En bref
- La paraffine fond entre 45 et 65 °C : on ne la dissout pas, on la liquéfie et on la laisse migrer par capillarité dans un absorbant posé dessus.
- Le froid sert d'abord : refroidie, la cire devient cassante et le relief se détache d'un bloc, ce qui évite d'étaler du gras fondu.
- Le colorant de la bougie ne fond pas : il reste après la cire, et c'est lui qui demande un solvant ou un oxydant.
- Le fer à repasser est interdit dès qu'une protéine ou un tanin partage la même zone, et sur toute fibre synthétique.
La cire de bougie fond entre quarante-cinq et soixante-cinq degrés, ce qui est très bas et parfaitement exploitable. Le retrait ne passe donc par aucun solvant : on refroidit pour détacher le relief, puis on liquéfie le film résiduel et on le laisse migrer dans un absorbant posé dessus. Reste ensuite le colorant de la bougie, qui ne fond pas et constitue une seconde tache, d’une autre nature.
Ce que c’est, et pourquoi ça tient
Une bougie ordinaire est faite de paraffine : un mélange d’alcanes solides, c’est-à-dire de chaînes d’hydrocarbures sans aucun groupe réactif. Chimiquement, il ne s’y passe rien — pas de polymérisation, pas d’oxydation notable, pas de réaction avec la matière. Une cire végétale, de soja ou de colza, se comporte de la même façon avec un point de fusion souvent un peu plus bas.
Sa tenue est donc purement physique. La cire liquide a mouillé le support, elle a coulé dans la trame ou dans le relief, puis elle a figé en place. Ce qu’on a devant soi est un moulage : la cire est mécaniquement encastrée, elle n’est collée à rien. C’est ce qui rend le retrait remarquablement propre quand on s’y prend bien, et remarquablement salissant quand on s’y prend mal.
La donnée qui commande tout est la plage de fusion. Quarante-cinq à soixante-cinq degrés, c’est plus bas que l’eau d’un lavage chaud, plus bas qu’un fer à repasser sur sa position la plus douce, et à portée d’un sèche-cheveux. C’est aussi assez bas pour qu’une bougie posée près d’un radiateur ramollisse : la cire n’a pas besoin d’être chauffée fort, elle a besoin d’être chauffée avec un absorbant en contact.
À l’autre extrémité du thermomètre, la paraffine devient cassante en refroidissant nettement. Un relief de cire sorti du congélateur se fracture sous une chiquenaude au lieu de s’écraser, et les éclats se ramassent. Cette double fenêtre — cassante en dessous, liquide au-dessus — est ce qui fait de la cire la substance la plus docile de sa classe.
Ce qui la fait partir
Le froid en premier, contre l’intuition. La tentation est de chauffer tout de suite, mais chauffer un relief de trois millimètres produit une flaque qui s’élargit et qui pénètre. On commence donc par refroidir — sac de glaçons quinze minutes, ou pièce au congélateur une heure — et on détache la masse par fracture, en glissant une carte plastique ou une spatule dure sous un bord. Quatre-vingts pour cent de la matière part ainsi, sans avoir jamais été liquide.
Vient ensuite le film résiduel, celui qui reste dans la trame et que le froid ne peut plus atteindre. C’est là qu’intervient le changement d’état : on encadre la zone de papier absorbant, dessus et dessous, et on passe un fer tiède. La cire fond, et le liquide part par capillarité vers l’absorbant parce que la porosité du papier est plus fine que celle du tissu. On déplace le papier dès qu’une tache translucide apparaît dessus, et on recommence jusqu’à ce que le papier reste propre.
La troisième étape est un dégraissage. La paraffine laisse un halo translucide, parce qu’une fraction est restée sur les fibres en couche très mince : c’est un corps gras ordinaire, et un tensioactif l’emporte. Sur un textile lavable, du liquide vaisselle pur appliqué sur la zone puis un lavage à la température maximale autorisée règlent la question.
Un solvant apolaire — white-spirit, dégraissant d’agrume — reste une option de secours quand la chaleur est impossible, sur un support qu’on ne peut pas repasser. Il dissout réellement la paraffine. Mais c’est un détour : il apporte les contraintes du solvant sans faire mieux que la voie thermique, et il ne résout pas davantage la question du colorant.
Selon la matière
Sur une fibre protéique, le fer est le vrai problème, pas la cire. La laine se lustre et feutre, la soie se marque, et la température maximale tolérée est très proche du point de fusion de la paraffine : la marge est trop mince pour un fer domestique. On mise donc entièrement sur le froid et la fracture, on brosse à sec, et on finit au white-spirit sur chiffon si un halo subsiste — en sachant qu’il peut emporter des colorants.
