En bref

  • Le liant commande le solvant : l'acrylique est une émulsion aqueuse, la glycéro une résine alkyde qui ne cède qu'aux solvants pétroliers.
  • Le temps écoulé pèse plus que le produit : une acrylique fraîche part à l'eau tiède en cinq minutes, la même sèche depuis deux jours demande de l'acétone et de l'action mécanique.
  • Sur un support verni, laqué ou stratifié, le solvant qui dissout la peinture dissout aussi le film à préserver : c'est le cas où il faut choisir ce qu'on sacrifie.
  • La soude est le principe actif des décapants : elle enlève effectivement la peinture, y compris celle du support.

Sous le mot peinture vivent deux chimies opposées : l’acrylique est une résine en émulsion aqueuse, la glycéro une résine alkyde qui sèche par oxydation. La première part à l’eau tiède tant qu’elle est humide et devient insoluble une fois réticulée ; la seconde ne cède qu’aux solvants pétroliers, fraîche comme sèche. Le facteur qui décide n’est donc pas le produit qu’on va appliquer mais le liant du pot, et le temps écoulé depuis la projection.

Ce que c’est, et pourquoi ça tient

Une peinture, c’est trois choses : un pigment qui donne la couleur et l’opacité, un liant qui forme le film et le fait adhérer, et un diluant qui n’existe que pour permettre l’application et qui s’évapore. Le pigment ne pose pratiquement jamais de problème de retrait — c’est une poudre minérale inerte. Tout ce qui rend une tache de peinture difficile appartient au liant.

Le liant d’une peinture acrylique est une résine dispersée en fines particules dans de l’eau. Au séchage, l’eau part, les particules se rapprochent puis fusionnent, et les chaînes se lient entre elles : c’est la réticulation, et elle est sans retour. Cette prise se fait en deux temps très inégaux — le film cesse d’être collant en quinze à trente minutes, mais la réticulation continue pendant des jours. D’où l’observation que tout le monde a faite : la même trace part à l’eau le matin et résiste le lendemain.

Le liant d’une peinture glycéro est une résine alkyde diluée au white-spirit. Elle ne sèche pas par évaporation seule : elle durcit en captant l’oxygène de l’air, réaction entretenue par des sels métalliques appelés siccatifs. Cela explique deux choses. La glycéro reste attaquable au solvant plus longtemps que l’acrylique, et elle continue à durcir des semaines après avoir paru sèche, ce qui rend une vieille tache franchement plus dure qu’une tache d’un mois.

Les cas particuliers se rangent sans peine dans ce schéma. Une laque est une glycéro ou une acrylique très chargée en liant, donc un film plus épais et plus résistant. Un vernis est le même liant sans pigment. Une lasure est un liant très dilué qui pénètre le bois au lieu de rester dessus, et c’est ce qui la rend impossible à retirer sans enlever du bois.

Ce qui la fait partir

La règle générale de la classe s’applique ici sans nuance : on ne dilue pas un réseau, on gonfle son liant avec un solvant de même affinité, puis on décolle le film ramolli par cisaillement. Ce qui change, c’est quel solvant a la bonne affinité, et cela se déduit du liant.

Sur une acrylique encore humide, l’eau tiède et un tensioactif font tout le travail en quelques minutes, parce que le liant n’a pas fini de réticuler et que le milieu d’origine était aqueux. Sur une acrylique sèche, il faut passer à un solvant cétonique ou ester — acétone, ou acétate d’éthyle si le support est fragile — et accepter que le retrait soit progressif : on imbibe, on attend, on racle, on recommence. Sur une glycéro, fraîche ou sèche, ce sont le white-spirit et la térébenthine qui gonflent l’alkyde, la térébenthine étant la plus efficace des deux sur un film récent.

Deux autres leviers existent et méritent d’être connus pour ce qu’ils sont. La chaleur ramollit le film et le fait cloquer, ce qui est le principe du décapage thermique sur une menuiserie ; elle est sans intérêt sur une tache ponctuelle et dangereuse sur tout support thermosensible. La soude, sous forme de cristaux ou de décapant du commerce, coupe les chaînes du liant par hydrolyse — elle enlève réellement la peinture, mais sans faire de différence entre celle qui gêne et celle qu’on voulait garder.

