En bref
- Le vin rouge combine des anthocyanes, des tanins condensés et de l'alcool : c'est l'alcool qui fait pénétrer le colorant plus vite et plus profond que l'eau seule.
- Premier geste : absorber sans frotter, puis rincer à l'eau froide en abondance par l'envers. Le sel et le vin blanc ne font que diluer.
- Les tanins condensés brunissent en séchant : la décoloration passe par un oxydant, percarbonate à plus de quarante degrés ou eau oxygénée à froid.
- Le vin est la tache la plus documentée du détachage domestique et l'une des moins recherchées : la littérature s'est organisée autour d'une image.
Le vin rouge tache par ses anthocyanes et ses tanins condensés, dissous dans un mélange d’eau et d’alcool. L’alcool est un solvant : il fait pénétrer le colorant plus vite et plus profond que le même colorant dans de l’eau pure, et c’est ce qui rend la tache plus tenace qu’un simple jus de fruit. Le premier geste est d’absorber sans frotter, puis de rincer à l’eau froide en abondance — le sel et le vin blanc ne font que diluer, et l’eau le fait mieux.
Ce que c’est, et pourquoi ça tient
La couleur du vin rouge vient de la peau du raisin, sous forme d’anthocyanes — les mêmes pigments que ceux des fruits rouges, avec la même sensibilité au pH. Sa structure, en revanche, vient d’ailleurs : les tanins condensés, des polyphénols de grande taille issus des pépins, des peaux et parfois du bois de la barrique. Ce sont eux qui donnent l’astringence en bouche, et eux qui, sur un textile, s’accrochent le plus durablement.
Le vieillissement du vin fait réagir ces deux familles entre elles. Anthocyanes et tanins se lient en complexes plus gros, plus stables et moins solubles, ce qui explique la couleur brique d’un vin ancien. Sur un tissu, la même chimie se produit en accéléré : la tache passe du rouge-violet au brun-brique en quelques heures, et ce brun-là ne se rince plus.
L’alcool est le troisième acteur, et le plus sous-estimé. Un liquide alcoolisé mouille mieux une fibre que l’eau seule, parce que sa tension de surface est plus basse : il s’insinue plus vite entre les fibres et pénètre plus profond avant que le séchage ne l’arrête. À quantité égale de colorant, une tache de vin est donc mécaniquement plus profonde qu’une tache de jus de myrtille, et un rinçage de surface en récupère moins.
Le sucre résiduel et la glycérine naturelle du vin achèvent le tableau. Ils rendent la tache légèrement collante en séchant, ce qui capte les poussières et assombrit encore la zone. Ce n’est pas du colorant, mais cela contribue à l’aspect final et cela justifie le tensioactif à la fin de la séquence, quand la couleur a été traitée.
Ce qui la fait partir
Le premier geste est absorbant, pas liquide. On presse du papier absorbant ou un linge propre sur la tache, sans mouvement latéral, pour retirer le vin qui n’a pas encore pénétré. Frotter à ce stade multiplie la surface tachée sans réduire la quantité de colorant : on répartit au lieu de retirer. Sur une nappe, on glisse une épaisseur d’absorbant dessous avant même de commencer.
Vient le rinçage à l’eau froide, en abondance et par l’envers du tissu. Rincer par l’envers pousse le pigment vers la face qu’il a touchée en premier plutôt que de le faire traverser une deuxième fois. L’eau froide plutôt que chaude, parce que la chaleur accélère toute réaction chimique, y compris l’oxydation qui va brunir la tache et la rendre plus difficile.
L’oxydation est l’étape qui fait disparaître la couleur, et elle intervient après le rinçage. Le percarbonate de sodium, dans une eau à plus de quarante degrés, se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène, et le peroxyde casse les doubles liaisons du chromophore. En dessous de quarante degrés il ne libère presque rien : c’est la première cause d’échec dans son usage. Sur une fibre qui refuse la chaleur, l’eau oxygénée à 3 % fait le même travail plus lentement, et sans résidu puisqu’elle se décompose en eau et en oxygène.
L’acide citrique a une utilité précise à connaître. Il ramène le milieu en acide, ce qui ramène l’anthocyane vers le rouge et défait le virage bleu-gris provoqué par un savon, et il séquestre en plus les ions métalliques qui participent à la fixation. Sur une tache ancienne, la glycérine le précède : appliquée pure et laissée une heure, elle réhydrate le complexe oxydé et le rend de nouveau attaquable. C’est un humectant, pas un détachant.