La fibre cellulosique est la situation idéale, et c’est la plus fréquente puisqu’il s’agit le plus souvent d’une nappe en coton ou en lin. Toutes les étapes sont ouvertes : froid, fer, lavage chaud, percarbonate sur un blanc. Une nappe tachée de cire blanche se récupère intégralement, et le seul point de vigilance est de ne pas passer au sèche-linge avant vérification.
Le synthétique thermoplastique ferme la voie du fer, et c’est net. Le polyester se rétracte dès cent vingt degrés et garde une marque lustrée définitive, l’élasthanne perd son élasticité dès soixante degrés, l’acrylique fond. Or on chercherait à travailler autour de soixante degrés, c’est-à-dire déjà dans la zone dangereuse pour certaines de ces fibres. La méthode devient : froid, fracture, puis tensioactif en insistant, avec une acceptation possible d’un halo résiduel.
Sur un minéral poreux — pierre, béton, terre cuite, joint — la cire est descendue dans les pores et le retrait complet n’est pas atteignable. On enlève le relief à froid, puis on pose un absorbant sec chargé de solvant en cataplasme sous un film, plusieurs heures. Les acides sont sans effet sur un alcane et destructeurs sur un support calcaire, ce qui les écarte doublement.
Le minéral vitrifié est le terrain le plus simple : rien n’a pénétré. Sur du verre, une lame à plat, mouillée, enlève la cire d’un bloc ; sur du carrelage vitrifié ou de l’inox, une spatule plastique et de l’eau chaude savonneuse suffisent. Il n’y a pas de risque chimique, seulement le rappel habituel de ne pas rayer un inox brossé en travers de son grain.
Le revêtement interdit la lame et l’abrasif, mais il est par ailleurs favorable : la cire n’a rien pénétré. Sur un stratifié, un lino, un bois vitrifié, on laisse refroidir complètement et on soulève la plaque avec une carte plastique tenue bien à plat. Sur la peau, une cire à cinquante degrés peut brûler légèrement, mais une fois figée elle se retire seule ou avec un peu d’huile ; il n’y a jamais lieu d’utiliser un solvant sur des doigts pour de la cire.
Les erreurs qui la fixent
Chauffer avant d’avoir enlevé le relief est l’erreur qui multiplie la surface. Une masse de cire fondue s’étale par gravité et par capillarité en quelques secondes, et une tache de deux centimètres devient une auréole de huit, plus fine et donc plus difficile à extraire. L’ordre froid puis chaud n’est pas une préférence de style : il change le résultat.
Passer le fer sans absorbant, ou avec un absorbant saturé, fait exactement l’inverse du geste voulu. La cire fondue n’a nulle part où aller : elle repart dans la matière, plus profond qu’avant, et elle emporte le colorant avec elle. Le papier doit être changé dès qu’il montre une trace translucide, ce qui arrive vite au début.
Approcher un fer d’une zone qui porte aussi une protéine ou un tanin est une erreur de classe, et elle est irréversible. Une nappe qui a reçu de la cire et du vin, ou de la cire et de la sauce, cumule deux régimes contraires : la cire demande de la chaleur, le tanin et la protéine l’interdisent. Il faut alors traiter la tache alimentaire d’abord, complètement, et ne chauffer qu’ensuite.
Enfin, laver et sécher à chaud sans avoir traité le halo gras oxyde ce qui reste et fixe l’ombre. La règle générale de la classe s’applique : aucun séchage chaud avant que la tache ait disparu à l’œil sur la pièce humide, l’humidité étant précisément ce qui révèle une imprégnation grasse résiduelle.
Le colorant de la bougie, la seconde tache
Une bougie colorée pose deux problèmes empilés, et l’un survit à l’autre. La paraffine part par changement d’état, mais le colorant qui la teintait est une molécule organique dissoute dedans, et il ne fond pas : il se redépose sur les fibres au moment où la cire liquide s’en va. On enlève donc la cire et on découvre une tache rose, rouge ou verte, souvent plus visible que la tache d’origine.
Ce colorant relève d’une autre logique : celle des colorants en solvant. Il est liposoluble, il n’a jamais été dans l’eau, et c’est un alcool qui le remet en solution — alcool à brûler ou isopropylique, tamponné avec un absorbant placé sous la matière pour que le colorant migre vers le bas et non plus profond. Sur un textile blanc, un oxydant fait mieux : le percarbonate en eau chaude casse le chromophore, la partie de la molécule qui renvoie la couleur.
