En bref

  • Le béton est un minéral poreux : une tache grasse y descend de plusieurs millimètres, et il n’y a donc rien à frotter en surface.
  • Le seul mécanisme qui remonte un corps gras d’une matière poreuse est le cataplasme : un absorbant mélangé à un solvant en pâte, appliqué épais, laissé sécher lentement, et retiré à sec.
  • Il faut plusieurs passes, une par jour, et le résultat attendu est un éclaircissement franc, pas une disparition complète.
  • Aucun acide n’a d’intérêt ici : il ne touche pas au gras, et sur un béton, une pierre calcaire ou un joint de ciment il dissout le liant et laisse une zone en creux.

Sur du béton, une tache d’huile n’est pas posée : elle est descendue. Le béton est un minéral poreux dont le réseau de pores ouverts aspire tout liquide par capillarité, et un corps gras y pénètre de plusieurs millimètres. Il n’y a donc rien à frotter, et le seul mécanisme qui fasse remonter la tache est le cataplasme : un absorbant en poudre mélangé à un solvant en pâte épaisse, étalé sur la zone, laissé sécher lentement, puis retiré à sec. Comptez plusieurs passes, et un éclaircissement plutôt qu’une disparition.

Identifier ce qu’on a devant soi

Le mot « sol » cache plusieurs matières qui n’ont pas la même tolérance, et deux d’entre elles peuvent se toucher à quelques millimètres. Avant tout produit, il faut savoir sur quoi on travaille.

Le test est simple et il tient dans un angle discret : poser une goutte de vinaigre. Si elle mousse, la matière contient du carbonate de calcium — c’est du béton, du mortier, une pierre calcaire, du marbre ou un joint de ciment, et aucun acide n’est utilisable. Si elle ne mousse pas et perle, la surface est vitrifiée ou couverte d’un film : grès cérame, carreau émaillé, parquet vitrifié, béton ciré protégé.

Cette distinction change tout le raisonnement :

  • Béton brut, mortier, joint de ciment, terre cuite, pierre calcaire : la tache est dans la matière. Le cataplasme est la méthode, et le résultat est partiel.
  • Grès cérame, carreau émaillé, béton ciré verni, parquet vitrifié, lino : la tache est sur un film ou sur une surface non poreuse. Elle part au tensioactif et à l’eau chaude en quelques minutes, sans aucun cataplasme.
  • Parquet brut ou huilé : c’est de la cellulose, très poreuse elle aussi, mais que l’eau fait gonfler et dont elle lève le grain. On travaille humide, jamais mouillé, et le cataplasme s’y applique aussi.

Deuxième chose à regarder : l’âge et la nature du gras. Une huile moteur fraîche est encore mobile et le cataplasme en récupère beaucoup. Une huile ancienne a migré plus profond, et une huile végétale s’est en plus oxydée sur place, ce qui la rend nettement moins soluble. Enfin, un cambouis apporte du carbone et des fines métalliques, qui ne se dissolvent dans rien et laissent une ombre grise même après un traitement réussi.

Le mode opératoire

  1. Absorber ce qui est encore liquide. Absorbant sec en couche épaisse — terre de Sommières, ou litière minérale à base d’argile — laissé une heure, puis balayé. Sur une flaque fraîche, cette étape seule décide de la moitié du résultat : tout ce qu’on retire maintenant n’aura pas à être remonté ensuite.
  2. Dégraisser la surface d’abord. Une solution chaude de cristaux de soude, à la brosse, dix minutes de pause, puis rinçage. À pH 11, le carbonate de sodium saponifie le corps gras, c’est-à-dire qu’il le transforme en savon, donc en quelque chose de soluble. Gants obligatoires. Cette étape enlève la couche superficielle et permet de voir la vraie étendue de la tache profonde.
  3. Laisser sécher complètement. Un cataplasme posé sur un béton humide ne remontera rien : l’eau occupe déjà la porosité et bloque la circulation du solvant. Vingt-quatre heures au minimum.
  4. Préparer le cataplasme. Un absorbant très fin — terre de Sommières, talc, argile en poudre — mélangé à du white-spirit jusqu’à obtenir la consistance d’un dentifrice épais. Ni liquide, ni sableux : une pâte qui tient sur une truelle.
  5. Étaler épais et large. Un demi-centimètre au moins, en débordant de trois à cinq centimètres autour de la tache. Le débord n’est pas décoratif : la tache est plus large en profondeur qu’en surface, et un cataplasme trop juste crée une auréole en couronne.
  6. Laisser sécher lentement, à l’abri du vent. Douze à vingt-quatre heures. C’est le séchage qui fait le travail : en s’évaporant, le solvant remonte vers la surface par capillarité et emporte avec lui le gras qu’il a dissous, qui se dépose dans l’absorbant. Un cataplasme retiré encore humide n’a rien fait.
  7. Retirer à sec. Racler la croûte à la spatule, puis brosser et aspirer. Ne pas rincer à l’eau : le rinçage renverrait dans la porosité une partie de ce qu’on vient d’en sortir.
  8. Recommencer. Deux à quatre passes sont normales sur une tache installée, une par jour, en jugeant le résultat sur béton sec — un béton humide paraît toujours plus taché qu’il ne l’est. Quand une passe n’apporte plus de gain visible, c’est terminé.

