En bref
- L'alcool à 90° ou l'alcool isopropylique dissout l'encre pâteuse d'un stylo bille ; l'eau, elle, ne la dissout pas et la transporte.
- Le geste qui décide est l'absorbant sec glissé sous le tissu : sans lui, le solvant repousse le colorant vers l'intérieur de la fibre.
- L'eau savonneuse est la pire première réaction : elle étale la marque sur deux à trois fois sa surface avant qu'on ait choisi une méthode.
- On ne sèche ni ne repasse un vêtement dont la tache n'est pas partie : la chaleur sèche cuit les résines de l'encre dans la trame.
Une tache de stylo bille part à l’alcool, et à rien d’autre. Son encre pâteuse est un colorant dissous dans un solvant visqueux et épaissi par des résines : ces résines rendent l’eau totalement inopérante, et c’est ce qui fait de ce cas le plus net du site où le mauvais produit aggrave le problème. Le geste qui décide du résultat est un absorbant sec glissé sous le tissu, l’alcool posé par petites touches sur le dessus, et le colorant qui migre vers le bas.
Identifier ce qu’on a devant soi
Trois écritures se ressemblent sur un vêtement et ne se traitent pas pareil. Le stylo bille laisse un trait légèrement en relief, un peu brillant, qu’on sent sous le doigt : c’est l’encre pâteuse, celle dont il est question ici. Le stylo à encre gel ou le roller déposent une encre plus fluide, souvent à base d’eau, qui pénètre plus loin mais se rince mieux. Le feutre, enfin, est soit lavable soit permanent, et rien sur le corps du stylo ne le dit clairement.
Le test coûte trente secondes et il commande tout. On humecte un coton-tige d’eau claire, on le presse une seconde sur le bord de la marque, dans un endroit peu visible. Si le coton prend de la couleur, l’encre est hydrosoluble et le traitement se fera à l’eau froide et au liquide vaisselle, sans aucun solvant. S’il reste blanc, on est bien sur une encre en solvant, et c’est l’alcool qui travaillera.
La fibre décide ensuite de la limite. L’étiquette de composition donne la matière, l’étiquette d’entretien donne la température, l’autorisation de chlorer et celle de repasser — soit exactement les paramètres du détachage, et c’est le seul mode d’emploi normalisé du site, détaillé sur la page des symboles d’entretien. Le coton, le lin et la viscose sont indifférents aux alcools. La laine et la soie ne craignent pas le solvant pour elles-mêmes, mais leurs teintures et leurs apprêts, oui : on risque d’enlever la couleur du vêtement avec celle du stylo.
Deux détails coûtent plus cher que la tache. La doublure d’une veste ou d’une jupe est très souvent en acétate, que l’acétone dissout : elle ne la tache pas, elle la troue. Et une sérigraphie, un flocage ou un tissu enduit sont des films de quelques microns, plus fragiles que le tissu qui les porte : ils partent avant l’encre. Ces deux cas relèvent des pièges généraux du textile, qui les décrit plus largement.
Le mode opératoire
Compter vingt minutes pour une marque de quelques centimètres, en travaillant à plat, sur une table protégée.
- Ne rien mouiller. C’est la première décision, et la plus rentable. Poser le vêtement à plat, tache vers le haut, et tendre la zone sans l’étirer.
- Monter le montage. Glisser quatre à cinq feuilles de papier absorbant sous la tache, en contact direct avec l’envers du tissu. C’est ce paquet qui recevra le colorant, et son état dira si l’on progresse.
- Essayer sur une couture intérieure. Une goutte d’alcool sur un ourlet, une minute, puis un coton blanc pressé dessus. Si le coton prend la teinture du vêtement, on s’arrête ici.
- Tamponner l’alcool au coton-tige, du bord vers le centre, par petites touches serrées. Jamais frotter : frotter un colorant remis en solution multiplie la surface tachée par deux ou trois sans retirer un milligramme de couleur.
- Changer de coton dès qu’il se colore, et changer l’absorbant du dessous dès qu’il est marqué. Un absorbant qui ne prend plus rien signale soit la fin, soit un colorant qu’on ne mobilise plus.
- Répéter trois ou quatre fois, en laissant l’alcool s’évaporer entre deux passages. On travaille par cycles courts, pas en noyant la zone.
