En bref
- La curcumine est un polyphénol jaune quasi insoluble dans l'eau et très soluble dans les corps gras : elle arrive portée par de l'huile, et la tache est double.
- L'ordre est imposé par la chimie : dégraisser d'abord au tensioactif, décolorer ensuite à l'oxydant. Inversé, l'oxydant n'atteint pas le colorant sous l'huile.
- La curcumine se dégrade aux ultraviolets. Un blanc lavé puis étendu au soleil s'éclaircit en quelques heures : c'est un des rares cas où l'attente fait le travail.
- Laver à l'eau seule ne bouge presque rien, parce que le colorant n'y est pas soluble. Ce n'est pas un manque de force, c'est un problème de polarité.
Une tache de curcuma ou de curry se traite en deux temps, dans un ordre qui n’est pas négociable : dégraisser au liquide vaisselle, puis casser le jaune à l’oxydant. La raison est chimique : la curcumine est un polyphénol quasi insoluble dans l’eau et très soluble dans les corps gras, donc elle arrive portée par de l’huile, et cette huile fait écran à tout ce qu’on appliquerait par-dessus. Et il existe ici un troisième geste, gratuit : la curcumine se dégrade aux ultraviolets, et un blanc étendu au soleil s’éclaircit tout seul.
Identifier ce qu’on a devant soi
La première chose à établir est ce que la tache contient réellement, parce que le mot « curcuma » recouvre au moins trois situations. La poudre sèche renversée sur un vêtement est le cas le plus simple : elle se brosse à sec, et il ne reste qu’un voile jaune. Un curry, une sauce au lait de coco ou une bolognaise apportent en plus une phase grasse abondante, et c’est le cas courant. Une sauce tomate industrielle y ajoute du sucre, qu’aucun produit ne fixe mais que la chaleur sèche caramélise dans la trame.
La deuxième chose est la fibre, et elle se lit sur l’étiquette. Le coton, le lin et la viscose sont les cas favorables : ils tolèrent le tensioactif, l’eau chaude, le percarbonate de sodium à partir de quarante degrés et l’exposition au soleil. Le polyester et le polyamide acceptent le dégraissage et les oxydants, mais leur trame serrée retient la phase grasse en surface, et le tensioactif y demande un temps de contact plus long. La laine et la soie ferment la voie du percarbonate, qui exige une chaleur qu’elles ne supportent pas.
La troisième chose est la couleur du vêtement, et elle décide de la voie de décoloration. Sur un blanc, tout est ouvert, y compris le soleil. Sur un tissu teint, l’oxydant qui casse le jaune casse aussi la teinture : l’eau oxygénée éclaircit les textiles teints, et le percarbonate agit de la même manière en plus fort. C’est le compromis à accepter en connaissance, après un essai sur une couture intérieure.
Un dernier repère utile, à l’œil : la tache a-t-elle un halo plus large et plus pâle autour du jaune vif. Ce halo est la partie grasse qui a migré par capillarité, et il est plus grand que ce qu’on croit devoir traiter. Le dégraissage doit le couvrir entièrement, sans quoi il réapparaîtra en auréole au séchage.
Le mode opératoire
- Retirer le solide, sans étaler. Une cuillère ou une spatule pour la sauce, une brosse souple pour la poudre sèche, en soulevant plutôt qu’en poussant. Sur la partie grasse encore fraîche, un absorbant sec — terre de Sommières, talc — posé cinq à dix minutes capte l’huile avant qu’elle ne descende dans la trame. C’est le seul geste qui gagne du terrain dans la première minute.
- Rincer à l’eau froide, par l’envers, deux minutes. Ce rinçage n’emporte pas la curcumine, qui n’y est pas soluble, mais il emporte le reste de la sauce : sels, sucres, tomate, épices hydrosolubles. C’est du volume retiré avant l’étape utile, et il n’y a aucune raison de s’en priver.
- Dégraisser au tensioactif, dix à quinze minutes. Liquide vaisselle pur déposé sur la tache, travaillé du bout du doigt sans frotter le tissu contre lui-même, puis rincé à l’eau chaude si l’étiquette l’autorise. Un tensioactif a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre à l’eau : il enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter. Recommencez tant que le halo pâle ne disparaît pas.