Pourquoi le cataplasme est le seul mécanisme disponible

Sur une surface non poreuse, un détachage est une soustraction : on dissout, on essuie, la tache part avec le chiffon. Sur un poreux, cette logique ne s’applique plus, parce que le chiffon n’atteint pas l’endroit où se trouve la tache. Un solvant versé sur du béton fait même l’inverse de ce qu’on attend : il dissout le gras et l’emmène plus profond, là où plus rien n’ira le chercher.

Le cataplasme inverse le sens du mouvement. Le solvant y est prisonnier d’une pâte poreuse posée dessus, et l’évaporation ne peut se faire que par le haut. La capillarité travaille alors dans le bon sens : le gras dissous suit le solvant vers l’extérieur et se retrouve piégé dans l’absorbant, qu’on jette. C’est un transfert, pas une dissolution — et c’est pour cette raison que la finesse de l’absorbant et la lenteur du séchage comptent plus que le choix du solvant.

C’est aussi ce qui explique la limite du procédé. Chaque passe ne remonte qu’une fraction de ce qui est en place, et la fraction diminue à chaque fois. On tend vers une asymptote, pas vers zéro.

Ce qui ne marche pas, et pourquoi

Le nettoyeur haute pression. Il chasse l’eau dans la porosité à grande vitesse et pousse le gras plus profond, tout en ouvrant la surface du béton. La zone paraît propre mouillée, redevient sombre en séchant, et se resalit ensuite plus vite qu’avant parce que la porosité a été décapée.

Le vinaigre, l’acide citrique, l’esprit de sel. Ils ne touchent pas au gras — un triglycéride n’est pas un carbonate. En revanche ils dissolvent le carbonate de calcium du béton, du mortier et des joints : la surface devient mate, rugueuse, légèrement en creux, et un joint de ciment se délite en sable. On abîme le support sans progresser sur la tache.

L’eau de Javel. Elle décolore la partie pigmentée de la tache — le noir du cambouis — et laisse le corps gras intact. La tache réapparaît en quelques jours en remontant, et sur un joint coloré la javel laisse en plus une carte de zones claires.

Frotter, poncer, meuler. Un abrasif ouvre la porosité et rend la zone plus salissante qu’avant. Sur un béton lissé, il laisse en plus une plage de texture différente qui se voit sous toute lumière rasante. La tache, elle, est plus profonde que ce qu’on peut raisonnablement enlever de matière.

Le cas où il faut s’arrêter

Sur du marbre, du travertin, une pierre calcaire ou une tomette ancienne, on ne fait pas d’essai maison. Ces matières sont poreuses et solubles dans le moindre acide, la reprise d’un cataplasme sur une pierre naturelle est un métier, et une tentative maison finit presque toujours par une auréole plus large que la tache d’origine. C’est le cas typique où l’appel à un professionnel de la pierre coûte moins cher que l’essai.

Sur un béton ciré ou un sol résiné, la surface est un film. Le white-spirit y est toléré très brièvement, mais un cataplasme laissé douze heures sur une résine attaque le film, et un film mat ou blanchi ne se répare pas localement.

Enfin, il faut accepter ce que le mécanisme permet. Sur un sol de garage taché depuis des années, deux à quatre cataplasmes donnent une zone nettement plus claire, souvent encore un peu visible en lumière rasante. La suite n’est plus du détachage : c’est un choix de finition — une résine de sol qui recouvre, ou un béton qu’on accepte tel quel.

La même substance sur un textile se traite tout autrement, parce que la trame se rince : voir enlever une tache de graisse sur un vêtement. Le comportement du corps gras est détaillé sur la graisse et les huiles, et les matières que cache un sol sur le sol dur. Le raisonnement général du site est exposé sur la méthode.

Le croisement, matière par matière

« Graisse et huile » relève de la classe GRA — corps gras et cires. « Sol dur » recouvre 4 classes de matière, et le verdict n’est pas le même d’une classe à l’autre. C’est pour cette raison que la page ne peut pas se résumer à un seul geste.

Minéral vitrifié et métal M5 porosité nulle

Aucune porosité : la tache reste posée dessus, ce qui autorise des solvants et des acides interdits ailleurs. La vulnérabilité se déplace vers deux autres choses — la rayure, définitive sur le verre et le chrome, et la corrosion électrochimique des métaux.

