En bref

  • Aucun solvant domestique ne dissout un silicone réticulé : son squelette est une chaîne de silicium et d'oxygène, sans carbone à attaquer.
  • Le retrait est entièrement mécanique : on coupe le joint en deux passes de lame, puis on tire le cordon d'un seul morceau.
  • L'acétone et le white-spirit servent après le retrait, pour dégraisser le support — pas pendant, où ils ne font rien.
  • Un joint neuf qui décolle en trois mois n'a presque jamais été mal appliqué : le film résiduel de l'ancien n'avait pas été enlevé.

Aucun solvant vendu en grande surface ne dissout un joint silicone durci, et ce n’est pas une question de dosage : son squelette est une chaîne de silicium et d’oxygène, une structure minérale que les solvants organiques ne savent pas attaquer. Le retrait est donc entièrement mécanique — on coupe, on tire, on racle. L’acétone et le white-spirit ont un rôle réel dans l’opération, mais il arrive après, pour préparer le support à recevoir le joint neuf.

Ce que c’est, et pourquoi ça tient

Un mastic silicone est un polysiloxane : une longue chaîne où alternent un atome de silicium et un atome d’oxygène, chaque silicium portant deux groupes méthyle sur les côtés. C’est la seule substance du site dont l’ossature ne contient pas de carbone, et cette différence explique tout le reste. Les solvants organiques dissolvent ce qui leur ressemble, c’est-à-dire des molécules bâties sur le carbone ; ici, il n’y a rien de familier à dissoudre.

À l’application, le mastic sort de la cartouche à l’état de chaînes séparées. Il réticule ensuite au contact de l’humidité de l’air : des ponts se créent d’une chaîne à l’autre, et le cordon devient un réseau unique, élastique, continu. Un joint acétoxy, le plus courant en salle de bain, libère de l’acide acétique pendant cette prise — c’est cette odeur de vinaigre qui signale sa présence, et elle disparaît une fois le joint sec.

Deux propriétés de la liaison silicium-oxygène font la longévité du produit. Elle est nettement plus solide que la liaison carbone-carbone, ce qui rend le joint indifférent à la chaleur, aux ultraviolets et à l’eau bouillante. Et les groupes méthyle tournés vers l’extérieur sont franchement hydrophobes : l’eau ne mouille pas la surface, elle perle et coule. Un joint de douche tient dix ans pour cette raison, pas parce qu’il aurait été bien posé.

Reste une conséquence gênante pour qui veut l’enlever. Le réseau réticulé est élastique et non cassant : il s’étire au lieu de se rompre, et il résiste au cisaillement. On ne peut donc ni le fracturer par le froid, comme un chewing-gum, ni le gonfler assez pour qu’il lâche, comme une colle.

Ce qui la fait partir

Une lame, dans le bon ordre. Le joint est un cordon triangulaire posé dans un angle, et il adhère sur ses deux faces collées : la coupe doit donc libérer ces deux faces avant qu’on puisse tirer. On passe le cutter le long de la première paroi, en gardant la lame bien à plat contre elle, puis le long de la seconde. Deux passes franches valent mieux que dix passes hésitantes, qui laissent des lambeaux.

Le cordon se retire ensuite à la main, et c’est le moment agréable de l’opération : dégagé de ses deux appuis, il vient souvent d’un seul morceau sur un mètre. On tire lentement, à faible angle, en accompagnant plutôt qu’en arrachant — une traction brutale casse le cordon et oblige à recommencer la coupe. Une pince à becs plats aide sur les portions étroites.

Ce que les gels dits décolleurs de silicone apportent réellement mérite d’être dit sans exagération : ils gonflent la surface du joint sur quelques dixièmes de millimètre, ce qui l’amollit et rend la coupe plus nette. Ils ne dissolvent rien et ne dispensent pas de la lame. Le white-spirit produit le même gonflement, encore plus léger. Aucun des deux ne fait le retrait.

Vient enfin la phase que presque tout le monde escamote, et qui décide de la réussite : le film résiduel. Après le passage de la lame, il reste sur le support une pellicule de silicone de quelques microns, invisible et parfaitement lisse. C’est là que l’acétone, le white-spirit ou l’alcool isopropylique trouvent leur emploi véritable — non pour attaquer le silicone, mais pour dégraisser et emporter ce que la lame a laissé.

Selon la matière

Sur un minéral vitrifié — émail de baignoire, faïence, grès cérame, verre — la lame d’acier est utilisable, et c’est la situation la plus confortable. On travaille à plat, jamais de pointe, et jamais sur un angle de vitrage : c’est l’arête qui amorce une casse. L’émail se raye tout de même sous une pression appuyée, donc on laisse la lame couper au lieu de forcer.