- Casser le jaune, selon la couleur du vêtement. Sur un blanc en coton ou en lin, le percarbonate de sodium dans un bain à quarante degrés minimum : en dessous il ne se dissocie presque pas et ne libère aucun oxygène actif. Sur un tissu teint ou une fibre fragile, l’eau oxygénée à 3 % à froid, plus lente, après essai sur une couture intérieure.
- Laver au programme habituel, puis étendre humide au soleil. Sur un blanc, c’est l’étape la plus rentable de la liste : la curcumine se dégrade sous le rayonnement ultraviolet, et quelques heures de plein soleil sur un tissu encore humide suffisent souvent à finir ce que l’oxydant a commencé.
- Vérifier sur tissu sec avant tout séchage chaud. Aucun fer, aucun sèche-linge, aucun radiateur tant qu’il reste du jaune : la chaleur sèche achève l’oxydation du colorant et rend le brunissement permanent. C’est la seule étape irréversible de la séquence.
L’ordre des étapes 3 et 4 est le point qui distingue une tentative réussie d’une tentative répétée sans résultat. Un oxydant appliqué sur une tache encore grasse ne rencontre pas le colorant : il rencontre l’huile qui l’enveloppe, et il n’a aucune prise sur elle. C’est pourquoi tant de vêtements sortent d’un traitement au percarbonate avec un jaune presque intact — le produit était le bon, il n’était pas au bon endroit.
Ce qui ne marche pas, et pourquoi
Laver plusieurs fois à la lessive habituelle est l’erreur la plus fréquente, et la plus décourageante. Un lavage ordinaire enlève très bien l’huile, donc la tache paraît changer : elle perd son relief et son halo, et il reste un jaune net qui ne bouge plus. La curcumine n’est pas soluble dans l’eau, et un tensioactif ne casse pas une couleur : il faut un oxydant, et le lavage seul n’en apporte pas assez pour compter.
Le bicarbonate de sodium en pâte est la deuxième fausse bonne idée. Il n’est ni un oxydant, ni un solvant du chromophore, ni un tensioactif : il absorbe l’humidité et il tamponne légèrement vers l’alcalin. Or un pH élevé fonce la plupart des colorants végétaux, ce qui va exactement dans la mauvaise direction sur cette classe de taches. Et frotté sur un tissu humide, il laisse une croûte blanche qui s’incruste dans la trame.
Passer directement à l’eau de Javel est la troisième, et elle échange un problème contre un autre. Elle casse effectivement la couleur, par oxydation brutale et non sélective : sur un vêtement teint, elle laisse une auréole blanche définitive à la place du jaune. Elle détruit par ailleurs la laine, la soie et l’élasthanne présent dans presque tous les jerseys, et elle annule toute lessive enzymatique déjà appliquée.
Le soleil fait une partie du travail gratuitement
C’est la particularité de cette tache, et elle vaut d’être exploitée. La curcumine absorbe fortement la lumière — c’est ce qui la rend jaune — et cette absorption la dégrade : sous rayonnement ultraviolet, sa molécule se casse et la couleur disparaît. Autrement dit, le soleil fait sur cette tache ce qu’un oxydant fait chimiquement, sans produit, sans risque de rinçage et sans température.
La mise en œuvre est simple et demande deux conditions. Le vêtement doit être propre, donc lavé et dégraissé, sinon on fixe une salissure au soleil au lieu de la retirer. Et il doit être étendu encore humide, en plein soleil, à plat ou sur un fil : quelques heures suffisent à voir la différence sur un coton blanc, et l’opération se répète le lendemain sans dommage.
La réserve est valable pour tous les textiles teints. Le même rayonnement qui casse la curcumine attaque la teinture du vêtement, et l’éclaircissement n’est pas réversible. Sur une couleur, on limite donc l’exposition à une heure ou deux, à l’ombre portée plutôt qu’en plein sud, et on surveille. Sur un blanc, il n’y a rien à surveiller.
