En bref

  • Une peinture acrylique encore humide part à l’eau tiède et au liquide vaisselle : c’est la seule fenêtre où le vêtement ne risque absolument rien.
  • Sèche, la même acrylique demande de l’acétone ou de l’acétate d’éthyle, qui dissolvent les colorants du tissu et l’acétate d’une doublure.
  • Une peinture glycéro ignore l’eau du premier au dernier jour : son liant est une résine alkyde, et seul un solvant pétrolier la reprend.
  • Aucun séchage avant que la tache ne soit partie : le fer et le sèche-linge cuisent le film dans la trame.

Une peinture acrylique encore humide part à l’eau tiède et au liquide vaisselle, en moins de cinq minutes, et le vêtement ne risque rien. Sèche depuis plus d’une journée, elle est devenue un film continu qu’il faut ramollir à l’acétone ou à l’acétate d’éthyle, avec un risque réel pour la teinture et pour la doublure. Une glycéro, elle, ignore l’eau du premier au dernier jour : son liant est une résine alkyde, et seul un solvant pétrolier comme le white-spirit la reprend.

Identifier ce qu’on a devant soi

Deux questions décident du résultat, et aucune ne porte sur la couleur de la tache. La première est le liant de la peinture, la seconde est la fibre du vêtement. Se tromper sur la première fait perdre une demi-heure ; se tromper sur la seconde troue le tissu.

L’acrylique est une résine en émulsion aqueuse : le pot se nettoie à l’eau, le pinceau aussi, et l’odeur reste faible. La glycéro est une résine alkyde qui durcit en s’oxydant à l’air : son pot se nettoie au white-spirit et son odeur est franche, presque huileuse. Si le pot n’est plus accessible, un coton d’eau tiède passé au bord de la tache tranche : sur une acrylique fraîche il se colore, sur une glycéro fraîche il ne prend rien, et c’est le coton imbibé de white-spirit qui se charge.

Le temps compte davantage que la marque. Une acrylique reste soluble tant que son eau ne s’est pas évaporée, soit dix à trente minutes sur un tissu fin, davantage sur un ourlet épais où la goutte s’est accumulée. Ensuite les particules de résine fusionnent, le film devient continu, et plus aucun produit domestique ne le dissout : on ne peut que le gonfler et le décoller.

La fibre, elle, se lit sur l’étiquette de composition, jamais au toucher. Le coton, le lin et la viscose tolèrent le frottement, l’alcalin et la chaleur, ce qui laisse le champ libre. La laine et la soie n’acceptent ni chlore, ni enzyme, ni eau au-delà de trente degrés, et le détail des symboles d’entretien dit lequel des quatre paramètres utiles est autorisé. Reste la famille des synthétiques, où se cache le seul vrai piège de cette page : l’acétone dissout l’acétate, le triacétate et le modacrylique.

Le mode opératoire

Le premier cas est le seul qui soit facile, et il ne dure pas. Si la peinture est encore humide au toucher, tout se joue dans les minutes qui suivent, sans solvant et sans matériel.

  1. Racler l’excédent avec le dos d’une cuillère ou une spatule plastique, en une seule passe, du bord vers le centre. Ne pas frotter : un film liquide étalé double sa surface.
  2. Rincer par l’envers sous un filet d’eau tiède, deux à trois minutes, jusqu’à ce que l’eau ressorte claire. L’eau doit traverser le tissu dans le sens inverse de l’entrée de la peinture.
  3. Poser une goutte de liquide vaisselle sur la zone, malaxer le tissu entre les doigts une minute, puis rincer.
  4. Vérifier à la lumière avant de laver. Si une ombre colorée subsiste, ne pas mettre en machine : reprendre au point 3 ou passer à la séquence suivante.

Le second cas est celui d’une acrylique sèche, et il demande de l’acétone ou de l’acétate d’éthyle. L’acétate d’éthyle, vendu comme dissolvant sans acétone, fait la même chose plus lentement et abîme moins ; sur une fibre incertaine, c’est le bon compromis.