Sur un synthétique thermoplastique, la lame devient l’ennemi. Une baignoire ou un bac de douche en acrylique, un cadre de fenêtre en PVC, un panneau en ABS : ces matières se rayent à la dureté d’un ongle, et la rayure ne se rattrape pas. On passe à une lame plastique ou à une spatule dure, on accepte d’y consacrer trois fois plus de temps, et on renonce à l’acétone pour le dégraissage final — elle troue l’ABS et le polycarbonate. L’alcool isopropylique est ici le seul solvant raisonnable.

Sur un minéral poreux — joint de ciment, pierre, béton, marbre — le problème change de nature. Le silicone frais a pénétré la porosité avant de réticuler, et ce qui est descendu dans les pores n’en ressortira pas. On enlève le cordon, on dégraisse, et il reste une ombre grise ou un aspect satiné localisé qui fait partie du résultat. Aucun acide n’aide, et le vinaigre est même formellement à écarter : il dissout le carbonate de calcium de la pierre et du liant.

Sur un revêtement — stratifié, mélaminé, carrosserie vernie, laque — la contrainte est double. La lame traverse un film de quelques microns et met le support à nu, et l’acétone dissout ce même film. Il ne reste que la spatule plastique, le temps, et un dégraissage à l’isopropanol dilué. Sur une fibre cellulosique comme un bois brut, le silicone imprègne le fil : la zone garde une empreinte hydrophobe qui refuse ensuite la peinture, le vernis et la lasure, ce qui impose un ponçage.

Sur une fibre protéique — laine, soie, cuir — le mastic frais s’enlève au chiffon sec sans solvant, et le mastic durci ne s’enlève pas du tout : la fibre partirait avec. Sur la peau, il n’y a pas de risque chimique de collage, parce que le silicone n’adhère pas à l’épiderme humide comme le fait une colle forte ; on essuie au chiffon sec avant réticulation, puis on lave à l’eau savonneuse. L’acide acétique dégagé par un mastic acétoxy irrite les yeux, donc on ventile.

Les erreurs qui la fixent

Chercher un solvant est l’erreur de départ, et elle coûte surtout du temps. On empile trois produits sur un joint qui ne bouge pas, on finit par prendre la lame, et entre-temps le support a reçu quatre solvants inutiles dont certains l’ont abîmé. Le raisonnement de départ est bon — un polymère se retire en gonflant son liant — mais il ne s’applique pas à celui-ci.

Poser le joint neuf directement sur l’ancien film est l’erreur qui se paie le plus tard. Le silicone n’adhère pas sur le silicone : le cordon neuf tient sur une pellicule qui, elle, ne tient plus à rien, et il se décolle en bloc au premier choc thermique. C’est la cause dominante des joints qui « n’ont pas tenu », et elle n’a rien à voir avec la qualité du mastic.

Gratter à la pointe du cutter, en piquant au lieu de couper, laisse une série d’entailles fines dans l’émail ou dans l’acrylique. Elles ne se voient pas le jour du chantier et deviennent des lignes noires trois mois plus tard, parce qu’elles retiennent l’humidité et la salissure. Enfin, remonter un joint sur un support encore humide condamne l’adhérence : la réticulation a besoin de l’humidité de l’air, pas d’un film d’eau liquide sous le cordon.

Le film résiduel, le vrai travail

Il faut compter davantage de temps sur le nettoyage du support que sur le retrait du cordon lui-même, et c’est contre-intuitif. Le cordon se tire en dix minutes ; le film demande un travail méthodique parce qu’il est invisible et qu’on ne sait donc pas quand on a fini.

Le repère utile est l’eau. On rince la zone et on l’observe : là où l’eau perle en gouttes très rondes, il reste du silicone ; là où elle s’étale en nappe, le support est nu. Ce test se refait après chaque passe de dégraissage et il donne une réponse franche, ce qui évite à la fois d’en faire trop et de s’arrêter trop tôt.

L’ordre qui fonctionne est simple : retrait du cordon, raclage doux à la spatule plastique pour les résidus visibles, puis deux passages de solvant sur chiffon propre — acétone ou white-spirit sur un support minéral, isopropanol sur un plastique ou un revêtement — en changeant de chiffon entre les deux. Un chiffon déjà chargé de silicone ne fait que l’étaler. Séchage complet ensuite, plusieurs heures si la pièce est humide.

