acétone.
Comment enlever de la colle blanche séchée sur un tissu ?
La colle blanche vinylique est une émulsion aqueuse : un trempage dans l'eau chaude savonneuse de trente minutes la regonfle, puis elle se retire à l'ongle ou à la brosse souple. Sur de la laine ou de la soie, l'eau chaude est interdite et le trempage se fait à trente degrés au maximum, plus longtemps.
Un résidu d'étiquette part-il au lavage en machine ?
Rarement, et la machine aggrave souvent le problème : le tambour étale la masse adhésive et le séchage la fixe. Il faut la ramollir à l'huile, la racler, dégraisser au liquide vaisselle, et seulement ensuite laver.
Que faire si la colle a été repassée sur le tissu ?
La chaleur du fer a fait fondre l'adhésif dans la trame et l'a réparti entre les fils, ce qui rend le retrait beaucoup plus incertain. Il faut reprendre au solvant du liant, avec un absorbant sous le tissu, en acceptant qu'un voile puisse rester. Un synthétique repassé garde en plus une marque lustrée définitive.
Sources et méthode
- Classification interne du site : classe de tache « polymères et adhésifs », classes de matière « fibre cellulosique », « fibre protéique », « synthétique thermoplastique », « revêtement et film ».
- Fiche de surface « vêtement et tissu » : composition, rôle de l'étiquette d'entretien, piège du mélange de fibres, test de combustion d'un fil.
Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.