En bref

  • Les anthocyanes changent de couleur selon le pH : rouges en milieu acide, violettes en neutre, bleu-vert en alcalin. C'est la même molécule dans les trois cas.
  • Savonner une tache de mûre la fait donc virer au bleu-gris. Le savon n'a pas fixé la tache, il a changé sa couleur — et un acide la ramène au rouge.
  • Eau froide en abondance et par l'envers d'abord, avant tout produit. Un tanin non rincé peut être fixé par le pH alcalin d'un savon.
  • Ne jamais mélanger acide citrique et eau oxygénée dans le même bain : ils forment de l'acide peracétique, corrosif bien au-delà de ses composants.

Une tache de fruits rouges se rince à l’eau froide, en abondance et par l’envers, avant tout savon, puis se traite à l’acide citrique et enfin à un oxydant. La particularité de cette tache est qu’elle change de couleur pendant qu’on la traite : les anthocyanes des fruits rouges sont rouges en milieu acide, violettes en milieu neutre et bleu-vert en milieu alcalin. Savonner une tache de mûre la fait donc virer au bleu-gris, et ce virage n’est pas une aggravation — c’est de la chimie visible à l’œil nu.

Identifier ce qu’on a devant soi

La première question est l’âge, et elle se lit à la couleur. Une tache fraîche est franchement rouge, violette ou noire selon le fruit, et son colorant est encore soluble dans l’eau : l’essentiel du travail se fait sous le robinet. Une tache sèche a bruni, parce que le pigment s’est oxydé à l’air et lié aux fibres. À partir de là, on ne l’enlève plus : on casse le chromophore, cette partie de la molécule qui absorbe la lumière. La molécule reste dans la fibre, mais elle ne renvoie plus de couleur.

La deuxième question est de savoir si quelqu’un a déjà savonné. C’est fréquent, et cela se voit : la tache est bleu-gris, terne, et elle paraît avoir empiré. Elle n’a pas empiré, elle a viré, et l’information utile est qu’un passage en milieu acide la ramènera au rouge. C’est même un test : si une goutte de solution d’acide citrique redonne du rouge à la zone, il reste de l’anthocyane à traiter ; si rien ne change, ce qui reste est déjà un dépôt oxydé, et le traitement passe directement à l’oxydant.

La troisième question est la fibre. Le coton, le lin et la viscose acceptent l’eau chaude, l’acide citrique et le percarbonate de sodium : ce sont les cas où la tache part le plus complètement. Le polyester et le polyamide acceptent les mêmes agents mais retiennent plus longtemps le colorant en surface de la trame. La laine, la soie et le cachemire referment la voie de l’oxydant à chaud, pour la raison exposée dans la dernière section.

Une dernière vérification, souvent oubliée : la tache contient-elle un produit laitier. Une myrtille écrasée dans du yaourt, un coulis sur de la crème, une tarte aux fruits sur de la chantilly ajoutent une protéine à la tache, et cette protéine interdit toute chaleur alors que l’anthocyane l’acceptait. Le lait, ici comme sur une tache de café, commande la température.

La même tache, trois couleurs

Ce comportement mérite une explication, parce qu’il est la cause d’une grande partie des tentatives ratées sur cette famille de taches. Une anthocyane possède une structure dont la forme change avec l’acidité du milieu qui l’entoure, et chaque forme absorbe la lumière différemment. Le pigment ne se dégrade pas quand la couleur change : il se réarrange, et l’opération est réversible dans les deux sens.

MilieuCe que la tache paraît
Acide — vinaigre, acide citrique, jus de citronRouge franc
Neutre — eau claireViolet, pourpre
Alcalin — savon, cristaux de soude, lessiveBleu, gris-bleu, parfois verdâtre

Deux conséquences pratiques en découlent. La première est qu’il ne faut pas juger l’avancement d’un traitement au milieu d’une étape alcaline : la couleur observée n’est pas la quantité de colorant restante. La seconde est qu’un passage en milieu acide sert autant à voir clair qu’à traiter — il remet la tache dans son état le plus lisible avant l’oxydation.

Attention toutefois : le fait que le savon ne fixe pas la couleur ne le rend pas inoffensif. Un pH élevé fonce durablement la plupart des tanins, et sur une tache non rincée le savon alcalin peut réellement fixer la couleur dans la fibre. Le virage au bleu est réversible ; le brunissement d’un tanin par l’alcalin ne l’est pas. C’est la raison du rinçage préalable, et elle est chimique, pas rituelle.