Il reste une question de méthode qui vaut plus que le choix du produit : le solvant doit rester en contact. Une goutte d’acétone posée sur une acrylique sèche s’évapore en vingt secondes, et vingt secondes ne suffisent pas à gonfler un film. Un tampon de coton imbibé, maintenu et éventuellement couvert d’un film plastique pour freiner l’évaporation, transforme un échec en réussite sans changer de produit.

Selon la matière

Sur une fibre protéique, la marge est très étroite. L’acétone ne détruit pas la laine ni la soie, mais elle dissout leurs colorants et leurs apprêts, ce qui remplace la tache par une auréole claire. L’eau chaude est interdite au-delà de trente degrés, la soude et le carbonate hydrolysent la fibre. La conclusion honnête sur un pull en laine taché de glycéro sèche est qu’on ne récupère pas la pièce chez soi.

La fibre cellulosique ouvre toutes les voies : eau chaude, alcalin, solvant, brossage. Un coton taché d’acrylique fraîche se rince entièrement. Le seul vrai obstacle est la porosité, parce que la peinture liquide a traversé la trame et enrobé les fils sur toute leur épaisseur : on travaille alors par l’envers, avec un absorbant dessous, pour pousser le liant vers l’extérieur et non vers l’autre face. Sur un bois brut, l’eau lève le grain et le carbonate le noircit ; on préfère le solvant, puis le ponçage.

Le synthétique thermoplastique demande de renoncer au solvant le plus efficace. L’acétone et l’acétate d’éthyle dissolvent l’ABS, le polycarbonate, le plexiglas, le polystyrène et l’acétate de cellulose ; le dommage n’est pas une marque mais un voile, une fissuration ou un trou. L’alcool isopropylique attaque moins ces plastiques mais gonfle peu une acrylique réticulée : sur ce couple, la vérité est qu’on n’a souvent pas d’outil, et qu’un raclage patient à la spatule plastique fait mieux que n’importe quel flacon.

Sur un minéral poreux — béton, joint, pierre, plâtre — le retrait est presque toujours partiel. Le liant a pénétré les pores, et ce qui est dedans ne remonte pas. On enlève le film de surface au solvant et à la spatule, on accepte une ombre, et on écarte les acides qui n’ont rien à faire là et dissolvent le carbonate. Sur le minéral vitrifié, en revanche, tout est permis : la peinture reste posée dessus, un solvant et une lame à plat la retirent en entier sur du verre, et le seul interdit est l’abrasif sur du chrome ou de l’inox brossé.

Le revêtement est le cas où la page doit dire quelque chose de désagréable. Un vernis, une laque, un stratifié, un cuir pigmenté, une carrosserie : le film à préserver est de la même famille chimique que la tache. Aucun solvant ne sait faire la différence entre les deux, et le choix est donc de laisser la goutte de peinture ou d’accepter une marque mate à sa place. Sur une peau, l’affaire est plus simple qu’elle n’en a l’air : de l’huile, du savon, du temps, et la peinture part avec la couche cornée en quelques jours. L’acétone et le white-spirit sont ici formellement à éviter, le premier pour la dermatite qu’il provoque, le second parce qu’il traverse la barrière cutanée.

Les erreurs qui la fixent

Attendre. C’est la seule erreur qui coûte à peu près toujours le résultat, parce que la réticulation avance pendant qu’on cherche un produit. Le bon réflexe sur une projection est de rincer immédiatement à l’eau tiède si le pot était en phase aqueuse, sans passer par une recherche préalable.

Frotter à sec vient ensuite. Sur une peinture encore humide, le frottement multiplie la surface par trois et fait entrer le liant dans la trame ; sur une peinture sèche, il polit le film sans l’enlever et lustre le support autour. Dans les deux cas on a perdu du terrain.