Le tensioactif ferme la séquence, jamais ne l’ouvre. Sur un tanin non rincé, un savon alcalin peut fixer la couleur, et il la fait de toute façon virer. Une fois le pigment traité, le liquide vaisselle emporte le sucre et la glycérine du vin, ce qui règle l’aspect collant et la reprise de saleté.
Selon la matière
Le vin est facile sur les matières permissives et redoutable sur les poreuses, parce que l’alcool l’a fait descendre plus bas que la surface. La page vêtement et tissu détaille l’identification des fibres ; ce qui suit donne le verdict par classe.
Sur une fibre cellulosique — coton, lin, viscose, lyocell — tout est ouvert et le pronostic est bon. La fibre tolère l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui permet le percarbonate à sa vraie température, et une nappe en lin blanc revient souvent à son état d’origine. Le seul arbitrage porte sur la teinture : l’eau oxygénée éclaircit les couleurs, et l’eau de Javel, tolérée sur le coton blanc, laisse sur une couleur une auréole blanche définitive. Elle fragilise aussi la fibre à chaque usage, ce qui se paie sur une pièce qu’on garde.
Sur une fibre protéique — laine, soie, cachemire, angora — la classe la plus étroite du site, l’essentiel se referme. L’eau au-delà de trente degrés ouvre les écailles de la laine, qui s’accrochent entre elles et font feutrer le vêtement sans retour. Le percarbonate est alcalin, donc exclu par le même mécanisme que les cristaux de soude, qui font perdre à la laine son élasticité irréversiblement. Restent l’eau froide, et l’eau oxygénée à 3 % sur une laine claire après essai sur une couture intérieure. Sur la soie, le peroxyde ternit le brillant, et il n’y a pas de recours domestique : une pièce de valeur part chez le nettoyeur.
Sur un synthétique thermoplastique — polyester, polyamide, acrylique, élasthanne — la chimie passe et la chaleur mord. Le percarbonate à quarante ou cinquante degrés suffit largement. Mais le polyester se rétracte dès cent vingt degrés, l’élasthanne perd son élasticité dès soixante, et un fer laisse une marque lustrée définitive. L’eau de Javel casse par fragments l’élasthanne présent dans presque tous les tissus stretch, y compris ceux dont l’étiquette annonce du coton.
| Classe de matière | Ce qui décide sur une tache de vin |
|---|---|
| Cellulosique | Percarbonate à chaud : pronostic bon, seul risque la teinture |
| Protéique | Eau froide ; peroxyde à 3 % sur laine claire, rien sur la soie |
| Synthétique | Oxydant à 40-50 °C ; aucun fer, aucune javel |
| Minéral poreux | L’alcool a fait descendre le colorant ; aucun acide sur un carbonate |
| Minéral vitrifié | Rien ne pénètre : la tache s’essuie, même tardivement |
| Revêtement | La couleur migre dans le film et n’en ressort pas |
| Peau vivante | Coloration passagère de la couche cornée : rien à faire |
Sur un minéral poreux — béton, joint de carrelage, pierre calcaire, marbre, travertin, terre cuite, plâtre — le vin est un mauvais cas. La porosité aspire le liquide par capillarité, l’alcool accélère cette descente, et la tache s’installe à plusieurs millimètres de profondeur. Un traitement de surface éclaircit puis la couleur remonte. Le piège spécifique est chimique : la moitié de ces matières est faite de carbonate de calcium, et l’acide citrique qu’on emploierait volontiers y grave une zone mate et rugueuse, en creux, qui ne se repolit pas au chiffon. Sur du marbre ou une pierre calcaire, le reponçage et le cataplasme de reprise sont des métiers.
Sur un minéral vitrifié — verre, émail, faïence, inox, grès cérame — le vin n’est presque jamais un problème. La tache reste posée dessus, elle s’essuie même tardivement, et un verre teinté par un fond de vin se traite au percarbonate en trempage. Les deux seules limites sont l’abrasif, qui laisse sur le verre, le chrome et l’inox brossé une rayure définitive, et l’eau de Javel sur l’inox, dont les chlorures percent la couche passive de chrome et creusent des points de rouille.