Le mode opératoire

  1. Rincer à l’eau froide, à grande eau, par l’envers. Sous le robinet, tissu retourné, l’eau traversant la trame en sens inverse de celui où le jus est entré. Une anthocyane fraîche est largement hydrosoluble, et ce seul geste emporte souvent les trois quarts de la tache.
  2. Sur un coton blanc et une tache fraîche, passer à l’eau chaude. Quarante à soixante degrés en abondance : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse d’une réaction chimique, et la dissolution du pigment ne fait pas exception. Cette étape est interdite s’il y a de la crème, du yaourt ou du lait dans la tache, et sur la laine, que la chaleur feutre.
  3. Passer une solution d’acide citrique, quinze à trente minutes. Dix à vingt grammes par litre d’eau tiède, en trempage de la zone tachée. L’acide ramène l’anthocyane à sa forme rouge, et il séquestre en plus le fer et le calcium que le tanin a fixés — c’est ce double effet qui le rend plus utile ici qu’un simple vinaigre.
  4. Rincer abondamment avant d’oxyder. Ce rinçage n’est pas cosmétique : mélangés, un acide et l’eau oxygénée forment de l’acide peracétique, corrosif pour la peau, les yeux et les voies respiratoires bien au-delà de ses deux composants. Employés l’un après l’autre avec un rinçage entre les deux, ils sont sans danger. La page de sécurité détaille cette règle.
  5. Casser la couleur restante. Sur du blanc en coton ou en lin, le percarbonate de sodium dans un bain à quarante degrés au minimum : en dessous il ne se dissocie presque pas. Sur un tissu teint ou une fibre fragile, l’eau oxygénée à 3 % à froid, plus lente, après essai sur une couture intérieure.
  6. Sur une tache ancienne, réhydrater avant l’étape 3. La glycérine pure, posée une heure sur la tache, réhydrate le colorant séché et le rend de nouveau attaquable. Ce n’est pas un détachant mais un préalable, et elle se rince à l’eau tiède.
  7. Vérifier sur tissu sec avant tout séchage chaud. Une tache humide paraît toujours plus claire. Le séchage à chaud achève l’oxydation du tanin et rend le brunissement permanent : ni fer, ni sèche-linge, ni radiateur tant qu’il reste une ombre.

Ce qui ne marche pas, et pourquoi

Savonner avant d’avoir rincé est l’erreur qui fait le plus de dégâts, et elle en fait deux à la fois. Le pH alcalin du savon fait virer l’anthocyane au bleu-gris, ce qui donne l’impression d’une catastrophe, et il fonce durablement la fraction du tanin déjà oxydée, ce qui en est une réellement. Le premier effet se défait à l’acide, le second non. L’ordre — eau froide, puis produit — n’est donc pas une politesse, c’est le cœur de la méthode.

Les cristaux de soude et les lessives très alcalines sont la deuxième fausse bonne idée, et elles sont recommandées pour leur puissance. Leur pH élevé fonce la plupart des tanins et les fait virer au brun : la tache devient plus difficile qu’elle ne l’était. Ils ont leur place sur une tache grasse, qu’ils saponifient, et aucune place sur un colorant végétal.

Le sel et le vin blanc versés sur la tache forment la troisième, et c’est la plus ancienne. Ils diluent, rien de plus, et l’eau du robinet dilue mieux, plus abondamment et gratuitement. Le bicarbonate de sodium appartient à la même catégorie : il n’est ni un oxydant, ni un solvant du chromophore, et son alcalinité pousse la couleur dans la mauvaise direction.

Le cas où il faut s’arrêter

Une tache de fruits rouges déjà passée au sèche-linge ou repassée ne redevient pas invisible. Le séchage à chaud achève l’oxydation du pigment et son ancrage dans la fibre, et il n’y a plus de forme rouge à retrouver : il ne reste qu’un brun stable. Un oxydant sur du blanc gagne encore quelques tons, et c’est tout. Insister au-delà revient à fragiliser la fibre pour un résultat qui n’évolue plus.