Ce joint est le cas limite de sa classe : ailleurs, un polymère cède à un solvant bien choisi, comme on le voit sur la colle ou sur la peinture. Ici, le calcul aboutit à une intersection vide côté chimie, et la page le dit plutôt que de proposer un geste par défaut. Le détail des sols et des parois concernés est traité sur la page sol dur, et le mode d’action de chaque produit cité figure sur la page des agents.

Le croisement, matière par matière

Joint silicone relève de la classe POL — polymères et adhésifs. Le tableau ci-dessous donne, pour chacune des sept classes de matières du site, ce qui agit et ce qui détruit. Il est calculé, pas rédigé : il ne peut donc pas contredire les pages de couple.

Fibre cellulosique M2 porosité forte

Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.

Ce qui agit sans abîmer

  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.

Sous condition

  • Décapeur thermique Utilisable sur du bois en mouvement constant. Une buse qui stationne roussit la fibre, et la brûlure ne s’enlève plus.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Minéral vitrifié et métal M5 porosité nulle

Aucune porosité : la tache reste posée dessus, ce qui autorise des solvants et des acides interdits ailleurs. La vulnérabilité se déplace vers deux autres choses — la rayure, définitive sur le verre et le chrome, et la corrosion électrochimique des métaux.

Ce qui agit sans abîmer

  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Décapeur thermique Ramollit un film de peinture ou de vernis jusqu’à ce qu’il cloque et se soulève, pour être poussé à la spatule. Le mécanisme n’est pas la migration dans un absorbant mais le décollement par perte de cohésion du liant.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle

Des chaînes de polymère non réticulées, qui glissent les unes sur les autres quand on les chauffe. D’où deux faiblesses propres : la fusion, dès 60 à 120 °C selon le plastique, et l’attaque par les solvants, qui s’insinuent entre les chaînes et font perdre sa cohésion à la matière.

Ce qui agit sans abîmer

  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.

Sous condition

  • Dégraissant d’agrume Attaque le polystyrène et certains caoutchoucs. Essai obligatoire sur une face cachée.
  • Alcool isopropylique Le solvant le plus sûr de la famille sur les plastiques techniques, mais il attaque encore certains vernis et sérigraphies.

Agit, mais détruit

  • Dissolvant sans acétone Même famille de solvants, même risque sur les mêmes plastiques, en un peu plus lent.
  • Chaleur sèche Le polyester fond vers 250 °C mais se rétracte dès 120 °C, et l’élasthanne perd son élasticité dès 60 °C. Un fer laisse une marque lustrée définitive.
  • Décapeur thermique Un thermoplastique fond, gondole ou se rétracte bien avant de laisser partir ce qui est posé dessus. La déformation est définitive.

Minéral poreux M4 porosité forte

Un réseau de pores ouverts qui aspire tout liquide par capillarité : une tache grasse y descend de plusieurs millimètres. Et la moitié de ces matières est faite de carbonate de calcium, donc soluble dans le moindre acide — y compris le liant du ciment.

Ce qui agit sans abîmer

  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Décapeur thermique Ramollit un film de peinture ou de vernis jusqu’à ce qu’il cloque et se soulève, pour être poussé à la spatule. Le mécanisme n’est pas la migration dans un absorbant mais le décollement par perte de cohésion du liant.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Le cas où l’on passe la main

Marbre gravé, pierre tachée en profondeur, dalle ancienne : le reponçage et le cataplasme de reprise sont des métiers. Un essai maison sur une pierre calcaire tachée finit presque toujours par une auréole plus large.

Fibre protéique M1 porosité forte

Sa fibre est faite des mêmes protéines que la tache : kératine pour la laine, fibroïne pour la soie, collagène pour le cuir. Tout ce qui détruit une protéine détruit donc la matière. C’est la classe la plus étroite du site.

Ce qui agit sans abîmer

  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

  • Chaleur sèche La kératine et la fibroïne se dégradent bien avant la température d’un fer : la laine lustre et roussit, la soie jaunit et perd son brillant. La marque est définitive.
  • Décapeur thermique Il carbonise une fibre protéique en quelques secondes. Aucun emploi sur cette classe.

Le cas où l’on passe la main

Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.

Revêtement et film M6 porosité nulle

La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.

Ce qui agit sans abîmer

  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Huile alimentaire ou beurre Applique la règle « semblable dissout semblable » : un corps gras ramollit un adhésif ou une résine grasse. On échange une tache dure et impossible contre une tache grasse, qu’un tensioactif enlève ensuite.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.