Passer directement au décapant sur une petite tache est une erreur de proportion. La soude enlève la peinture, mais elle enlève aussi la finition, elle noircit l’aluminium en dégageant de l’hydrogène inflammable, et elle brûle la peau sans douleur immédiate. Un décapant se justifie pour refaire une porte, pas pour une goutte sur un plan de travail.

Enfin, chauffer une tache de peinture sur un textile est une fausse bonne idée par confusion de classe. La chaleur sèche ramollit un film de peinture, mais elle marque définitivement le polyester dès cent vingt degrés et elle cuirait au passage toute protéine présente dans la même zone. Les incompatibilités de ce genre sont rassemblées sur la page sécurité.

Reconnaître le liant quand le pot a disparu

Le plus souvent, la tache est découverte sans savoir ce qui l’a faite. Trois indices suffisent à trancher. L’odeur d’abord : une glycéro garde une odeur de solvant pétrolier pendant des jours, une acrylique n’a presque aucune odeur passé la première heure.

L’aspect ensuite. Une glycéro sèche forme un film tendu, brillant, un peu élastique sous l’ongle, qui jaunit avec le temps ; une acrylique sèche est plus mate, plus sèche au toucher et plus cassante. Une acrylique se craquèle quand on plie le support, une glycéro s’étire.

Le test au solvant enfin, sur un point discret, avec un coton-tige. Un coton-tige d’alcool à brûler ramollit et colore légèrement une acrylique récente, et ne fait rien à une glycéro. Un coton-tige de white-spirit ramollit une glycéro et glisse sur une acrylique réticulée. Ce test prend une minute et il oriente tout le reste du travail, ce qui en fait le meilleur investissement de l’opération.

Une remarque de méthode pour finir. Sur un support vertical comme un mur, la question du liant se double d’une question de finition : sur une peinture murale mate, la zone frottée devient brillante et le remède se voit plus que le mal. La logique de retrait par gonflement du liant, elle, est la même que pour la colle, et les modes d’action de chaque produit cité figurent sur la page des agents.

Le croisement, matière par matière

Peinture relève de la classe POL — polymères et adhésifs. Le tableau ci-dessous donne, pour chacune des sept classes de matières du site, ce qui agit et ce qui détruit. Il est calculé, pas rédigé : il ne peut donc pas contredire les pages de couple.

Fibre cellulosique M2 porosité forte

Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.

Ce qui agit sans abîmer

  • Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
  • Soude caustique hydroxyde de sodium Hydrolyse les esters et coupe les chaînes des polymères. C’est le principe actif des décapants de four et des débouchoirs.

Sous condition

  • Décapeur thermique Utilisable sur du bois en mouvement constant. Une buse qui stationne roussit la fibre, et la brûlure ne s’enlève plus.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Minéral vitrifié et métal M5 porosité nulle

Aucune porosité : la tache reste posée dessus, ce qui autorise des solvants et des acides interdits ailleurs. La vulnérabilité se déplace vers deux autres choses — la rayure, définitive sur le verre et le chrome, et la corrosion électrochimique des métaux.

Ce qui agit sans abîmer

  • Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Décapeur thermique Ramollit un film de peinture ou de vernis jusqu’à ce qu’il cloque et se soulève, pour être poussé à la spatule. Le mécanisme n’est pas la migration dans un absorbant mais le décollement par perte de cohésion du liant.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

  • Soude caustique Attaque l’aluminium et dégage de l’hydrogène inflammable. Une casserole en alu noircit et se pique définitivement.

Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle

Des chaînes de polymère non réticulées, qui glissent les unes sur les autres quand on les chauffe. D’où deux faiblesses propres : la fusion, dès 60 à 120 °C selon le plastique, et l’attaque par les solvants, qui s’insinuent entre les chaînes et font perdre sa cohésion à la matière.

Ce qui agit sans abîmer

  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
  • Soude caustique hydroxyde de sodium Hydrolyse les esters et coupe les chaînes des polymères. C’est le principe actif des décapants de four et des débouchoirs.

Sous condition

  • Dégraissant d’agrume Attaque le polystyrène et certains caoutchoucs. Essai obligatoire sur une face cachée.
  • Alcool isopropylique Le solvant le plus sûr de la famille sur les plastiques techniques, mais il attaque encore certains vernis et sérigraphies.