Le cas où il faut s’arrêter
Une tache de curry déjà passée au sèche-linge ou repassée est le cas où le pronostic change. La chaleur sèche achève l’oxydation du colorant, le brunissement devient permanent, et ce qui restait de la phase grasse a été cuit dans la fibre. On peut encore éclaircir sur un blanc, à l’oxydant puis au soleil, et il faut savoir que c’est le maximum atteignable avant d’enchaîner les produits sur un vêtement qu’on finira par fragiliser.
La laine, la soie et le cachemire posent une limite d’un autre ordre. Le dégraissage au tensioactif y est possible, brièvement et à l’eau tiède, mais la décoloration ne l’est pas : le percarbonate de sodium exige quarante degrés, or l’eau au-delà de trente degrés ouvre les écailles de la laine et la fait feutrer sans retour, et le carbonate qu’il libère en se dissociant lui fait perdre son élasticité. Il reste l’eau oxygénée à 3 % très diluée sur une laine claire, après essai — et sur la soie, elle ternit le brillant, ce qui est un dommage visible. Sur une pièce de valeur, la tache part chez le nettoyeur.
La chimie de la curcumine et sa double nature sont détaillées sur la page consacrée au curcuma et aux sauces épicées. Les paramètres que l’étiquette fixe pour tout détachage sont expliqués sur la page vêtement et tissu. Pour la partie strictement grasse de la tache, qui est la première à traiter, la page graisse sur un vêtement détaille le dégraissage. La méthode générale du site explique pourquoi l’ordre des étapes compte plus que le choix du produit.
Le croisement, matière par matière
« Curcuma et sauces épicées » relève de la classe TAN — tanins et colorants végétaux. « Vêtement et tissu » recouvre 4 classes de matière, et le verdict n’est pas le même d’une classe à l’autre. C’est pour cette raison que la page ne peut pas se résumer à un seul geste.
Fibre cellulosique M2 porosité forte
Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.
Ce qui agit sans abîmer
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
- Acide citrique Dissout le carbonate comme le vinaigre, et il séquestre en plus le calcium et le fer : sa molécule les enferme dans un complexe soluble. C’est ce double effet qui le rend plus efficace que le vinaigre sur un dépôt ancien.
- Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
- Eau froide Sur le bois brut, l’eau gonfle la fibre et lève le grain. Travailler humide, jamais mouillé.
- Eau oxygénée Éclaircit les teintures. Essai sur couture intérieure.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Fibre protéique M1 porosité forte
Sa fibre est faite des mêmes protéines que la tache : kératine pour la laine, fibroïne pour la soie, collagène pour le cuir. Tout ce qui détruit une protéine détruit donc la matière. C’est la classe la plus étroite du site.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Acide citrique Dissout le carbonate comme le vinaigre, et il séquestre en plus le calcium et le fer : sa molécule les enferme dans un complexe soluble. C’est ce double effet qui le rend plus efficace que le vinaigre sur un dépôt ancien.
- Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.
Sous condition
- Eau oxygénée Toléré à 3 % sur la laine claire, sur essai préalable. Sur la soie, il ternit le brillant.
Agit, mais détruit
- Percarbonate de sodium Il se dissocie en carbonate de sodium, qui feutre la laine irréversiblement, et il ne libère son oxygène qu’à partir de 40 °C — soit dix degrés au-dessus de ce que la fibre supporte. Deux raisons distinctes, même conclusion.
- Eau chaude Au-delà de 30 °C, les écailles de la laine s’ouvrent et s’accrochent entre elles : le vêtement feutre et rétrécit sans retour.
Le cas où l’on passe la main
Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.
Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle
Des chaînes de polymère non réticulées, qui glissent les unes sur les autres quand on les chauffe. D’où deux faiblesses propres : la fusion, dès 60 à 120 °C selon le plastique, et l’attaque par les solvants, qui s’insinuent entre les chaînes et font perdre sa cohésion à la matière.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
- Eau oxygénée peroxyde d’hydrogène, 3 % soit 10 volumes Même oxydation que le percarbonate, à froid et plus lentement. Se décompose en eau et en oxygène, ce qui ne laisse aucun résidu à rincer.
- Acide citrique Dissout le carbonate comme le vinaigre, et il séquestre en plus le calcium et le fer : sa molécule les enferme dans un complexe soluble. C’est ce double effet qui le rend plus efficace que le vinaigre sur un dépôt ancien.
- Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Revêtement et film M6 porosité nulle
La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.
Ce qui agit sans abîmer
- Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
- Eau oxygénée peroxyde d’hydrogène, 3 % soit 10 volumes Même oxydation que le percarbonate, à froid et plus lentement. Se décompose en eau et en oxygène, ce qui ne laisse aucun résidu à rincer.
- Acide citrique Dissout le carbonate comme le vinaigre, et il séquestre en plus le calcium et le fer : sa molécule les enferme dans un complexe soluble. C’est ce double effet qui le rend plus efficace que le vinaigre sur un dépôt ancien.
- Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.
- Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Ce qui aggrave la tache
- Cristaux de soude Un pH élevé fonce la plupart des tanins : la tache vire au brun et devient plus difficile.
- Liquide vaisselle Sur une tache de tanin non rincée, le savon alcalin peut fixer la couleur. Rincer avant de savonner.
- Chaleur sèche Le séchage achève l’oxydation et rend le brunissement permanent.
Ce qui ne sert à rien
- White-spirit Un tanin est hydrosoluble : un solvant apolaire n’y accède pas.
- Bicarbonate de sodium Ni oxydant ni solvant du chromophore. Il absorbe l’humidité, rien de plus.
Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.
Sur cette page, ne mélangez jamais
Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)
Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.
Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.
Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux
L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.
Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.
Eau oxygénée+Vinaigre blanc→ acide peracétique
Corrosif pour la peau, les yeux et les voies respiratoires, bien au-delà de ses deux composants. Le mélange circule pourtant comme une recette de nettoyage naturel. Utilisés l’un APRÈS l’autre avec un rinçage entre les deux, les deux produits sont sans danger ; mélangés dans le même flacon, non.
Soude caustique ou cristaux de soude+Aluminium→ dihydrogène
L’aluminium est amphotère : il réagit avec les bases fortes. Le dégagement d’hydrogène est vif, inflammable, et dans un récipient fermé il monte en pression. La casserole en alu, elle, est perdue.
White-spirit, térébenthine, acétone+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables
Ces solvants ont un point d’éclair bas et leurs vapeurs sont plus lourdes que l’air : elles s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.
La liste complète est sur la page sécurité.
Questions fréquentes
Pourquoi une tache de curcuma ne part-elle pas à l'eau ?
Parce que la curcumine est un polyphénol quasi insoluble dans l'eau, et très soluble dans les corps gras. L'eau ne peut donc pas la mettre en solution, quelle que soit la quantité ou la température. Il faut d'abord retirer l'huile qui la porte, avec un tensioactif, puis casser sa couleur avec un oxydant.
Le soleil enlève-t-il vraiment une tache de curry ?
Oui, sur un textile blanc, et c'est vérifiable en quelques heures. La curcumine se dégrade sous la lumière ultraviolette : le vêtement lavé puis étendu humide au soleil s'éclaircit sans aucun produit. Sur un tissu de couleur, le même rayonnement attaque aussi la teinture, donc l'exposition doit rester courte.
Faut-il de l'eau chaude sur une tache de curcuma ?
De l'eau chaude aide à l'étape du dégraissage, parce qu'elle abaisse la viscosité de l'huile qui porte le colorant. En revanche, aucune chaleur sèche avant que le jaune ait disparu : le fer et le sèche-linge achèvent l'oxydation du colorant et rendent le brunissement permanent.
Que faire d'une tache de curry sur un vêtement de couleur ?
Le dégraissage au liquide vaisselle et un lavage à la lessive habituelle sont sans risque. Pour le jaune restant, l'eau oxygénée à 3 % remplace le percarbonate, mais elle éclaircit les teintures : il faut l'essayer sur une couture intérieure et attendre le séchage complet avant de conclure.
Sources et méthode
- Classification des taches par classe chimique et des matières par tolérance, telle que publiée sur ce site
- Nature de la curcumine : polyphénol jaune, très peu soluble dans l'eau, très soluble dans les corps gras, dégradée par la lumière ultraviolette
- Mode d'action des tensioactifs, du percarbonate de sodium et du peroxyde d'hydrogène à 3 %
Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.