En bref

  • Un fond de teint est une émulsion : une phase huileuse, des pigments minéraux et des silicones filmogènes. Trois composants qui s’enlèvent séparément, dans un ordre précis.
  • La phase grasse part au liquide vaisselle pur, le pigment par une action mécanique douce, le film de silicone par un solvant comme l’alcool isopropylique.
  • Un seul produit ne suffit jamais, et c’est exactement ce qui fait échouer la plupart des tentatives sur un col de chemise.
  • Sur une formule longue tenue, il faut commencer par le solvant : le film de silicone est conçu pour empêcher l’eau et le détergent d’atteindre le reste.

Un fond de teint n’est pas une tache, c’en est trois superposées : une phase huileuse, des pigments minéraux — oxyde de fer, dioxyde de titane — et un film de silicone destiné à tenir la journée. Chacune demande un traitement différent : le liquide vaisselle pur pour le gras, une brosse souple pour le pigment, un solvant comme l’alcool isopropylique pour le silicone. Le seul vrai secret de ce couple est l’ordre, et c’est ce qui manque à la plupart des tentatives.

Identifier ce qu’on a devant soi

Deux branches à trancher avant de toucher au vêtement.

La première est le type de formule, et elle se lit sur le tube plus sûrement que sur la tache. Une formule classique, fluide, non revendiquée longue tenue, contient peu de silicone filmogène : la phase grasse est accessible immédiatement, et le liquide vaisselle attaque directement. Une formule longue tenue, waterproof ou « transfer-proof » ajoute un polymère et des silicones qui forment un film continu, conçu pour résister à l’eau, à la transpiration et au frottement d’un col. Ce film protège la tache exactement comme il protégeait le maquillage : tant qu’il est intact, aucun détergent aqueux n’atteint ce qu’il y a dessous.

La seconde est la fibre, parce qu’elle décide de ce qui est autorisé.

FibreCe que ça change
Coton, lin, viscoseLa plus permissive : alcalin, eau chaude et brossage passent tous
Laine, soie, cachemirePas d’enzyme, pas de cristaux de soude, et trente degrés au maximum
Polyester, polyamide, élasthanneL’alcool isopropylique se justifie mais sur essai, et jamais de fer
Enduit, similicuir, sérigraphieLe solvant abîme le film avant d’atteindre la tache

Reste un troisième point, qui n’est pas une branche mais une contrainte de temps : la tache a-t-elle vu la chaleur ? Un col passé au sèche-linge ou sous le fer a vu son huile s’oxyder et le silicone se plaquer. On peut encore éclaircir ; on ne rattrape plus complètement.

Le mode opératoire

L’ordre suit une logique simple : on ouvre d’abord ce qui bloque l’accès, on enlève ensuite ce qui se dissout, on finit par ce qui ne se dissout pas.

  1. Retirer le dépôt en relief, à sec. Une tache fraîche de fond de teint est en partie posée sur le tissu, pas dedans. On l’enlève à la cuillère ou à la spatule, sans frotter, puis on saupoudre d’absorbant sec une dizaine de minutes pour capter la fraction liquide de la phase huileuse. Frotter ici multiplierait la surface par deux.
  2. Ouvrir le film de silicone, si la formule est longue tenue. Un coton-tige d’alcool isopropylique, appliqué en petites touches sur l’endroit, avec un buvard sous le tissu. On ne cherche pas à enlever la tache : on casse la continuité du film pour que l’étape suivante puisse travailler. Sur du polyester, de l’acétate ou une sérigraphie, essai préalable obligatoire sur une couture intérieure.
  3. Attaquer la phase grasse au tensioactif pur. Une goutte de liquide vaisselle directement sur la zone, sur tissu sec, étalée au doigt, quinze minutes de pause. Le tensioactif a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre à l’eau : il fait le pont, et c’est sa concentration qui compte. C’est l’étape qui enlève le plus de matière.
  4. Décrocher le pigment par une action mécanique douce. Brosse à dents souple, mouvements courts, dans le sens de la trame, sur tissu mouillé et savonneux. Les pigments minéraux ne se dissolvent dans rien — ni détergent, ni solvant, ni oxydant. Seul le cisaillement les détache de la fibre, et il doit rester doux : sur du synthétique, une brosse dure laisse un lustre.
  5. Rincer à l’eau chaude, par l’envers. Quarante à soixante degrés sur coton, lin ou polyester : la chaleur abaisse la viscosité du gras et multiplie la vitesse de tout ce qui reste à faire. Trente degrés au maximum sur laine et soie, sinon la laine feutre et rétrécit sans retour.
  6. Laver, puis contrôler avant de sécher. Lessive habituelle. Sur du coton, une lessive enzymatique apporte une lipase qui découpe les graisses résiduelles ; sur de la laine ou de la soie, aucune enzyme, parce qu’une protéase ne fait pas la différence entre la protéine de la tache et celle de la fibre. Et le vêtement ne va au sèche-linge qu’une fois la zone vérifiée sèche à l’air.