- Dégraisser. L’alcool emporte le colorant et laisse les résines. Une goutte de liquide vaisselle sur la zone humide, émulsionnée du doigt, puis un rinçage à l’eau froide, retire ce fond gras qui garderait la saleté.
- Laver au programme de l’étiquette, puis vérifier avant tout séchage. Si un fond de couleur reste, ne pas sécher en machine et ne pas repasser : la chaleur sèche fixerait ce qui reste.
- Traiter le fond résiduel au percarbonate de sodium, dans un bain à 40 °C au moins, sur un blanc ou une couleur solide — en dessous de cette température il ne libère presque rien. Sur une laine claire, l’eau oxygénée à 3 % à froid est l’option prudente, après essai.
Ce qui ne marche pas, et pourquoi
L’eau savonneuse, d’abord, parce que c’est le réflexe de tout le monde. Un tensioactif est fait pour émulsionner le gras ; les résines d’une encre pâteuse ne sont pas grasses, et le colorant n’est pas hydrosoluble. L’eau ne le dissout donc pas : elle le pousse. Le colorant voyage sur le front d’eau et se redépose en cercle en séchant, ce qui laisse une auréole large et pâle, plus difficile à reprendre que le trait initial.
La laque pour cheveux est la deuxième fausse bonne idée, et elle est intéressante parce qu’elle marche à moitié. Ce qui agit dedans est l’alcool qu’elle contient — donc exactement le produit qu’on aurait pu appliquer pur. Ce qui reste est la résine filmogène qui la fait tenir dans les cheveux, et qu’on vient de déposer sur la fibre par-dessus la tache. On applique un fixatif sur un colorant, en moins dosé et en moins contrôlé.
Le lait et le vinaigre blanc circulent tous les deux et n’ont aucun mécanisme ici. Le lait est de l’eau chargée de protéines et de matière grasse : il ajoute une tache protéique, que la chaleur du lavage coagulera et fixera. Le vinaigre agit par dissolution des carbonates ; un colorant organique n’est ni un carbonate ni un oxyde, il n’y a rien à attaquer.
Frotter, enfin, est le geste que la panique commande et que la physique interdit. On ne retire pas une quantité de colorant par pression, on la répartit sur une surface plus grande. Le tamponnement, chiffon replié et zone propre à chaque contact, est plus lent et c’est le seul qui réduise la quantité présente.
Le cas où il faut s’arrêter
Quand l’essai sur la couture a coloré le coton, le solvant emporte la teinture du vêtement en même temps que l’encre. Sur une soie, un cachemire ou un lin foncé, l’échange est mauvais : on remplace un trait bleu par une zone décolorée, qui se voit davantage. Une pièce de valeur part chez le nettoyeur, qui dispose de solvants et d’un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi.
Sur une sérigraphie, un flocage ou un imprimé, il faut choisir entre le motif et la tache. L’alcool attaque les films et les impressions, et il n’existe pas de dosage qui enlève l’encre en épargnant l’impression posée à côté. Quand la marque est sur le motif lui-même, la réponse honnête est qu’on ne la retire pas.
Une tache déjà lavée puis passée au sèche-linge ou sous le fer a changé de nature. La chaleur sèche a fait migrer et durcir les résines, qui opposent au solvant une barrière qu’elles n’avaient pas. Un essai reste possible après une heure de glycérine, qui réhydrate le dépôt et le rend de nouveau attaquable — mais c’est un préalable, pas un détachant, et le résultat est partiel. Sur une doublure en acétate, enfin, aucun dissolvant : ni acétone, ni acétate d’éthyle. L’ordre des solvants et leur mode d’action sont détaillés sur la page du stylo bille.
Quand le stylo a fui dans la machine
Le cas le plus démoralisant n’est pas un trait sur une manche, c’est une cartouche oubliée dans une poche et éclatée dans le tambour. Le colorant s’est alors redistribué sur toute la charge, en petites marques diffuses sur dix ou vingt pièces. On ne traite pas vingt vêtements au coton-tige, et la démarche change complètement.