  1. Vérifier la composition. Acétate, triacétate ou modacrylique : arrêter ici, et sauter à la dernière section.
  2. Faire l’essai dans un endroit caché mais de la même matière que la zone tachée — une réserve de couture extérieure, un ourlet. Pas la doublure, qui n’est presque jamais de la même fibre.
  3. Glisser un tampon de papier absorbant blanc sous la tache, plié en plusieurs épaisseurs. Sans lui, le solvant repousse la peinture dissoute vers l’intérieur du tissu.
  4. Imbiber un coton de solvant et tamponner par le dessus, sans frotter, en changeant de coton dès qu’il se colore. Compter une à deux minutes de contact par application, et renouveler quatre ou cinq fois.
  5. Attaquer le film ramolli à l’ongle ou avec une spatule plastique, en petits mouvements courts. C’est ici que le geste mécanique devient utile, et seulement ici : avant ramollissement, il enfonce la peinture dans la trame.
  6. Dégraisser au liquide vaisselle, rincer longuement, puis laver au programme le plus doux que l’étiquette autorise. Sécher à plat, à l’air libre.

La glycéro, et pourquoi elle change de solvant

Une peinture glycéro sèche par oxydation : son liant se lie à l’oxygène de l’air, jour après jour, et devient de plus en plus difficile à reprendre. C’est une résine grasse, apolaire, donc parfaitement indifférente à l’eau savonneuse. Le solvant qui la reconnaît est le white-spirit, une essence minérale qui dissout par ressemblance de structure ; l’essence de térébenthine fait mieux encore sur une glycéro très fraîche.

Le protocole ne change pas — absorbant dessous, tamponnage par le dessus, cotons renouvelés —, mais la sortie diffère. Le white-spirit ne se rince pas à l’eau : il laisse un halo gras qu’il faut ensuite émulsionner au liquide vaisselle, sinon la zone reste plus sombre après séchage. Et ses vapeurs sont inflammables et plus lourdes que l’air : la fenêtre reste ouverte, la porte de la buanderie aussi.

Sur une glycéro sèche depuis plusieurs jours, la réussite devient partielle et il faut le savoir avant de commencer. Le film s’allège, la couleur pâlit, mais le pigment logé au fond de la trame reste. Ce qu’on obtient est une tache moins visible, pas un vêtement neuf.

Ce qui ne marche pas, et pourquoi

Le lavage en machine à quarante degrés, tenté en premier par réflexe, est ce qui rend la plupart des taches définitives. La chaleur n’a aucune action sur un film déjà réticulé, mais elle le ramollit assez pour qu’il épouse la fibre, puis le refige dedans au séchage. Le sèche-linge fait la même chose en plus fort, et une peinture passée au sèche-linge ne s’enlève plus sans attaquer le tissu.

Le vinaigre blanc et le bicarbonate de sodium reviennent dans toutes les recettes et n’ont ici aucune prise. Le vinaigre dissout les carbonates, et une résine acrylique n’en contient pas ; le bicarbonate est un abrasif de dureté 2,5, plus tendre qu’un ongle, incapable d’entamer un film dur. Mélangés, ils produisent du gaz carbonique et un sel, et s’annulent — c’est un mécanisme, pas un détachant.

Frotter fort, à sec, avec une brosse à ongles, est la troisième erreur. Elle ne casse pas le film, elle le fragmente et pousse les éclats entre les fils, où aucun solvant n’ira les chercher. Le principe vaut pour toutes les formes de peinture : on ramollit d’abord, on cisaille ensuite, jamais l’inverse.

Le cas où il faut s’arrêter

Une doublure en acétate, une soie, un cachemire ou un vêtement à sérigraphie imprimée n’entrent pas dans ce mode opératoire. Sur l’acétate, l’acétone perce en quelques secondes ; sur la soie, elle emporte le colorant et laisse une auréole claire pire que la tache ; sur une impression plastisol, elle dissout l’impression avant la peinture. Une pièce de valeur tachée part chez un nettoyeur, qui travaille au solvant sous contrôle de tension, pas dans un évier.