La classe des revêtements appelle de la retenue. Un stratifié de plan de travail, un cuir pigmenté de canapé, un joint de silicone se colorent parce que le pigment migre dans le film et s’y installe : la couleur n’est plus posée dessus, elle est dans la matière du film. Une oxydation douce à l’eau oxygénée sur chiffon, par contacts courts et répétés, est le maximum raisonnable. Les solvants qui viendraient à bout du tanin dissoudraient le film, et l’abrasif, sur quelques microns, met le support à nu. Sur un cuir pigmenté, la tache de vin relève du réparateur qui recolore.
Sur la peau, il n’y a rien à traiter. La coloration reste dans la couche cornée, qui se renouvelle en deux à quatre semaines, et l’eau savonneuse en enlève l’essentiel. Aucun solvant ne se justifie : l’acétone dissout le film lipidique cutané et provoque une dermatite de contact qui dure plus longtemps que la trace.
Les erreurs qui la fixent
La chaleur sèche est l’irréversible. Un passage au fer ou un cycle de sèche-linge achève l’oxydation du complexe anthocyane-tanin et rend le brunissement permanent : la molécule atteint un état stable, et il n’y a plus de chromophore fragile à casser. Une nappe tachée se vérifie humide, à la lumière du jour, avant tout séchage machine.
Savonner avant de rincer est la deuxième, et la couleur la dénonce. Le pH élevé du savon fait virer les anthocyanes au bleu-gris, ce qui donne l’impression d’avoir aggravé la tache, et sur un tanin non rincé le tensioactif alcalin peut fixer la couleur. Les cristaux de soude, à pH 11, foncent la plupart des tanins et transforment un rouge en brun : c’est le produit le plus puissant du placard qui travaille contre l’objectif.
Frotter est la troisième, et elle se commet dans la première seconde. Un colorant encore liquide se répartit sous la pression sans se retirer, et une tache de dix centimètres remplace une tache de trois. Le tamponnement, avec changement de zone propre à chaque contact, est le seul geste qui réduit la quantité.
Enfin, empiler les recettes. Le vin est la tache la plus commentée du détachage domestique, et l’on trouve pour elle plus de conseils que pour n’importe quelle autre substance. Appliquer le sel, puis le vin blanc, puis l’eau gazeuse, puis le bicarbonate, puis le savon revient à faire quatre choses inutiles pendant la seule fenêtre où le rinçage aurait été décisif. Le bicarbonate, en particulier, n’est ni oxydant ni solvant du chromophore : il absorbe l’humidité, rien de plus.
Pourquoi le vin domine la littérature du détachage
Il vaut la peine de dire une chose que les pages sur le vin ne disent jamais : cette tache est célèbre bien au-delà de sa fréquence réelle. Dans les recherches françaises relevées au cadrage de ce site, le vin pèse une fraction de ce que pèsent la colle, le chewing-gum ou la peinture, alors qu’il occupe une place démesurée dans les recueils de conseils. La littérature du détachage s’est organisée autour de lui parce qu’il fait une bonne image — la nappe blanche, le verre renversé, le dîner gâché — pas parce qu’il pose un problème fréquent.
Cette disproportion a une conséquence pratique. Les recettes du vin ont été répétées, transmises et embellies plus que toutes les autres, et ce sont celles où la part de folklore est la plus grande. Le sel, le vin blanc, l’eau gazeuse, le lait, la craie appartiennent à cette couche : ils ont en commun de diluer ou d’absorber un peu, ce que fait n’importe quel absorbant, et de ne rien apporter de chimique. Aucun d’eux n’agit sur le chromophore, qui est le seul objet du problème.
L’autre conséquence est méthodologique, et elle vaut pour tout le site. Une tache se traite par sa classe chimique, non par son nom. Une fois le vin rangé avec le café, les fruits rouges et le thé — tanins et colorants végétaux —, le raisonnement devient identique et vérifiable : eau froide d’abord, oxydant ensuite, jamais de savon en premier, jamais de chaleur avant d’avoir vérifié. Le nom de la boisson n’ajoute qu’un détail, l’alcool, qui explique seulement pourquoi il faut être plus rapide.
Les deux substances qui partagent sa chimie sont détaillées séparément : les fruits rouges, pour la partie anthocyane et son virage au bleu, et le café, pour les tanins bruns et le cas du lait. Le raisonnement général qui range les taches par classe est exposé sur la page méthode.
Le croisement, matière par matière
Vin relève de la classe TAN — tanins et colorants végétaux. Le tableau ci-dessous donne, pour chacune des sept classes de matières du site, ce qui agit et ce qui détruit. Il est calculé, pas rédigé : il ne peut donc pas contredire les pages de couple.
Fibre cellulosique M2 porosité forte
Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.