Ce qui agit sans abîmer

  • Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
  • Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
  • Cristaux de soude carbonate de sodium Saponifie les corps gras — il les transforme en savon, donc en quelque chose de soluble — et gonfle la fibre cellulosique, ce qui libère les particules incrustées.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Essence de térébenthine Solvant terpénique tiré de la résine de pin. Dissout mieux qu’un white-spirit une peinture glycéro encore fraîche.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.

Sous condition

  • Action mécanique Aucun abrasif sur le verre, le chrome ni l’inox brossé : la rayure est définitive et se voit sous toutes les lumières.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Minéral poreux M4 porosité forte

Un réseau de pores ouverts qui aspire tout liquide par capillarité : une tache grasse y descend de plusieurs millimètres. Et la moitié de ces matières est faite de carbonate de calcium, donc soluble dans le moindre acide — y compris le liant du ciment.

Ce qui agit sans abîmer

  • Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
  • Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
  • Cristaux de soude carbonate de sodium Saponifie les corps gras — il les transforme en savon, donc en quelque chose de soluble — et gonfle la fibre cellulosique, ce qui libère les particules incrustées.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Essence de térébenthine Solvant terpénique tiré de la résine de pin. Dissout mieux qu’un white-spirit une peinture glycéro encore fraîche.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.

Sous condition

  • Action mécanique Un abrasif ouvre la porosité et rend la surface plus salissante qu’avant.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Le cas où l’on passe la main

Marbre gravé, pierre tachée en profondeur, dalle ancienne : le reponçage et le cataplasme de reprise sont des métiers. Un essai maison sur une pierre calcaire tachée finit presque toujours par une auréole plus large.

Revêtement et film M6 porosité nulle

La classe la plus piégeuse. Ce qu’on voit n’est pas le matériau mais une couche de quelques microns posée dessus, et cette couche est TOUJOURS plus fragile que son support. Un solvant qui laisse le métal ou le bois intact dissout le film qui les couvre.

Ce qui agit sans abîmer

  • Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
  • Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
  • Cristaux de soude carbonate de sodium Saponifie les corps gras — il les transforme en savon, donc en quelque chose de soluble — et gonfle la fibre cellulosique, ce qui libère les particules incrustées.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.

Sous condition

  • White-spirit Toléré brièvement sur une carrosserie vernie, jamais sur une peinture mate ni sur un plastique de tableau de bord.

Agit, mais détruit

  • Action mécanique Le film ne fait que quelques microns : le moindre abrasif le traverse et met le support à nu.
  • Essence de térébenthine Ramollit la peinture glycéro, y compris celle du support.

Fibre cellulosique M2 porosité forte

Des chaînes de glucose liées entre elles. Elles tolèrent l’alcalin, la chaleur et le brossage, ce qui en fait la matière la plus permissive du site. Elles sont en revanche très poreuses : la tache pénètre vite et profond.

Ce qui agit sans abîmer

  • Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile Capture le liquide par capillarité avant qu’il ne pénètre. Sur une tache grasse fraîche, c’est le seul geste qui gagne du terrain — tous les autres en font perdre.
  • Action mécanique spatule, brosse, grattoir, abrasif, sel sec, aspiration Enlève par cisaillement ce qui ne se dissout pas. L’outil décide du résultat : une spatule de bois ou de plastique dur enlève sans rayer là où une lame d’acier raye toujours.
  • Liquide vaisselle tensioactif anionique Émulsionne le gras. La molécule a une extrémité qui s’accroche à l’huile et une autre qui s’accroche à l’eau : elle enrobe la goutte de gras et permet à l’eau de l’emporter.
  • Eau chaude Abaisse la viscosité des corps gras et multiplie la vitesse de toute réaction chimique. Une règle d’ordre de grandeur en chimie : dix degrés de plus doublent à peu près la vitesse.
  • Cristaux de soude carbonate de sodium Saponifie les corps gras — il les transforme en savon, donc en quelque chose de soluble — et gonfle la fibre cellulosique, ce qui libère les particules incrustées.
  • White-spirit essence minérale Solvant apolaire : il dissout ce qui est franchement gras — huile, bitume, cire, résine alkyde des peintures glycéro.
  • Dégraissant d’agrume d-limonène Terpène extrait de l’écorce d’orange. Attaque par affinité de structure les élastomères d’une gomme à mâcher et les colles à base de caoutchouc naturel, que l’eau et les tensioactifs ne touchent pas.
  • Essence de térébenthine Solvant terpénique tiré de la résine de pin. Dissout mieux qu’un white-spirit une peinture glycéro encore fraîche.
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant Fait fondre la cire et les thermoplastiques à basse température de fusion. Le liquide migre par capillarité dans l’absorbant posé dessus, au lieu de s’étaler dans la matière.
  • Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase Une enzyme est un catalyseur biologique qui découpe une grosse molécule en fragments assez petits pour partir à l’eau. La protéase coupe les protéines, la lipase les graisses, l’amylase l’amidon.