Agit, mais détruit

  • Acétone Elle dissout l’ABS, le polycarbonate, le plexiglas, l’acétate et le polystyrène. Elle ne les tache pas : elle les troue, les blanchit ou les fissure.
  • Dissolvant sans acétone Même famille de solvants, même risque sur les mêmes plastiques, en un peu plus lent.
  • Chaleur sèche Le polyester fond vers 250 °C mais se rétracte dès 120 °C, et l’élasthanne perd son élasticité dès 60 °C. Un fer laisse une marque lustrée définitive.
  • Décapeur thermique Un thermoplastique fond, gondole ou se rétracte bien avant de laisser partir ce qui est posé dessus. La déformation est définitive.

Minéral poreux M4 porosité forte

Un réseau de pores ouverts qui aspire tout liquide par capillarité : une tache grasse y descend de plusieurs millimètres. Et la moitié de ces matières est faite de carbonate de calcium, donc soluble dans le moindre acide — y compris le liant du ciment.

Ce qui agit sans abîmer

  • Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Décapeur thermique Ramollit un film de peinture ou de vernis jusqu’à ce qu’il cloque et se soulève, pour être poussé à la spatule. Le mécanisme n’est pas la migration dans un absorbant mais le décollement par perte de cohésion du liant.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
  • Soude caustique hydroxyde de sodium Hydrolyse les esters et coupe les chaînes des polymères. C’est le principe actif des décapants de four et des débouchoirs.

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Le cas où l’on passe la main

Marbre gravé, pierre tachée en profondeur, dalle ancienne : le reponçage et le cataplasme de reprise sont des métiers. Un essai maison sur une pierre calcaire tachée finit presque toujours par une auréole plus large.

Fibre protéique M1 porosité forte

Sa fibre est faite des mêmes protéines que la tache : kératine pour la laine, fibroïne pour la soie, collagène pour le cuir. Tout ce qui détruit une protéine détruit donc la matière. C’est la classe la plus étroite du site.

Ce qui agit sans abîmer

  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.

Sous condition

  • Acétone Sans danger pour la fibre elle-même, mais elle dissout les colorants et les apprêts.

Agit, mais détruit

  • Chaleur sèche La kératine et la fibroïne se dégradent bien avant la température d’un fer : la laine lustre et roussit, la soie jaunit et perd son brillant. La marque est définitive.
  • Décapeur thermique Il carbonise une fibre protéique en quelques secondes. Aucun emploi sur cette classe.
  • Eau chaude Au-delà de 30 °C, les écailles de la laine s’ouvrent et s’accrochent entre elles : le vêtement feutre et rétrécit sans retour.
  • Soude caustique Un pH supérieur à 11 hydrolyse la liaison peptidique. La fibre part en bouillie.

Le cas où l’on passe la main

Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.

Revêtement et film M6 porosité nulle

La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.

Ce qui agit sans abîmer

  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.

Sous condition

  • White-spirit Toléré brièvement sur une carrosserie vernie, jamais sur une peinture mate ni sur un plastique de tableau de bord.
  • Alcool isopropylique Dilué à 30 %, sur chiffon, pour un écran ou un stratifié. Jamais versé, jamais sur un joint.
  • Soude caustique C’est le principe du décapant : elle enlève effectivement la peinture, y compris celle qu’on voulait garder.

Agit, mais détruit

  • Acétone Dissout tout vernis et toute peinture, y compris celle qu’on essaie de protéger. Sur une carrosserie, elle mate le vernis en quelques secondes.
  • Dissolvant sans acétone Même effet que l’acétone sur les vernis, à peine plus lent.
  • Décapeur thermique C’est exactement son emploi : il fait cloquer le film. Utile quand on veut décaper, destructeur quand on voulait seulement nettoyer.
  • Action mécanique Le film ne fait que quelques microns : le moindre abrasif le traverse et met le support à nu.