Si la tache est encore visible, on reprend à l’étape 3 — jamais à l’étape 5. Deux passages doux valent mieux qu’un passage agressif, et la seule étape irréversible du processus est le séchage à chaud.

Le col de chemise blanche, le cas type

C’est la configuration qui envoie le plus de monde chercher une méthode, et pour une raison mécanique. Un col frotte contre la peau toute la journée : le fond de teint n’y est pas tombé, il y a été appuyé et étalé dans la trame, mêlé au sébum et à la transpiration. La tache est donc plus incrustée que la même quantité de produit tombée sur une manche.

Deuxième particularité : l’empilement. Le col reçoit du fond de teint, du sébum, parfois de la transpiration et un peu de déodorant. La partie grasse et la partie pigmentée du maquillage se traitent comme décrit plus haut, mais l’auréole jaune qu’on voit souvent en plus n’est pas du maquillage — c’est un complexe entre l’aluminium du déodorant et les protéines de la sueur, et il relève d’une autre chimie.

Enfin, le col est un endroit renforcé, doublé, souvent thermocollé. Ce dernier point commande la prudence : un solvant qui traverse la trame peut atteindre la colle de l’entoilage et la faire cloquer. On travaille donc en petites touches, avec un buvard dessous, et on ne sature jamais la zone.

Ce qui ne marche pas, et pourquoi

Le lavage en machine seul, répété. C’est l’échec le plus fréquent, et il s’explique entièrement par la composition. La lessive émulsionne la phase grasse et laisse le pigment minéral, qu’aucun tensioactif ne voit, ainsi que le film de silicone, qu’elle ne traverse pas. Le vêtement sort humide et propre en apparence, puis la tache réapparaît en séchant, un peu plus pâle qu’avant. Trois lavages plus tard, elle est fixée par la chaleur du séchage.

L’eau de Javel sur un col blanc. Elle décolore le pigment, ce qui donne l’illusion d’un résultat, et laisse le gras et le silicone. Le corps gras attire ensuite la poussière et la zone grise. En prime, la javel détruit l’élasthanne présent dans presque toutes les chemises ajustées : l’élastique casse par fragments, et la coupe est perdue.

Le vinaigre blanc. Il dissout les carbonates. Il n’y a ici ni carbonate ni rien qu’un acide puisse attaquer : ni les triglycérides, ni les oxydes de fer, ni les silicones. Le seul effet obtenu est une odeur.

Le démaquillant ou l’huile démaquillante appliqués sur le tissu. Ils ramollissent bien la tache, par simple affinité de structure, mais ils ajoutent un corps gras qu’il faudra retirer à son tour. Sur un vêtement, on ne gagne rien par rapport au liquide vaisselle, qui fait le même travail sans rien ajouter.

Le cas où il faut s’arrêter

Sur un vêtement enduit, imperméabilisé, en similicuir ou portant une sérigraphie, l’alcool isopropylique est à écarter : il attaque les vernis et les sérigraphies, et le film de surface part avant la tache. On se limite au tensioactif dilué, tamponné, sans brossage, en acceptant un résultat partiel.

Sur une pièce en soie ou en cachemire, la combinaison est mauvaise : le brossage marque la surface, le solvant emporte les apprêts et le brillant, et une tache de maquillage sur un chemisier de soie part chez le nettoyeur. Le détachage à sec en atelier travaille avec des solvants et une tension contrôlée du tissu qu’on n’a pas chez soi.

Enfin, il faut nommer le cas perdu : une tache déjà passée plusieurs fois au sèche-linge. La phase huileuse s’est oxydée et liée à la fibre, le pigment a été poussé au fond de la trame par la chaleur et le tambour. Deux passages complets éclaircissent encore la zone, puis la courbe s’aplatit. À ce stade, sur une chemise blanche, un col retourné par un couturier coûte souvent moins qu’un troisième essai.