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Ce qui aggrave la tache

  • Eau froide Elle n’emporte rien et elle élargit l’auréole : le corps gras s’étale sur le front d’eau au lieu de partir avec elle.

Ce qui ne sert à rien

  • Vinaigre blanc Un corps gras n’est pas un carbonate : l’acide n’a rien à attaquer.
  • Eau de Javel Elle décolore le pigment que le gras transporte, et laisse le gras.

Ces trois colonnes sont calculées à partir de la classification publiée sur la page méthode. Elles ne sont pas rédigées page par page : c’est ce qui garantit qu’aucune page du site ne contredit une autre.

Sur cette page, ne mélangez jamais

  • Eau de Javel+Ammoniaque→ chloramines gazeuses (monochloramine, dichloramine, trichlorure d’azote)

    Gaz lourd, à odeur piquante, qui brûle la conjonctive et les bronches. À forte concentration en local fermé, il provoque un œdème pulmonaire lésionnel qui peut apparaître plusieurs heures après l’exposition, alors qu’on se croit tiré d’affaire.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir immédiatement, ouvrir en grand, ne pas retourner dans la pièce pour « rincer ». Toute gêne respiratoire, même légère, justifie un appel au 15.

  • Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux

    L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.

  • Eau de Javel+Alcool (éthanol, isopropanol, alcool à brûler)→ chloroforme et chlorure d’hydrogène

    L’hypochlorite chlore l’alcool. Le chloroforme est narcotique et hépatotoxique ; le chlorure d’hydrogène est un gaz corrosif. Le mélange se produit sans qu’on y pense, en désinfectant à la javel une surface déjà essuyée à l’alcool.

    Si c’est déjà arrivé :Ventiler et quitter la pièce. Rincer abondamment à l’eau claire seulement une fois la pièce aérée.

  • Eau de Javel+Acétone→ chloroforme et chloroacétone

    Réaction exothermique. La chloroacétone est un lacrymogène ; le chloroforme est toxique pour le foie. Cas typique : un flacon de dissolvant renversé sur un plan de travail qu’on vient de javelliser.

  • Eau oxygénée+Vinaigre blanc→ acide peracétique

    Corrosif pour la peau, les yeux et les voies respiratoires, bien au-delà de ses deux composants. Le mélange circule pourtant comme une recette de nettoyage naturel. Utilisés l’un APRÈS l’autre avec un rinçage entre les deux, les deux produits sont sans danger ; mélangés dans le même flacon, non.

La liste complète est sur la page sécurité.

Questions fréquentes

Comment fait-on remonter une tache d’huile dans du béton ?

Avec un cataplasme : on mélange un absorbant en poudre et un solvant jusqu’à obtenir une pâte, on l’étale épais sur la tache, et on laisse sécher lentement. En séchant, le solvant remonte par capillarité vers la surface et emporte le gras dissous dans l’absorbant, qu’on retire ensuite à sec.

Combien de temps faut-il laisser un cataplasme sur du béton ?

Jusqu’au séchage complet, soit douze à vingt-quatre heures selon l’épaisseur et l’aération. Le séchage est le moteur du mécanisme : un cataplasme retiré humide n’a rien remonté, et le retirer trop tôt gâche la passe.

Le vinaigre ou l’acide enlèvent-ils une tache d’huile sur du béton ?

Non, deux fois. Un corps gras n’est pas un carbonate : l’acide n’a rien à attaquer. Et le béton, la pierre calcaire et les joints de ciment contiennent du carbonate de calcium, que l’acide dissout : il laisse une zone mate et légèrement en creux, définitive.

Une tache d’huile ancienne sur du béton peut-elle disparaître complètement ?

Rarement. Le gras a migré dans la porosité et, s’il s’agit d’une huile végétale, il s’est oxydé sur place. Deux à quatre cataplasmes successifs éclaircissent nettement la zone ; promettre une disparition totale sur un béton brut ancien serait malhonnête.

Sources et méthode

  • La classification du site : classe de tache « corps gras et cires », classes de matière minéral poreux, minéral vitrifié, revêtement et film, fibre cellulosique
  • Le mode d’action des agents : absorbant sec, white-spirit, carbonate de sodium, tensioactif, eau chaude
  • La composition d’un sol dur : carreau vitrifié, joint de ciment, pierre calcaire, béton, parquet vitrifié ou brut

Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.