Ce qui agit sans abîmer
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
- Acide citrique Dissout le carbonate comme le vinaigre, et il séquestre en plus le calcium et le fer : sa molécule les enferme dans un complexe soluble. C’est ce double effet qui le rend plus efficace que le vinaigre sur un dépôt ancien.
- Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
- Eau froide Sur le bois brut, l’eau gonfle la fibre et lève le grain. Travailler humide, jamais mouillé.
- Eau oxygénée Éclaircit les teintures. Essai sur couture intérieure.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Minéral vitrifié et métal M5 porosité nulle
Aucune porosité : la tache reste posée dessus, ce qui autorise des solvants et des acides interdits ailleurs. La vulnérabilité se déplace vers deux autres choses — la rayure, définitive sur le verre et le chrome, et la corrosion électrochimique des métaux.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
- Eau oxygénée peroxyde d’hydrogène, 3 % soit 10 volumes Même oxydation que le percarbonate, à froid et plus lentement. Se décompose en eau et en oxygène, ce qui ne laisse aucun résidu à rincer.
- Acide citrique Dissout le carbonate comme le vinaigre, et il séquestre en plus le calcium et le fer : sa molécule les enferme dans un complexe soluble. C’est ce double effet qui le rend plus efficace que le vinaigre sur un dépôt ancien.
- Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle
Des chaînes de polymère non réticulées, qui glissent les unes sur les autres quand on les chauffe. D’où deux faiblesses propres : la fusion, dès 60 à 120 °C selon le plastique, et l’attaque par les solvants, qui s’insinuent entre les chaînes et font perdre sa cohésion à la matière.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
- Eau oxygénée peroxyde d’hydrogène, 3 % soit 10 volumes Même oxydation que le percarbonate, à froid et plus lentement. Se décompose en eau et en oxygène, ce qui ne laisse aucun résidu à rincer.
- Acide citrique Dissout le carbonate comme le vinaigre, et il séquestre en plus le calcium et le fer : sa molécule les enferme dans un complexe soluble. C’est ce double effet qui le rend plus efficace que le vinaigre sur un dépôt ancien.
- Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Minéral poreux M4 porosité forte
Un réseau de pores ouverts qui aspire tout liquide par capillarité : une tache grasse y descend de plusieurs millimètres. Et la moitié de ces matières est faite de carbonate de calcium, donc soluble dans le moindre acide — y compris le liant du ciment.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
- Eau oxygénée peroxyde d’hydrogène, 3 % soit 10 volumes Même oxydation que le percarbonate, à froid et plus lentement. Se décompose en eau et en oxygène, ce qui ne laisse aucun résidu à rincer.
- Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
- Acide citrique Même réaction, un peu plus lente. Le pouvoir chélatant n’y change rien.
Le cas où l’on passe la main
Marbre gravé, pierre tachée en profondeur, dalle ancienne : le reponçage et le cataplasme de reprise sont des métiers. Un essai maison sur une pierre calcaire tachée finit presque toujours par une auréole plus large.
Fibre protéique M1 porosité forte
Sa fibre est faite des mêmes protéines que la tache : kératine pour la laine, fibroïne pour la soie, collagène pour le cuir. Tout ce qui détruit une protéine détruit donc la matière. C’est la classe la plus étroite du site.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Acide citrique Dissout le carbonate comme le vinaigre, et il séquestre en plus le calcium et le fer : sa molécule les enferme dans un complexe soluble. C’est ce double effet qui le rend plus efficace que le vinaigre sur un dépôt ancien.
- Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.
Sous condition
- Eau oxygénée Toléré à 3 % sur la laine claire, sur essai préalable. Sur la soie, il ternit le brillant.
Agit, mais détruit
- Percarbonate de sodium Il se dissocie en carbonate de sodium, qui feutre la laine irréversiblement, et il ne libère son oxygène qu’à partir de 40 °C — soit dix degrés au-dessus de ce que la fibre supporte. Deux raisons distinctes, même conclusion.
- Eau chaude Au-delà de 30 °C, les écailles de la laine s’ouvrent et s’accrochent entre elles : le vêtement feutre et rétrécit sans retour.
Le cas où l’on passe la main
Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.
Revêtement et film M6 porosité nulle
La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
- Eau oxygénée peroxyde d’hydrogène, 3 % soit 10 volumes Même oxydation que le percarbonate, à froid et plus lentement. Se décompose en eau et en oxygène, ce qui ne laisse aucun résidu à rincer.