La laine, la soie et le cachemire posent une limite propre. L’eau froide, l’acide citrique très dilué et le tamponnement y sont possibles, mais les deux outils les plus efficaces de la classe sont fermés : l’eau chaude ouvre les écailles de la laine dès trente degrés et la fait feutrer sans retour, et le percarbonate de sodium exige quarante degrés tout en se dissociant en carbonate de sodium, dont le pH élevé lui fait perdre son élasticité irréversiblement. Il reste l’eau oxygénée à 3 % très diluée sur une laine claire, après essai — et sur la soie, elle ternit le brillant, ce qui est un dommage visible.

La chimie des anthocyanes et leur sensibilité au pH sont détaillées sur la page consacrée aux fruits rouges. Les paramètres que l’étiquette fixe pour tout détachage sont expliqués sur la page vêtement et tissu. La même classe de taches, avec un colorant qui ne vire pas mais qui brunit, est traitée sur la page café sur un vêtement.

Le croisement, matière par matière

« Fruits rouges » relève de la classe TAN — tanins et colorants végétaux. « Vêtement et tissu » recouvre 4 classes de matière, et le verdict n’est pas le même d’une classe à l’autre. C’est pour cette raison que la page ne peut pas se résumer à un seul geste.

Fibre cellulosique M2 porosité forte

Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.

Ce qui agit sans abîmer

  • Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
  • Acide citrique Dissout le carbonate comme le vinaigre, et il séquestre en plus le calcium et le fer : sa molécule les enferme dans un complexe soluble. C’est ce double effet qui le rend plus efficace que le vinaigre sur un dépôt ancien.
  • Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.

Sous condition

  • Eau froide Sur le bois brut, l’eau gonfle la fibre et lève le grain. Travailler humide, jamais mouillé.
  • Eau oxygénée Éclaircit les teintures. Essai sur couture intérieure.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Fibre protéique M1 porosité forte

Sa fibre est faite des mêmes protéines que la tache : kératine pour la laine, fibroïne pour la soie, collagène pour le cuir. Tout ce qui détruit une protéine détruit donc la matière. C’est la classe la plus étroite du site.

Ce qui agit sans abîmer

  • Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
  • Acide citrique Dissout le carbonate comme le vinaigre, et il séquestre en plus le calcium et le fer : sa molécule les enferme dans un complexe soluble. C’est ce double effet qui le rend plus efficace que le vinaigre sur un dépôt ancien.
  • Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.

Sous condition

  • Eau oxygénée Toléré à 3 % sur la laine claire, sur essai préalable. Sur la soie, il ternit le brillant.

Agit, mais détruit

  • Percarbonate de sodium Il se dissocie en carbonate de sodium, qui feutre la laine irréversiblement, et il ne libère son oxygène qu’à partir de 40 °C — soit dix degrés au-dessus de ce que la fibre supporte. Deux raisons distinctes, même conclusion.
  • Eau chaude Au-delà de 30 °C, les écailles de la laine s’ouvrent et s’accrochent entre elles : le vêtement feutre et rétrécit sans retour.

Le cas où l’on passe la main

Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.

Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle

Des chaînes de polymère non réticulées, qui glissent les unes sur les autres quand on les chauffe. D’où deux faiblesses propres : la fusion, dès 60 à 120 °C selon le plastique, et l’attaque par les solvants, qui s’insinuent entre les chaînes et font perdre sa cohésion à la matière.

Ce qui agit sans abîmer

  • Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
  • Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
  • Eau oxygénée peroxyde d’hydrogène, 3 % soit 10 volumes Même oxydation que le percarbonate, à froid et plus lentement. Se décompose en eau et en oxygène, ce qui ne laisse aucun résidu à rincer.
  • Acide citrique Dissout le carbonate comme le vinaigre, et il séquestre en plus le calcium et le fer : sa molécule les enferme dans un complexe soluble. C’est ce double effet qui le rend plus efficace que le vinaigre sur un dépôt ancien.
  • Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Revêtement et film M6 porosité nulle

La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.