La composition du produit et ses conséquences sont détaillées sur le fond de teint, et les tolérances de chaque fibre sur le textile. Pour la seule phase grasse, la méthode complète est sur enlever une tache de graisse sur un vêtement ; l’auréole jaune du col, qui n’est pas du maquillage, est traitée sur enlever une auréole de déodorant.

Le croisement, matière par matière

« Fond de teint » relève de la classe GRA — corps gras et cires. « Vêtement et tissu » recouvre 4 classes de matière, et le verdict n’est pas le même d’une classe à l’autre. C’est pour cette raison que la page ne peut pas se résumer à un seul geste.

Fibre cellulosique M2 porosité forte

Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.

Ce qui agit sans abîmer

  • Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
  • Action mécanique spatule, brosse, grattoir, abrasif, sel sec, aspiration Enlève par cisaillement ce qui ne se dissout pas. L’outil décide du résultat : une spatule de bois ou de plastique dur enlève sans rayer là où une lame d’acier raye toujours.
  • Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
  • Cristaux de soude carbonate de sodium Saponifie les corps gras — il les transforme en savon, donc en quelque chose de soluble — et gonfle la fibre cellulosique, ce qui libère les particules incrustées.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Essence de térébenthine Solvant terpénique tiré de la résine de pin. Dissout mieux qu’un white-spirit une peinture glycéro encore fraîche.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Fibre protéique M1 porosité forte

Sa fibre est faite des mêmes protéines que la tache : kératine pour la laine, fibroïne pour la soie, collagène pour le cuir. Tout ce qui détruit une protéine détruit donc la matière. C’est la classe la plus étroite du site.

Ce qui agit sans abîmer

  • Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
  • Action mécanique spatule, brosse, grattoir, abrasif, sel sec, aspiration Enlève par cisaillement ce qui ne se dissout pas. L’outil décide du résultat : une spatule de bois ou de plastique dur enlève sans rayer là où une lame d’acier raye toujours.
  • Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Essence de térébenthine Solvant terpénique tiré de la résine de pin. Dissout mieux qu’un white-spirit une peinture glycéro encore fraîche.
  • Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

  • Eau chaude Au-delà de 30 °C, les écailles de la laine s’ouvrent et s’accrochent entre elles : le vêtement feutre et rétrécit sans retour.
  • Cristaux de soude Même mécanisme, plus lent : la laine feutre et perd son élasticité irréversiblement.
  • Chaleur sèche La kératine et la fibroïne se dégradent bien avant la température d’un fer : la laine lustre et roussit, la soie jaunit et perd son brillant. La marque est définitive.
  • Lessive enzymatique Une protéase ne distingue pas la protéine de la tache de la protéine de la fibre : elle digère les deux.

Le cas où l’on passe la main

Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.

Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle

Des chaînes de polymère non réticulées, qui glissent les unes sur les autres quand on les chauffe. D’où deux faiblesses propres : la fusion, dès 60 à 120 °C selon le plastique, et l’attaque par les solvants, qui s’insinuent entre les chaînes et font perdre sa cohésion à la matière.

Ce qui agit sans abîmer

  • Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
  • Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
  • Cristaux de soude carbonate de sodium Saponifie les corps gras — il les transforme en savon, donc en quelque chose de soluble — et gonfle la fibre cellulosique, ce qui libère les particules incrustées.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Essence de térébenthine Solvant terpénique tiré de la résine de pin. Dissout mieux qu’un white-spirit une peinture glycéro encore fraîche.
  • Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.

Sous condition

  • Action mécanique Un plastique se raye à la dureté d’un ongle. Aucun abrasif, aucune éponge verte.
  • Dégraissant d’agrume Attaque le polystyrène et certains caoutchoucs. Essai obligatoire sur une face cachée.
  • Alcool isopropylique Le solvant le plus sûr de la famille sur les plastiques techniques, mais il attaque encore certains vernis et sérigraphies.

Agit, mais détruit

  • Chaleur sèche Le polyester fond vers 250 °C mais se rétracte dès 120 °C, et l’élasthanne perd son élasticité dès 60 °C. Un fer laisse une marque lustrée définitive.

Revêtement et film M6 porosité nulle

La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.