Peau vivante M7 porosité faible

La seule matière du site qui se répare toute seule. C’est ce qui change entièrement la stratégie : on ne cherche pas le retrait rapide mais le retrait sans lésion, et attendre est presque toujours la meilleure option. La couche cornée se renouvelle en deux à quatre semaines.

Ce qui agit sans abîmer

  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.

Sous condition

  • Huile alimentaire ou beurre Le premier choix sur la peau : sans risque, lent, efficace sur la plupart des adhésifs et des corps gras.

Agit, mais détruit

  • Acétone Dissout le film lipidique de la peau et provoque une dermatite de contact : dessèchement, fissures, sensibilisation durable.
  • White-spirit Passe la barrière cutanée. Neurotoxique, et interdit sur les mains d’un enfant.
  • Décapeur thermique Brûlure thermique immédiate. Un décapeur souffle entre trois cents et cinq cent cinquante degrés.
  • Soude caustique Brûlure chimique profonde, et indolore au premier contact — c’est ce qui la rend dangereuse.

Le cas où l’on passe la main

Paupière, lèvre, œil ou surface étendue collés : service d’urgences, sans rien tenter. Un décollement forcé de la paupière arrache la cornée.

Ce qui aggrave la tache

  • Action mécanique Frotter avant d’avoir ramolli le réseau étire l’adhésif et le fait pénétrer plus profond dans la porosité ou la trame.

Ce qui ne sert à rien

  • Eau froide Un polymère réticulé n’est pas soluble dans l’eau, par définition.
  • Lessive enzymatique Aucune enzyme domestique ne coupe un polymère de synthèse.
  • Bicarbonate de sodium Trop peu abrasif pour attaquer un film dur, et chimiquement inerte sur lui.

Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.

Sur cette page, ne mélangez jamais

  • Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)

    Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.

  • Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux

    L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.

  • Eau de Javel+Acétone→ chloroforme et chloroacétone

    Réaction exothermique. La chloroacétone est un lacrymogène ; le chloroforme est toxique pour le foie. Cas typique : un flacon de dissolvant renversé sur un plan de travail qu’on vient de javelliser.

  • Soude caustique ou cristaux de soude+Aluminium→ dihydrogène

    L’aluminium est amphotère : il réagit avec les bases fortes. Le dégagement d’hydrogène est vif, inflammable, et dans un récipient fermé il monte en pression. La casserole en alu, elle, est perdue.

  • White-spirit, térébenthine, acétone+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables

    Ces solvants ont un point d’éclair bas et leurs vapeurs sont plus lourdes que l’air : elles s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.

La liste complète est sur la page sécurité.

Questions fréquentes

Comment enlever de la peinture acrylique séchée ?

Une acrylique réticulée n'est plus soluble dans l'eau : il faut un solvant qui gonfle sa résine, acétone ou acétate d'éthyle, puis un décollement à la spatule. Sur un plastique ou un vernis, ces deux solvants attaquent le support avant la peinture, et il faut alors renoncer au retrait complet.

Quelle différence entre acrylique et glycéro pour le nettoyage ?

L'acrylique est une résine en émulsion dans l'eau : elle se rince à l'eau tiède tant qu'elle est humide. La glycéro est une résine alkyde qui sèche par oxydation à l'air et ne cède qu'au white-spirit ou à la térébenthine, y compris quand elle est fraîche.

Le vinaigre blanc enlève-t-il la peinture ?

Non. Le vinaigre dissout les carbonates, et une peinture sèche n'en contient pas sous une forme accessible. Sur une pierre calcaire ou un joint de ciment, il abîmera le support sans toucher la tache.

Combien de temps ai-je pour rattraper une projection de peinture ?

Sur une peinture en phase aqueuse, la fenêtre confortable se compte en minutes, et elle se referme dès que le film ne brille plus. Sur une glycéro, le film reste attaquable au solvant pendant plusieurs heures, mais il continue à durcir pendant des semaines.

Sources et méthode

  • Classification interne du site : classes de taches et classes de matières
  • Modes d'action des agents de retrait déclarés sur la page Agents
  • Notices techniques des peintures en phase aqueuse et en phase solvant

Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.