En bref

  • Sur un carreau émaillé, une goutte de peinture sèche s’enlève à la lame tenue à plat, mouillée, sans solvant : le vitrifié n’a pas de porosité où la peinture s’accroche.
  • Sur un joint de ciment, la peinture est descendue dans les pores et ne remonte pas : le joint se creuse et se regarnit, il ne se détache pas.
  • Aucun acide sur un joint, un carreau de terre cuite ou une pierre calcaire : il dissout le carbonate qui sert de liant et laisse un creux sableux.
  • Un décapant à la soude attaque l’aluminium des seuils et des baguettes de finition, avec dégagement d’hydrogène.

Sur un carreau émaillé, une goutte de peinture sèche s’enlève à la lame tenue presque à plat, surface mouillée, sans aucun produit : le vitrifié n’offre aucune porosité où la peinture puisse s’ancrer. Sur le joint de ciment qui borde ce même carreau, à trois millimètres de là, la peinture est descendue dans les pores et n’en ressortira pas. Un carrelage taché de peinture est donc deux chantiers, pas un, et les traiter ensemble est exactement ce qui abîme les sols.

Identifier ce qu’on a devant soi

Le carreau se qualifie en une seconde, à l’œil et au doigt. Un carreau brillant, froid, sur lequel une goutte d’eau reste ronde et glisse, est émaillé ou vitrifié : c’est un minéral non poreux, la matière la plus tolérante de la maison après le verre. Un carreau mat, légèrement râpeux, qui boit la goutte et l’assombrit, est une terre cuite, une tomette, une pierre ou un béton : c’est un minéral poreux, et rien de ce qui suit ne s’y applique.

Le test décisif tient à une goutte de vinaigre blanc posée dans un angle discret. Si elle mousse, la matière contient du carbonate de calcium : c’est du calcaire, du marbre, du travertin ou un joint de ciment, et aucun acide n’est utilisable dessus. Ce test coûte trente secondes et sépare les deux moitiés de cette page.

Reste à savoir quelle peinture on a. Une acrylique est une émulsion aqueuse : encore humide, elle part à l’eau tiède et à la raclette de sol, avant tout autre geste. Une glycéro est une résine alkyde qui durcit en s’oxydant, et qui ne cède qu’aux solvants pétroliers ; la distinction complète est traitée sur la page de la peinture et de son liant. Sur du carrelage émaillé, la différence pèse moins qu’ailleurs, parce que le film n’adhère à rien : le mécanique fait l’essentiel du travail dans les deux cas.

Le mode opératoire

Sur le carreau émaillé, on ramollit peu et on cisaille beaucoup. La séquence tient en cinq gestes, pour une projection ou quelques gouttes.

  1. Mouiller la zone à l’eau chaude savonneuse et laisser cinq minutes. L’eau ne dissout rien, mais elle lubrifie la lame et évite qu’elle ne raye en accrochant un grain de sable.
  2. Poser une lame de rasoir ou un grattoir à vitre presque à plat, à moins de trente degrés, et pousser en une seule passe franche. Une lame relevée mord l’émail ; une lame à plat passe dessous.
  3. Répéter par petites zones, en remouillant, sans jamais gratter à sec. Vider les copeaux au fur et à mesure : un éclat de peinture pris sous la lame raye plus sûrement que la lame.
  4. Sur un résidu de film mince que la lame ne prend plus, tamponner à l’acétone ou à l’acétate d’éthyle sur un chiffon, trente secondes, puis relame. Le solvant sert à gonfler le film, pas à l’emporter.
  5. Rincer à l’eau claire et essuyer. Le carreau émaillé ne garde aucune trace du solvant ; le joint voisin, lui, garde tout ce qui a coulé dessus.

Sur le joint, le travail change de nature. La peinture a pénétré un réseau de pores ouverts, et aucun solvant ne remonte un pigment logé à un millimètre de profondeur : il le redissout et le fait descendre plus bas. La seule voie honnête est le retrait de matière.

  1. Protéger les carreaux avec un adhésif de masquage de part et d’autre du joint, pour ne pas déraper.
  2. Creuser le joint au grattoir à joint ou à la pointe de carbure, sur un à deux millimètres, jusqu’à retrouver du mortier propre.
  3. Aspirer la poussière, laisser sécher, puis regarnir le joint et lisser au doigt mouillé.

Grande surface : décapant ou mécanique

Sur quelques gouttes, la question ne se pose pas. Sur un sol entier peint par un ancien propriétaire, elle se pose vraiment, et les deux réponses ont un coût. Un décapant chimique agit par la soude caustique, qui coupe les chaînes du polymère : elle enlève effectivement la peinture, et c’est même son seul mode d’action. Le mécanique, lui, passe par une monobrosse ou une ponceuse, qui travaillent vite mais ne distinguent pas le film du joint.