Ce qui agit sans abîmer

  • Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
  • Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
  • Cristaux de soude carbonate de sodium Saponifie les corps gras — il les transforme en savon, donc en quelque chose de soluble — et gonfle la fibre cellulosique, ce qui libère les particules incrustées.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.

Sous condition

  • White-spirit Toléré brièvement sur une carrosserie vernie, jamais sur une peinture mate ni sur un plastique de tableau de bord.
  • Alcool isopropylique Dilué à 30 %, sur chiffon, pour un écran ou un stratifié. Jamais versé, jamais sur un joint.

Agit, mais détruit

  • Action mécanique Le film ne fait que quelques microns : le moindre abrasif le traverse et met le support à nu.
  • Essence de térébenthine Ramollit la peinture glycéro, y compris celle du support.

Ce qui aggrave la tache

  • Eau froide Elle n’emporte rien et elle élargit l’auréole : le corps gras s’étale sur le front d’eau au lieu de partir avec elle.

Ce qui ne sert à rien

  • Vinaigre blanc Un corps gras n’est pas un carbonate : l’acide n’a rien à attaquer.
  • Eau de Javel Elle décolore le pigment que le gras transporte, et laisse le gras.

Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.

Sur cette page, ne mélangez jamais

  • Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)

    Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.

  • Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux

    L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.

  • Eau de Javel+Alcool (éthanol, isopropanol, alcool à brûler)→ chloroforme et chlorure d’hydrogène

    L’hypochlorite chlore l’alcool. Le chloroforme est narcotique et hépatotoxique ; le chlorure d’hydrogène est un gaz corrosif. Le mélange se produit sans qu’on y pense, en désinfectant à la javel une surface déjà essuyée à l’alcool.

    Si c’est déjà arrivé :Ventiler et quitter la pièce. Rincer abondamment à l’eau claire seulement une fois la pièce aérée.

  • Eau de Javel+Acétone→ chloroforme et chloroacétone

    Réaction exothermique. La chloroacétone est un lacrymogène ; le chloroforme est toxique pour le foie. Cas typique : un flacon de dissolvant renversé sur un plan de travail qu’on vient de javelliser.

  • Eau oxygénée+Vinaigre blanc→ acide peracétique

    Corrosif pour la peau, les yeux et les voies respiratoires, bien au-delà de ses deux composants. Le mélange circule pourtant comme une recette de nettoyage naturel. Utilisés l’un APRÈS l’autre avec un rinçage entre les deux, les deux produits sont sans danger ; mélangés dans le même flacon, non.

La liste complète est sur la page sécurité.

Questions fréquentes

Pourquoi le fond de teint ne part-il pas au lavage ?

Parce qu’il contient trois choses qui ne répondent pas au même produit : une phase grasse, un pigment minéral et un film de silicone. La lessive s’occupe de la première, ignore le pigment et ne traverse pas le silicone. La tache paraît partie mouillée, et revient en séchant.

Quel produit enlève une tache de fond de teint sur un col de chemise ?

Du liquide vaisselle pur, laissé quinze minutes sur le tissu sec, précédé d’un tampon d’alcool isopropylique si la formule est longue tenue. Ensuite, une action mécanique douce à la brosse à dents souple pour décrocher le pigment, puis un lavage à la température de l’étiquette.

Peut-on utiliser un démaquillant ou une lingette sur le tissu ?

Un démaquillant huileux ramollit la tache, mais il ajoute du corps gras sur le textile et il faudra le dégraisser ensuite. Sur un vêtement, cela n’apporte rien de plus que du liquide vaisselle, qui fait la même chose sans rien ajouter à enlever.

Faut-il mettre de l’eau de Javel sur un col blanc taché de maquillage ?

Non. Elle décolore le pigment sans toucher au corps gras ni au silicone, donc la tache réapparaît en séchant. Elle détruit par ailleurs l’élasthanne présent dans presque toutes les chemises ajustées, qui casse ensuite par fragments.

Sources et méthode

  • La classification du site : classe de tache « corps gras et cires », classes de matière fibre cellulosique, fibre protéique, synthétique thermoplastique et revêtement
  • Le mode d’action des agents : tensioactif, alcool isopropylique, action mécanique, eau chaude, absorbant sec
  • La composition d’un fond de teint : pigments d’oxyde de fer et de dioxyde de titane, phase huileuse, silicones filmogènes

Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.