L’ordre est impératif. Tant qu’il reste de la cire, l’alcool ne pénètre pas, parce que la paraffine forme une barrière hydrophobe. On ne s’attaque au colorant qu’après avoir vérifié qu’un papier absorbant passé au fer ne prend plus rien. Inverser les deux étapes fait perdre du temps et fixe le colorant sous une couche de cire.
Un dernier cas mérite d’être nommé, parce qu’il n’a pas de bonne réponse : la cire colorée sur un bois brut ou une pierre poreuse. Le colorant est descendu avec la cire liquide dans les pores, et aucun produit de surface ne l’atteint. Le seul chemin est l’abrasion — ponçage léger et reprise de finition — quand la matière le permet, ce qui est traité sur la page bois. Le mode opératoire textile complet figure sur la page enlever de la cire de bougie sur un vêtement, et la chimie commune à toute la classe sur la page graisse.
Le croisement, matière par matière
Cire de bougie relève de la classe GRA — corps gras et cires. Le tableau ci-dessous donne, pour chacune des sept classes de matières du site, ce qui agit et ce qui détruit. Il est calculé, pas rédigé : il ne peut donc pas contredire les pages de couple.
Fibre cellulosique M2 porosité forte
Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.
Ce qui agit sans abîmer
- Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
- Action mécanique spatule, brosse, grattoir, abrasif, sel sec, aspiration Enlève par cisaillement ce qui ne se dissout pas. L’outil décide du résultat : une spatule de bois ou de plastique dur enlève sans rayer là où une lame d’acier raye toujours.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
- Cristaux de soude carbonate de sodium Saponifie les corps gras — il les transforme en savon, donc en quelque chose de soluble — et gonfle la fibre cellulosique, ce qui libère les particules incrustées.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Essence de térébenthine Solvant terpénique tiré de la résine de pin. Dissout mieux qu’un white-spirit une peinture glycéro encore fraîche.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool à brûler ou à 90° éthanol Solvant polaire : il dissout ce qui refuse l’eau sans être franchement gras — colorants d’encre, résines de gomme laque, feutre à alcool. Il s’évapore vite, donc il n’a pas le temps de migrer loin.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Minéral vitrifié et métal M5 porosité nulle
Aucune porosité : la tache reste posée dessus, ce qui autorise des solvants et des acides interdits ailleurs. La vulnérabilité se déplace vers deux autres choses — la rayure, définitive sur le verre et le chrome, et la corrosion électrochimique des métaux.
Ce qui agit sans abîmer
- Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
- Cristaux de soude carbonate de sodium Saponifie les corps gras — il les transforme en savon, donc en quelque chose de soluble — et gonfle la fibre cellulosique, ce qui libère les particules incrustées.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Essence de térébenthine Solvant terpénique tiré de la résine de pin. Dissout mieux qu’un white-spirit une peinture glycéro encore fraîche.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool à brûler ou à 90° éthanol Solvant polaire : il dissout ce qui refuse l’eau sans être franchement gras — colorants d’encre, résines de gomme laque, feutre à alcool. Il s’évapore vite, donc il n’a pas le temps de migrer loin.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
Sous condition
- Action mécanique Aucun abrasif sur le verre, le chrome ni l’inox brossé : la rayure est définitive et se voit sous toutes les lumières.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle
Des chaînes de polymère non réticulées, qui glissent les unes sur les autres quand on les chauffe. D’où deux faiblesses propres : la fusion, dès 60 à 120 °C selon le plastique, et l’attaque par les solvants, qui s’insinuent entre les chaînes et font perdre sa cohésion à la matière.
Ce qui agit sans abîmer
- Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
- Cristaux de soude carbonate de sodium Saponifie les corps gras — il les transforme en savon, donc en quelque chose de soluble — et gonfle la fibre cellulosique, ce qui libère les particules incrustées.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Essence de térébenthine Solvant terpénique tiré de la résine de pin. Dissout mieux qu’un white-spirit une peinture glycéro encore fraîche.
- Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
Sous condition
- Action mécanique Un plastique se raye à la dureté d’un ongle. Aucun abrasif, aucune éponge verte.
- Dégraissant d’agrume Attaque le polystyrène et certains caoutchoucs. Essai obligatoire sur une face cachée.
- Alcool à brûler ou à 90° Fissure le polystyrène et voile le polycarbonate en exposition prolongée. Bref contact, chiffon à peine humide.