Le décapant a trois contreparties précises, à peser avant d’ouvrir le bidon. La soude produit une brûlure chimique profonde et indolore au premier contact, ce qui est exactement ce qui la rend dangereuse : gants épais, lunettes, manches longues. Elle dégage de l’hydrogène inflammable au contact de l’aluminium, or un sol en comporte souvent sans qu’on y pense — seuils de porte, baguettes de finition, pieds de meubles ; le tableau des incompatibilités détaille cette réaction. Et le film dissous devient un liquide coloré que la porosité du joint aspire par capillarité : le carreau ressort propre, le joint ressort teinté.

Le mécanique, dans les mêmes conditions, abîme moins et fatigue plus. Il ne salit pas les joints puisqu’il n’y a pas de liquide, mais il ouvre la porosité de tout ce qui n’est pas vitrifié, et une surface poreuse ouverte est plus salissante qu’avant. Sur un carrelage émaillé en bon état, c’est la solution la plus sûre ; sur une terre cuite ou une pierre, elle appelle un reponçage complet, donc un professionnel.

Ce qui ne marche pas, et pourquoi

L’eau chaude seule, même bouillante, ne fait rien à une peinture sèche. Un polymère réticulé n’est pas soluble dans l’eau par définition : c’est un réseau continu, pas une poudre agglomérée. L’eau chaude n’a d’intérêt que pour lubrifier la lame et pour reprendre une acrylique encore humide.

Le détartrant de salle de bain, souvent essayé parce qu’il est puissant, se trompe de cible. Son acide dissout le carbonate de calcium, et une résine de peinture n’en contient pas ; en revanche le joint de ciment en est fait, et la pierre calcaire aussi. Le résultat est constant : la peinture reste, le joint devient sableux et se creuse, la pierre garde une zone mate en léger creux qu’on appelle une gravure et qui ne se rattrape qu’au reponçage.

L’éponge abrasive verte passée en rond sur un carreau satiné est la troisième fausse bonne idée. Elle enlève la peinture et laisse une plage lustrée dont le reflet diffère du reste du sol. Sur un émail brillant, elle passe souvent inaperçue ; sur un grès cérame mat, la marque est définitive et plus visible que la tache de peinture d’origine.

Le cas où il faut s’arrêter

Le marbre, la pierre calcaire, le travertin, la terre cuite et le béton ciré sortent du cadre de cette page. Ces matières sont poreuses et, pour la plupart, faites du même carbonate que le dépôt qu’on voudrait dissoudre : la peinture y est entrée, et tout ce qui l’attaquerait attaque la pierre. Sur une dalle ancienne ou un sol de valeur, le cataplasme de reprise et le reponçage sont des métiers, et un essai maison finit presque toujours par une auréole plus large que la tache.

Deux autres arrêts sont utiles. Une peinture au plomb, possible sur un sol repeint avant 1949, interdit le ponçage à sec et le décapage thermique, qui mettent la poussière et les fumées en suspension. Et un joint qui se creuse déjà, s’effrite ou laisse passer l’eau ne se nettoie pas : il se refait, comme se refait un joint silicone de baignoire, et la surface d’un sol dur se juge toujours à son point faible, pas à son carreau.

Le croisement, matière par matière

« Peinture » relève de la classe POL — polymères et adhésifs. « Sol dur » recouvre 4 classes de matière, et le verdict n’est pas le même d’une classe à l’autre. C’est pour cette raison que la page ne peut pas se résumer à un seul geste.

Minéral vitrifié et métal M5 porosité nulle

Aucune porosité : la tache reste posée dessus, ce qui autorise des solvants et des acides interdits ailleurs. La vulnérabilité se déplace vers deux autres choses — la rayure, définitive sur le verre et le chrome, et la corrosion électrochimique des métaux.

Ce qui agit sans abîmer

  • Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Décapeur thermique Ramollit un film de peinture ou de vernis jusqu’à ce qu’il cloque et se soulève, pour être poussé à la spatule. Le mécanisme n’est pas la migration dans un absorbant mais le décollement par perte de cohésion du liant.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

  • Soude caustique Attaque l’aluminium et dégage de l’hydrogène inflammable. Une casserole en alu noircit et se pique définitivement.

Minéral poreux M4 porosité forte

Un réseau de pores ouverts qui aspire tout liquide par capillarité : une tache grasse y descend de plusieurs millimètres. Et la moitié de ces matières est faite de carbonate de calcium, donc soluble dans le moindre acide — y compris le liant du ciment.