Sous condition

  • Alcool isopropylique Dilué à 30 %, sur chiffon, pour un écran ou un stratifié. Jamais versé, jamais sur un joint.

Agit, mais détruit

  • Dissolvant sans acétone Même effet que l’acétone sur les vernis, à peine plus lent.
  • Décapeur thermique C’est exactement son emploi : il fait cloquer le film. Utile quand on veut décaper, destructeur quand on voulait seulement nettoyer.
  • Action mécanique Le film ne fait que quelques microns : le moindre abrasif le traverse et met le support à nu.

Peau vivante M7 porosité faible

La seule matière du site qui se répare toute seule. C’est ce qui change entièrement la stratégie : on ne cherche pas le retrait rapide mais le retrait sans lésion, et attendre est presque toujours la meilleure option. La couche cornée se renouvelle en deux à quatre semaines.

Ce qui agit sans abîmer

  • Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.

Sous condition

  • Huile alimentaire ou beurre Le premier choix sur la peau : sans risque, lent, efficace sur la plupart des adhésifs et des corps gras.

Agit, mais détruit

  • Décapeur thermique Brûlure thermique immédiate. Un décapeur souffle entre trois cents et cinq cent cinquante degrés.

Le cas où l’on passe la main

Paupière, lèvre, œil ou surface étendue collés : service d’urgences, sans rien tenter. Un décollement forcé de la paupière arrache la cornée.

Ce qui aggrave la tache

  • Action mécanique Frotter avant d’avoir ramolli le réseau étire l’adhésif et le fait pénétrer plus profond dans la porosité ou la trame.

Ce qui ne sert à rien

  • Eau froide Un polymère réticulé n’est pas soluble dans l’eau, par définition.
  • Lessive enzymatique Aucune enzyme domestique ne coupe un polymère de synthèse.
  • Bicarbonate de sodium Trop peu abrasif pour attaquer un film dur, et chimiquement inerte sur lui.
  • Acétone Elle ne dissout pas un silicone réticulé. Elle dégraisse le support après le retrait, ce qui est utile, mais elle ne fait pas le retrait.
  • White-spirit Il gonfle très légèrement le silicone sans jamais le dissoudre. Son rôle réel est le nettoyage du support avant repose.

Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.

Sur cette page, ne mélangez jamais

  • Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)

    Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.

  • Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux

    L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.

  • Eau de Javel+Acétone→ chloroforme et chloroacétone

    Réaction exothermique. La chloroacétone est un lacrymogène ; le chloroforme est toxique pour le foie. Cas typique : un flacon de dissolvant renversé sur un plan de travail qu’on vient de javelliser.

  • White-spirit, térébenthine, acétone+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables

    Ces solvants ont un point d’éclair bas et leurs vapeurs sont plus lourdes que l’air : elles s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.

  • Eau de Javel+Lessive enzymatique→ rien — les deux produits s’annulent

    Le chlore oxyde et dénature l’enzyme instantanément. La javel perd son chlore actif sur la matière organique de la lessive, et l’enzyme perd toute activité. On a payé deux produits pour n’en avoir aucun.

La liste complète est sur la page sécurité.

Questions fréquentes

Existe-t-il un produit qui dissout le silicone ?

Non, pas dans le commerce domestique. Les gels dits décolleurs de silicone ne le dissolvent pas : ils le gonflent en surface pour faciliter la coupe, et le cordon doit toujours être tiré à la main. Le retrait reste mécanique dans tous les cas.

L'acétone enlève-t-elle le silicone ?

Elle ne dissout pas un silicone réticulé, parce que son squelette est minéral et non organique. Elle est en revanche très utile après le retrait, pour dégraisser le support et enlever le film résiduel qui empêcherait le joint neuf d'adhérer.

Pourquoi mon joint neuf décolle-t-il au bout de quelques semaines ?

Parce que le silicone n'adhère pas sur le silicone. Il reste presque toujours un film invisible de l'ancien joint, épais de quelques microns, et le cordon neuf ne tient que sur ce film au lieu de tenir sur l'émail.

Peut-on gratter un joint silicone au cutter sur une baignoire ?

Sur un émail ou de la faïence vitrifiée, oui, en travaillant à plat et jamais de pointe. Sur une baignoire ou un bac de douche en acrylique, non : l'acrylique se raye à la dureté d'un ongle et la rayure est définitive.

Sources et méthode

  • Classification interne du site : classes de taches et classes de matières
  • Modes d'action des agents de retrait déclarés sur la page Agents
  • Notices de mise en œuvre des mastics silicone acétoxy et neutres

Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.