Le premier réflexe est négatif : ne rien sécher. Une charge encore humide reste attaquable ; la même passée au sèche-linge a fixé le colorant sur chaque pièce, et il faudra vivre avec. On sort le linge, on écarte ce qui est en laine, en soie ou imprimé pour le traiter à part, et on relance un lavage du reste à 40 °C avec du percarbonate de sodium, qui casse le chromophore des colorants restants — la molécule reste dans la fibre, mais elle ne renvoie plus de couleur.
Les marques les plus concentrées, celles où la cartouche s’est vidée, se reprennent ensuite à l’alcool, pièce par pièce et avec l’absorbant dessous. Reste un geste qu’on oublie : le tambour, le joint de hublot et le bac ont gardé de l’encre. Un passage à l’alcool sur le caoutchouc du joint, puis un cycle à vide à chaud, évitent de re-tacher la charge suivante et de croire à une seconde fuite.
Le croisement, matière par matière
« Stylo bille » relève de la classe COL — colorants en solvant. « Vêtement et tissu » recouvre 4 classes de matière, et le verdict n’est pas le même d’une classe à l’autre. C’est pour cette raison que la page ne peut pas se résumer à un seul geste.
Fibre cellulosique M2 porosité forte
Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.
Ce qui agit sans abîmer
- Alcool à brûler ou à 90° éthanol Solvant polaire : il dissout ce qui refuse l’eau sans être franchement gras — colorants d’encre, résines de gomme laque, feutre à alcool. Il s’évapore vite, donc il n’a pas le temps de migrer loin.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
- Acétone propanone Dissout le cyanoacrylate — la colle forte —, les résines acryliques, les vernis à ongles et les peintures acryliques fraîches. C’est le solvant le plus efficace de la liste, et le plus dangereux pour le support.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
- Ammoniaque diluée hydroxyde d’ammonium Solubilise les protéines et les colorants acides. Sa volatilité est son intérêt : elle s’évapore au lieu de rester dans la fibre.
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Fibre protéique M1 porosité forte
Sa fibre est faite des mêmes protéines que la tache : kératine pour la laine, fibroïne pour la soie, collagène pour le cuir. Tout ce qui détruit une protéine détruit donc la matière. C’est la classe la plus étroite du site.
Ce qui agit sans abîmer
- Alcool à brûler ou à 90° éthanol Solvant polaire : il dissout ce qui refuse l’eau sans être franchement gras — colorants d’encre, résines de gomme laque, feutre à alcool. Il s’évapore vite, donc il n’a pas le temps de migrer loin.
- Alcool isopropylique propan-2-ol Même famille que l’éthanol, un peu plus dégraissant, et notablement moins agressif que l’acétone sur les plastiques. C’est le solvant de référence de l’électronique.
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle Même cible que l’acétone, en plus lent. Le compromis se paie en temps de contact, mais il abîme moins les plastiques.
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
Sous condition
- Acétone Sans danger pour la fibre elle-même, mais elle dissout les colorants et les apprêts.
- Ammoniaque diluée Alcaline. Très diluée, brièvement, rincée aussitôt — et jamais sur la soie, qu’elle ternit.
Agit, mais détruit
- Percarbonate de sodium Il se dissocie en carbonate de sodium, qui feutre la laine irréversiblement, et il ne libère son oxygène qu’à partir de 40 °C — soit dix degrés au-dessus de ce que la fibre supporte. Deux raisons distinctes, même conclusion.
Le cas où l’on passe la main
Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.
Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle
Des chaînes de polymère non réticulées, qui glissent les unes sur les autres quand on les chauffe. D’où deux faiblesses propres : la fusion, dès 60 à 120 °C selon le plastique, et l’attaque par les solvants, qui s’insinuent entre les chaînes et font perdre sa cohésion à la matière.
Ce qui agit sans abîmer
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
- Ammoniaque diluée hydroxyde d’ammonium Solubilise les protéines et les colorants acides. Sa volatilité est son intérêt : elle s’évapore au lieu de rester dans la fibre.
Sous condition
- Alcool à brûler ou à 90° Fissure le polystyrène et voile le polycarbonate en exposition prolongée. Bref contact, chiffon à peine humide.
- Alcool isopropylique Le solvant le plus sûr de la famille sur les plastiques techniques, mais il attaque encore certains vernis et sérigraphies.
Agit, mais détruit
- Dissolvant sans acétone Même famille de solvants, même risque sur les mêmes plastiques, en un peu plus lent.