- Alcool isopropylique Le solvant le plus sûr de la famille sur les plastiques techniques, mais il attaque encore certains vernis et sérigraphies.
Agit, mais détruit
- Chaleur sèche Le polyester fond vers 250 °C mais se rétracte dès 120 °C, et l’élasthanne perd son élasticité dès 60 °C. Un fer laisse une marque lustrée définitive.
Minéral poreux M4 porosité forte
Un réseau de pores ouverts qui aspire tout liquide par capillarité : une tache grasse y descend de plusieurs millimètres. Et la moitié de ces matières est faite de carbonate de calcium, donc soluble dans le moindre acide — y compris le liant du ciment.
Ce qui agit sans abîmer
- Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
- Cristaux de soude carbonate de sodium Saponifie les corps gras — il les transforme en savon, donc en quelque chose de soluble — et gonfle la fibre cellulosique, ce qui libère les particules incrustées.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Essence de térébenthine Solvant terpénique tiré de la résine de pin. Dissout mieux qu’un white-spirit une peinture glycéro encore fraîche.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool à brûler ou à 90° éthanol Solvant polaire : il dissout ce qui refuse l’eau sans être franchement gras — colorants d’encre, résines de gomme laque, feutre à alcool. Il s’évapore vite, donc il n’a pas le temps de migrer loin.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
Sous condition
- Action mécanique Un abrasif ouvre la porosité et rend la surface plus salissante qu’avant.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Le cas où l’on passe la main
Marbre gravé, pierre tachée en profondeur, dalle ancienne : le reponçage et le cataplasme de reprise sont des métiers. Un essai maison sur une pierre calcaire tachée finit presque toujours par une auréole plus large.
Fibre protéique M1 porosité forte
Sa fibre est faite des mêmes protéines que la tache : kératine pour la laine, fibroïne pour la soie, collagène pour le cuir. Tout ce qui détruit une protéine détruit donc la matière. C’est la classe la plus étroite du site.
Ce qui agit sans abîmer
- Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
- Action mécanique spatule, brosse, grattoir, abrasif, sel sec, aspiration Enlève par cisaillement ce qui ne se dissout pas. L’outil décide du résultat : une spatule de bois ou de plastique dur enlève sans rayer là où une lame d’acier raye toujours.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Essence de térébenthine Solvant terpénique tiré de la résine de pin. Dissout mieux qu’un white-spirit une peinture glycéro encore fraîche.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool à brûler ou à 90° éthanol Solvant polaire : il dissout ce qui refuse l’eau sans être franchement gras — colorants d’encre, résines de gomme laque, feutre à alcool. Il s’évapore vite, donc il n’a pas le temps de migrer loin.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
- Eau chaude Au-delà de 30 °C, les écailles de la laine s’ouvrent et s’accrochent entre elles : le vêtement feutre et rétrécit sans retour.
- Cristaux de soude Même mécanisme, plus lent : la laine feutre et perd son élasticité irréversiblement.
- Chaleur sèche La kératine et la fibroïne se dégradent bien avant la température d’un fer : la laine lustre et roussit, la soie jaunit et perd son brillant. La marque est définitive.
- Lessive enzymatique Une protéase ne distingue pas la protéine de la tache de la protéine de la fibre : elle digère les deux.
Le cas où l’on passe la main
Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.
Revêtement et film M6 porosité nulle
La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.
Ce qui agit sans abîmer
- Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
- Cristaux de soude carbonate de sodium Saponifie les corps gras — il les transforme en savon, donc en quelque chose de soluble — et gonfle la fibre cellulosique, ce qui libère les particules incrustées.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
Sous condition
- White-spirit Toléré brièvement sur une carrosserie vernie, jamais sur une peinture mate ni sur un plastique de tableau de bord.
- Alcool isopropylique Dilué à 30 %, sur chiffon, pour un écran ou un stratifié. Jamais versé, jamais sur un joint.
Agit, mais détruit
- Action mécanique Le film ne fait que quelques microns : le moindre abrasif le traverse et met le support à nu.
- Essence de térébenthine Ramollit la peinture glycéro, y compris celle du support.
- Alcool à brûler ou à 90° Détruit l’oléophobe d’un écran — la couche qui repousse les traces de doigt — et ternit les vernis à bois.
Peau vivante M7 porosité faible
La seule matière du site qui se répare toute seule. C’est ce qui change entièrement la stratégie : on ne cherche pas le retrait rapide mais le retrait sans lésion, et attendre est presque toujours la meilleure option. La couche cornée se renouvelle en deux à quatre semaines.