Ce qui agit sans abîmer

  • Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Décapeur thermique Ramollit un film de peinture ou de vernis jusqu’à ce qu’il cloque et se soulève, pour être poussé à la spatule. Le mécanisme n’est pas la migration dans un absorbant mais le décollement par perte de cohésion du liant.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
  • Soude caustique hydroxyde de sodium Hydrolyse les esters et coupe les chaînes des polymères. C’est le principe actif des décapants de four et des débouchoirs.

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Le cas où l’on passe la main

Marbre gravé, pierre tachée en profondeur, dalle ancienne : le reponçage et le cataplasme de reprise sont des métiers. Un essai maison sur une pierre calcaire tachée finit presque toujours par une auréole plus large.

Revêtement et film M6 porosité nulle

La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.

Ce qui agit sans abîmer

  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.

Sous condition

  • White-spirit Toléré brièvement sur une carrosserie vernie, jamais sur une peinture mate ni sur un plastique de tableau de bord.
  • Alcool isopropylique Dilué à 30 %, sur chiffon, pour un écran ou un stratifié. Jamais versé, jamais sur un joint.
  • Soude caustique C’est le principe du décapant : elle enlève effectivement la peinture, y compris celle qu’on voulait garder.

Agit, mais détruit

  • Acétone Dissout tout vernis et toute peinture, y compris celle qu’on essaie de protéger. Sur une carrosserie, elle mate le vernis en quelques secondes.
  • Dissolvant sans acétone Même effet que l’acétone sur les vernis, à peine plus lent.
  • Décapeur thermique C’est exactement son emploi : il fait cloquer le film. Utile quand on veut décaper, destructeur quand on voulait seulement nettoyer.
  • Action mécanique Le film ne fait que quelques microns : le moindre abrasif le traverse et met le support à nu.

Fibre cellulosique M2 porosité forte

Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.

Ce qui agit sans abîmer

  • Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
  • Soude caustique hydroxyde de sodium Hydrolyse les esters et coupe les chaînes des polymères. C’est le principe actif des décapants de four et des débouchoirs.

Sous condition

  • Décapeur thermique Utilisable sur du bois en mouvement constant. Une buse qui stationne roussit la fibre, et la brûlure ne s’enlève plus.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Ce qui aggrave la tache

  • Action mécanique Frotter avant d’avoir ramolli le réseau étire l’adhésif et le fait pénétrer plus profond dans la porosité ou la trame.

Ce qui ne sert à rien

  • Eau froide Un polymère réticulé n’est pas soluble dans l’eau, par définition.
  • Lessive enzymatique Aucune enzyme domestique ne coupe un polymère de synthèse.
  • Bicarbonate de sodium Trop peu abrasif pour attaquer un film dur, et chimiquement inerte sur lui.

Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.

Sur cette page, ne mélangez jamais

  • Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)

    Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.

  • Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux

    L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.

  • Eau de Javel+Acétone→ chloroforme et chloroacétone

    Réaction exothermique. La chloroacétone est un lacrymogène ; le chloroforme est toxique pour le foie. Cas typique : un flacon de dissolvant renversé sur un plan de travail qu’on vient de javelliser.

  • Soude caustique ou cristaux de soude+Aluminium→ dihydrogène

    L’aluminium est amphotère : il réagit avec les bases fortes. Le dégagement d’hydrogène est vif, inflammable, et dans un récipient fermé il monte en pression. La casserole en alu, elle, est perdue.

  • White-spirit, térébenthine, acétone+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables

    Ces solvants ont un point d’éclair bas et leurs vapeurs sont plus lourdes que l’air : elles s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.

La liste complète est sur la page sécurité.

Questions fréquentes

Peut-on gratter de la peinture sur du carrelage avec une lame de rasoir ?

Sur un carreau émaillé brillant, oui, à condition de travailler mouillé et de tenir la lame presque à plat contre la surface. Sur un grès cérame satiné, un carreau mat ou une pierre naturelle, la lame laisse un lustre visible : il faut essayer d’abord dans un angle caché.

Le vinaigre blanc enlève-t-il la peinture d’un carrelage ?

Non. Le vinaigre dissout les carbonates, et une résine de peinture n’en contient pas. Sur les joints de ciment et sur la pierre calcaire, il attaque en revanche le liant de la matière elle-même, qui devient sableuse et se creuse.

Comment rattraper un joint de carrelage taché de peinture ?

On ne le détache pas : le joint est poreux et la peinture est descendue dedans. On le gratte au grattoir à joint sur un à deux millimètres de profondeur, puis on le regarnit. C’est une réparation, pas un nettoyage.

Sources et méthode

  • La classification du site : classe des polymères et adhésifs, minéral vitrifié et minéral poreux
  • Les fiches d’agents et leur mode d’action : solvants, alcalins, acides, action mécanique
  • Le tableau des incompatibilités du site, dont acide sur carbonate et soude sur aluminium

Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.