- Acétone Elle dissout l’ABS, le polycarbonate, le plexiglas, l’acétate et le polystyrène. Elle ne les tache pas : elle les troue, les blanchit ou les fissure.
Revêtement et film M6 porosité nulle
La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.
Ce qui agit sans abîmer
- Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
- Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
- Ammoniaque diluée hydroxyde d’ammonium Solubilise les protéines et les colorants acides. Sa volatilité est son intérêt : elle s’évapore au lieu de rester dans la fibre.
Sous condition
- Alcool isopropylique Dilué à 30 %, sur chiffon, pour un écran ou un stratifié. Jamais versé, jamais sur un joint.
Agit, mais détruit
- Alcool à brûler ou à 90° Détruit l’oléophobe d’un écran — la couche qui repousse les traces de doigt — et ternit les vernis à bois.
- Dissolvant sans acétone Même effet que l’acétone sur les vernis, à peine plus lent.
- Acétone Dissout tout vernis et toute peinture, y compris celle qu’on essaie de protéger. Sur une carrosserie, elle mate le vernis en quelques secondes.
Ce qui aggrave la tache
- Eau froide L’eau ne dissout pas le colorant mais elle le transporte : la tache s’étale sans s’éclaircir.
- Action mécanique Frotter un colorant liquide multiplie la surface tachée par deux ou trois.
Ce qui ne sert à rien
- Vinaigre blanc Rien à attaquer : le colorant n’est ni un carbonate ni un oxyde.
Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.
Sur cette page, ne mélangez jamais
Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)
Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.
Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.
Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux
L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.
Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.
Eau de Javel+Acétone→ chloroforme et chloroacétone
Réaction exothermique. La chloroacétone est un lacrymogène ; le chloroforme est toxique pour le foie. Cas typique : un flacon de dissolvant renversé sur un plan de travail qu’on vient de javelliser.
Eau oxygénée+Vinaigre blanc→ acide peracétique
Corrosif pour la peau, les yeux et les voies respiratoires, bien au-delà de ses deux composants. Le mélange circule pourtant comme une recette de nettoyage naturel. Utilisés l’un APRÈS l’autre avec un rinçage entre les deux, les deux produits sont sans danger ; mélangés dans le même flacon, non.
White-spirit, térébenthine, acétone+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables
Ces solvants ont un point d’éclair bas et leurs vapeurs sont plus lourdes que l’air : elles s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.
La liste complète est sur la page sécurité.
Questions fréquentes
L'eau savonneuse enlève-t-elle une tache de stylo bille ?
Non, et elle aggrave la situation. L'encre pâteuse d'un stylo est un colorant tenu par des résines, qui ne sont pas solubles dans l'eau : le savon n'a rien à émulsionner et l'eau se contente de transporter le colorant vers les bords de la zone humide. La marque s'étale sur deux à trois fois sa surface sans s'éclaircir.
Quel alcool utiliser sur une tache de stylo ?
L'alcool à 90° et l'alcool isopropylique conviennent tous les deux et dissolvent les colorants d'encre. L'isopropylique est un peu moins agressif sur les films, les enduits et les sérigraphies, ce qui en fait le premier choix sur un tissu imprimé. Dans les deux cas on applique par petites touches, jamais en versant.
Pourquoi mettre du papier absorbant sous le tissu ?
Parce que le solvant redonne au colorant la mobilité qu'il avait au moment du dépôt, et cette solution part quelque part. Un absorbant placé sous la zone lui donne une direction et le reçoit. Sans lui, le solvant pousse la couleur vers l'intérieur de l'épaisseur du tissu, là où on ne pourra plus la reprendre.
Une tache de stylo déjà lavée et séchée part-elle encore ?
Rarement en entier. Le passage au sèche-linge ou au fer a chauffé les résines de l'encre, qui se sont resserrées contre la fibre et opposent au solvant une barrière qu'elles n'avaient pas. La glycérine appliquée une heure avant réhydrate le dépôt et rend un second essai possible, sans garantie.
Sources et méthode
- Classification des taches par classe chimique et des matières par tolérance, telle que publiée sur ce site
- Composition des encres pâteuses de stylo bille : colorants en solvant visqueux, épaissis par des résines
- Symboles normalisés d'entretien du textile
Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.