Ce qui agit sans abîmer
- Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
- Cristaux de soude carbonate de sodium Saponifie les corps gras — il les transforme en savon, donc en quelque chose de soluble — et gonfle la fibre cellulosique, ce qui libère les particules incrustées.
- Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
- Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.
- Froid glaçon ou congélateur Fait passer un élastomère sous sa température de transition vitreuse : il devient cassant. Le chewing-gum et le mastic se fracturent alors au lieu de s’étirer.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
Sous condition
- Action mécanique Jamais de lame, jamais de brosse dure : une plaie sous une colle est une porte d’entrée pour une infection.
- Alcool à brûler ou à 90° Toléré brièvement sur une petite surface. Dessèche, et brûle sur une peau lésée.
Agit, mais détruit
- White-spirit Passe la barrière cutanée. Neurotoxique, et interdit sur les mains d’un enfant.
- Essence de térébenthine Sensibilisant : l’allergie de contact apparaît après plusieurs expositions sans réaction.
Le cas où l’on passe la main
Paupière, lèvre, œil ou surface étendue collés : service d’urgences, sans rien tenter. Un décollement forcé de la paupière arrache la cornée.
Ce qui aggrave la tache
- Eau froide Elle n’emporte rien et elle élargit l’auréole : le corps gras s’étale sur le front d’eau au lieu de partir avec elle.
Ce qui ne sert à rien
- Vinaigre blanc Un corps gras n’est pas un carbonate : l’acide n’a rien à attaquer.
- Eau de Javel Elle décolore le pigment que le gras transporte, et laisse le gras.
Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.
Sur cette page, ne mélangez jamais
Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)
Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.
Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.
Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux
L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.
Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.
Eau de Javel+Alcool (éthanol, isopropanol, alcool à brûler)→ chloroforme et chlorure d’hydrogène
L’hypochlorite chlore l’alcool. Le chloroforme est narcotique et hépatotoxique ; le chlorure d’hydrogène est un gaz corrosif. Le mélange se produit sans qu’on y pense, en désinfectant à la javel une surface déjà essuyée à l’alcool.
Si c’est déjà arrivé :Ventiler et quitter la pièce. Rincer abondamment à l’eau claire seulement une fois la pièce aérée.
Eau de Javel+Acétone→ chloroforme et chloroacétone
Réaction exothermique. La chloroacétone est un lacrymogène ; le chloroforme est toxique pour le foie. Cas typique : un flacon de dissolvant renversé sur un plan de travail qu’on vient de javelliser.
Eau oxygénée+Vinaigre blanc→ acide peracétique
Corrosif pour la peau, les yeux et les voies respiratoires, bien au-delà de ses deux composants. Le mélange circule pourtant comme une recette de nettoyage naturel. Utilisés l’un APRÈS l’autre avec un rinçage entre les deux, les deux produits sont sans danger ; mélangés dans le même flacon, non.
La liste complète est sur la page sécurité.
Questions fréquentes
Faut-il utiliser le froid ou le fer à repasser sur de la cire ?
Les deux, dans cet ordre. Le froid rend la cire cassante et permet d'enlever tout le relief d'un bloc sans rien étaler ; le fer et un absorbant s'occupent ensuite du film résiduel que le froid n'a pas décollé.
Pourquoi reste-t-il une tache colorée après avoir enlevé la cire ?
Parce que le colorant de la bougie ne fond pas avec la paraffine : il est dissous dans la cire mais il ne suit pas le changement d'état. C'est une seconde tache, de nature différente, qui relève d'un solvant alcoolique ou d'un oxydant selon la matière.
Comment enlever de la cire sur du bois sans l'abîmer ?
Sur un bois verni ou huilé, on attend le refroidissement complet et on soulève la plaque de cire avec une carte plastique tenue à plat, sans jamais chauffer. Sur du bois brut, la cire a pénétré le fil et un léger ponçage suivi d'une reprise de finition est souvent la seule voie.
Le sèche-cheveux fonctionne-t-il sur la cire ?
Il fond la cire mais il ne la retire pas, et l'air en mouvement la projette autour de la zone. Le changement d'état n'a d'intérêt que si un absorbant est en contact pour capter le liquide au moment où il apparaît.
Sources et méthode
- Classification interne du site : classes de taches et classes de matières
- Modes d'action des agents de retrait déclarés sur la page Agents
- Températures de fusion usuelles des paraffines et des cires végétales
Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.