- Acide citrique Dissout le carbonate comme le vinaigre, et il séquestre en plus le calcium et le fer : sa molécule les enferme dans un complexe soluble. C’est ce double effet qui le rend plus efficace que le vinaigre sur un dépôt ancien.
- Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Peau vivante M7 porosité faible
La seule matière du site qui se répare toute seule. C’est ce qui change entièrement la stratégie : on ne cherche pas le retrait rapide mais le retrait sans lésion, et attendre est presque toujours la meilleure option. La couche cornée se renouvelle en deux à quatre semaines.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
- Eau oxygénée peroxyde d’hydrogène, 3 % soit 10 volumes Même oxydation que le percarbonate, à froid et plus lentement. Se décompose en eau et en oxygène, ce qui ne laisse aucun résidu à rincer.
- Acide citrique Dissout le carbonate comme le vinaigre, et il séquestre en plus le calcium et le fer : sa molécule les enferme dans un complexe soluble. C’est ce double effet qui le rend plus efficace que le vinaigre sur un dépôt ancien.
- Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Le cas où l’on passe la main
Paupière, lèvre, œil ou surface étendue collés : service d’urgences, sans rien tenter. Un décollement forcé de la paupière arrache la cornée.
Ce qui aggrave la tache
- Cristaux de soude Un pH élevé fonce la plupart des tanins : la tache vire au brun et devient plus difficile.
- Liquide vaisselle Sur une tache de tanin non rincée, le savon alcalin peut fixer la couleur. Rincer avant de savonner.
- Chaleur sèche Le séchage achève l’oxydation et rend le brunissement permanent.
Ce qui ne sert à rien
- White-spirit Un tanin est hydrosoluble : un solvant apolaire n’y accède pas.
- Bicarbonate de sodium Ni oxydant ni solvant du chromophore. Il absorbe l’humidité, rien de plus.
Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.
Sur cette page, ne mélangez jamais
Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)
Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.
Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.
Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux
L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.
Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.
Eau oxygénée+Vinaigre blanc→ acide peracétique
Corrosif pour la peau, les yeux et les voies respiratoires, bien au-delà de ses deux composants. Le mélange circule pourtant comme une recette de nettoyage naturel. Utilisés l’un APRÈS l’autre avec un rinçage entre les deux, les deux produits sont sans danger ; mélangés dans le même flacon, non.
Soude caustique ou cristaux de soude+Aluminium→ dihydrogène
L’aluminium est amphotère : il réagit avec les bases fortes. Le dégagement d’hydrogène est vif, inflammable, et dans un récipient fermé il monte en pression. La casserole en alu, elle, est perdue.
White-spirit, térébenthine, acétone+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables
Ces solvants ont un point d’éclair bas et leurs vapeurs sont plus lourdes que l’air : elles s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.
La liste complète est sur la page sécurité.
Questions fréquentes
Le vin blanc enlève-t-il une tache de vin rouge ?
Non, il dilue, et l'eau claire dilue mieux et gratuitement. Le vin blanc est une eau légèrement acide et alcoolisée, et son alcool aide même le colorant à pénétrer. La recette survit parce qu'elle est spectaculaire à raconter, pas parce qu'elle fonctionne.
Faut-il mettre du sel sur une tache de vin ?
Le sel absorbe un peu de liquide, comme le ferait n'importe quelle poudre, mais il n'a aucune action chimique sur les anthocyanes ni sur les tanins. Il donne l'illusion d'agir parce qu'il rosit en s'imbibant. Du papier absorbant fait la même chose mieux, et se jette.
Comment enlever une tache de vin séchée ?
Il faut d'abord la réhydrater : la glycérine pure, laissée une heure puis rincée, rend le colorant oxydé de nouveau attaquable. On enchaîne par un oxydant, percarbonate de sodium dans une eau à plus de quarante degrés sur du coton, ou eau oxygénée à 3 % à froid sur une fibre délicate.
Pourquoi ma tache de vin est-elle devenue bleue ou grise ?
Les anthocyanes du vin changent de couleur avec le pH : elles virent au bleu-gris en milieu alcalin, donc sous l'effet d'un savon. Le colorant n'a pas été fixé, il a changé d'état, et un rinçage abondant à l'eau claire ramène la teinte vers le rouge.
Sources et méthode
- Classification des taches par classe chimique et des matières par tolérance, telle que publiée sur ce site
- Composition colorante du vin rouge : anthocyanes libres, tanins condensés, complexes tanin-anthocyane
Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.