Deux autres situations méritent un arrêt franc. Une tache large — une manche entière prise dans un pot renversé — ne se traite pas par touches : le solvant nécessaire déteindrait la zone plus visiblement que la peinture. Et une glycéro sèche depuis plus d’une semaine sur un tissu de couleur sombre relève de l’acceptation : la tolérance des fibres textiles ne laisse ici aucune marge, et la recoloration ou la découpe du vêtement en chiffon sont les seules issues honnêtes.

Le croisement, matière par matière

« Peinture » relève de la classe POL — polymères et adhésifs. « Vêtement et tissu » recouvre 4 classes de matière, et le verdict n’est pas le même d’une classe à l’autre. C’est pour cette raison que la page ne peut pas se résumer à un seul geste.

Fibre cellulosique M2 porosité forte

Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.

Ce qui agit sans abîmer

  • Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
  • Soude caustique hydroxyde de sodium Hydrolyse les esters et coupe les chaînes des polymères. C’est le principe actif des décapants de four et des débouchoirs.

Sous condition

  • Décapeur thermique Utilisable sur du bois en mouvement constant. Une buse qui stationne roussit la fibre, et la brûlure ne s’enlève plus.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Fibre protéique M1 porosité forte

Sa fibre est faite des mêmes protéines que la tache : kératine pour la laine, fibroïne pour la soie, collagène pour le cuir. Tout ce qui détruit une protéine détruit donc la matière. C’est la classe la plus étroite du site.

Ce qui agit sans abîmer

  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.

Sous condition

  • Acétone Sans danger pour la fibre elle-même, mais elle dissout les colorants et les apprêts.

Agit, mais détruit

  • Chaleur sèche La kératine et la fibroïne se dégradent bien avant la température d’un fer : la laine lustre et roussit, la soie jaunit et perd son brillant. La marque est définitive.
  • Décapeur thermique Il carbonise une fibre protéique en quelques secondes. Aucun emploi sur cette classe.
  • Eau chaude Au-delà de 30 °C, les écailles de la laine s’ouvrent et s’accrochent entre elles : le vêtement feutre et rétrécit sans retour.
  • Soude caustique Un pH supérieur à 11 hydrolyse la liaison peptidique. La fibre part en bouillie.

Le cas où l’on passe la main

Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.

Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle

Des chaînes de polymère non réticulées, qui glissent les unes sur les autres quand on les chauffe. D’où deux faiblesses propres : la fusion, dès 60 à 120 °C selon le plastique, et l’attaque par les solvants, qui s’insinuent entre les chaînes et font perdre sa cohésion à la matière.

Ce qui agit sans abîmer

  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
  • Soude caustique hydroxyde de sodium Hydrolyse les esters et coupe les chaînes des polymères. C’est le principe actif des décapants de four et des débouchoirs.

Sous condition

  • Dégraissant d’agrume Attaque le polystyrène et certains caoutchoucs. Essai obligatoire sur une face cachée.
  • Alcool isopropylique Le solvant le plus sûr de la famille sur les plastiques techniques, mais il attaque encore certains vernis et sérigraphies.

Agit, mais détruit

  • Acétone Elle dissout l’ABS, le polycarbonate, le plexiglas, l’acétate et le polystyrène. Elle ne les tache pas : elle les troue, les blanchit ou les fissure.
  • Dissolvant sans acétone Même famille de solvants, même risque sur les mêmes plastiques, en un peu plus lent.
  • Chaleur sèche Le polyester fond vers 250 °C mais se rétracte dès 120 °C, et l’élasthanne perd son élasticité dès 60 °C. Un fer laisse une marque lustrée définitive.
  • Décapeur thermique Un thermoplastique fond, gondole ou se rétracte bien avant de laisser partir ce qui est posé dessus. La déformation est définitive.