Ce qui agit sans abîmer

  • Eau froide Dilue et emporte ce qui est encore soluble. Son intérêt est négatif : elle n’apporte pas l’énergie thermique qui ferait coaguler une protéine ou cuire un sucre.
  • Percarbonate de sodium oxygène actif Dans l’eau chaude, il se dissocie en carbonate de sodium et en peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde casse les doubles liaisons qui donnent sa couleur au colorant : la molécule reste, mais elle ne renvoie plus de couleur.
  • Eau oxygénée peroxyde d’hydrogène, 3 % soit 10 volumes Même oxydation que le percarbonate, à froid et plus lentement. Se décompose en eau et en oxygène, ce qui ne laisse aucun résidu à rincer.
  • Acide citrique Dissout le carbonate comme le vinaigre, et il séquestre en plus le calcium et le fer : sa molécule les enferme dans un complexe soluble. C’est ce double effet qui le rend plus efficace que le vinaigre sur un dépôt ancien.
  • Glycérine Humectant : elle réhydrate un colorant séché et le rend de nouveau attaquable. C’est le préalable des taches anciennes de tanin, pas un détachant.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Ce qui aggrave la tache

  • Cristaux de soude Un pH élevé fonce la plupart des tanins : la tache vire au brun et devient plus difficile.
  • Liquide vaisselle Sur une tache de tanin non rincée, le savon alcalin peut fixer la couleur. Rincer avant de savonner.
  • Chaleur sèche Le séchage achève l’oxydation et rend le brunissement permanent.

Ce qui ne sert à rien

  • White-spirit Un tanin est hydrosoluble : un solvant apolaire n’y accède pas.
  • Bicarbonate de sodium Ni oxydant ni solvant du chromophore. Il absorbe l’humidité, rien de plus.

Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.

Sur cette page, ne mélangez jamais

  • Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)

    Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.

  • Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux

    L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.

  • Eau oxygénée+Vinaigre blanc→ acide peracétique

    Corrosif pour la peau, les yeux et les voies respiratoires, bien au-delà de ses deux composants. Le mélange circule pourtant comme une recette de nettoyage naturel. Utilisés l’un APRÈS l’autre avec un rinçage entre les deux, les deux produits sont sans danger ; mélangés dans le même flacon, non.

  • Soude caustique ou cristaux de soude+Aluminium→ dihydrogène

    L’aluminium est amphotère : il réagit avec les bases fortes. Le dégagement d’hydrogène est vif, inflammable, et dans un récipient fermé il monte en pression. La casserole en alu, elle, est perdue.

  • White-spirit, térébenthine, acétone+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables

    Ces solvants ont un point d’éclair bas et leurs vapeurs sont plus lourdes que l’air : elles s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.

La liste complète est sur la page sécurité.

Questions fréquentes

Pourquoi ma tache de mûre est-elle devenue bleue après savonnage ?

Parce que les anthocyanes des fruits rouges changent de couleur avec le pH du milieu, et qu'un savon est alcalin. La même molécule est rouge en milieu acide et bleu-vert en milieu alcalin : la tache n'a pas empiré, elle a viré. Une solution d'acide citrique la ramène au rouge et permet de voir ce qu'il reste vraiment.

Faut-il de l'eau chaude sur une tache de fruits rouges ?

Sur un coton blanc et une tache fraîche, l'eau chaude en abondance est efficace, parce que l'anthocyane est encore soluble et que la chaleur accélère sa dissolution. Elle est exclue sur la laine, qu'elle feutre dès trente degrés, et sur toute tache contenant de la crème ou du yaourt, dont la protéine coagulerait.

Le percarbonate de sodium marche-t-il à froid ?

Non, il a besoin de chaleur pour se dissocier en carbonate de sodium et en peroxyde d'hydrogène. À vingt degrés il ne libère presque rien, ce qui explique beaucoup d'échecs. Il faut au moins quarante degrés, donc un tissu qui supporte cette température.

Comment traiter une tache de fruits rouges séchée depuis longtemps ?

En la réhydratant d'abord, avec de la glycérine pure laissée agir une heure : c'est un humectant, pas un détachant, et il rend le colorant de nouveau attaquable. On rince ensuite, on passe une solution d'acide citrique, puis un oxydant adapté à la couleur du tissu.

Sources et méthode

  • Classification des taches par classe chimique et des matières par tolérance, telle que publiée sur ce site
  • Nature des anthocyanes : pigments végétaux dont la couleur dépend du pH du milieu
  • Mode d'action de l'acide citrique, du percarbonate de sodium, du peroxyde d'hydrogène à 3 % et de la glycérine

Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.