Revêtement et film M6 porosité nulle

La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.

Ce qui agit sans abîmer

  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.

Sous condition

  • White-spirit Toléré brièvement sur une carrosserie vernie, jamais sur une peinture mate ni sur un plastique de tableau de bord.
  • Alcool isopropylique Dilué à 30 %, sur chiffon, pour un écran ou un stratifié. Jamais versé, jamais sur un joint.
  • Soude caustique C’est le principe du décapant : elle enlève effectivement la peinture, y compris celle qu’on voulait garder.

Agit, mais détruit

  • Acétone Dissout tout vernis et toute peinture, y compris celle qu’on essaie de protéger. Sur une carrosserie, elle mate le vernis en quelques secondes.
  • Dissolvant sans acétone Même effet que l’acétone sur les vernis, à peine plus lent.
  • Décapeur thermique C’est exactement son emploi : il fait cloquer le film. Utile quand on veut décaper, destructeur quand on voulait seulement nettoyer.
  • Action mécanique Le film ne fait que quelques microns : le moindre abrasif le traverse et met le support à nu.

Ce qui aggrave la tache

  • Action mécanique Frotter avant d’avoir ramolli le réseau étire l’adhésif et le fait pénétrer plus profond dans la porosité ou la trame.

Ce qui ne sert à rien

  • Eau froide Un polymère réticulé n’est pas soluble dans l’eau, par définition.
  • Lessive enzymatique Aucune enzyme domestique ne coupe un polymère de synthèse.
  • Bicarbonate de sodium Trop peu abrasif pour attaquer un film dur, et chimiquement inerte sur lui.

Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.

Sur cette page, ne mélangez jamais

  • Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)

    Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.

  • Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux

    L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.

  • Eau de Javel+Acétone→ chloroforme et chloroacétone

    Réaction exothermique. La chloroacétone est un lacrymogène ; le chloroforme est toxique pour le foie. Cas typique : un flacon de dissolvant renversé sur un plan de travail qu’on vient de javelliser.

  • Soude caustique ou cristaux de soude+Aluminium→ dihydrogène

    L’aluminium est amphotère : il réagit avec les bases fortes. Le dégagement d’hydrogène est vif, inflammable, et dans un récipient fermé il monte en pression. La casserole en alu, elle, est perdue.

  • White-spirit, térébenthine, acétone+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables

    Ces solvants ont un point d’éclair bas et leurs vapeurs sont plus lourdes que l’air : elles s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.

La liste complète est sur la page sécurité.

Questions fréquentes

Combien de temps a-t-on avant qu’une peinture acrylique ne soit plus lavable à l’eau ?

Une acrylique reste soluble dans l’eau tant que son eau ne s’est pas évaporée, soit environ dix à trente minutes sur un tissu fin. Passé ce délai, les particules de résine fusionnent en un film continu qui n’est plus soluble dans l’eau, et il faut passer à un solvant.

L’acétone abîme-t-elle les vêtements ?

Elle ne détruit ni le coton, ni le lin, ni la laine, mais elle dissout les colorants et les apprêts, donc elle décolore. Surtout, elle dissout l’acétate, le triacétate et le modacrylique : sur ces fibres, souvent utilisées en doublure, elle ne tache pas, elle troue.

Peut-on mettre le vêtement en machine avec la tache de peinture ?

Non, tant que la tache est visible. Le cycle chauffe et le sèche-linge chauffe encore plus : la chaleur soude le film de peinture à la fibre, et le retrait devient impossible sans attaquer le tissu lui-même.

Sources et méthode

  • La classification du site : classe des polymères et adhésifs, classes de fibres protéique, cellulosique et synthétique
  • Les fiches d’agents de retrait et leur mode d’action : solvants, tensioactifs, action mécanique
  • L’étiquetage d’entretien normalisé des textiles

Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.